Cet été, les revenus du roaming devraient fondre au soleil

Les revenus du roaming pourraient diminuer de moitié pour les opérateurs télécoms. ©Photo News

Selon une étude britannique, les opérateurs télécoms pourraient devoir se passer de plus de la moitié des revenus du roaming. Une sacrée baisse qui est toutefois largement relativisée par le secteur.

Bien que le déconfinement se dessine doucement un peu partout en Europe, la plage à l’autre bout du monde et le city trip sur un autre continent semblent bien loin. Prévisible, la nouvelle passe néanmoins assez mal auprès des agences de voyages et l’ensemble des professionnels du tourisme. Les opérateurs télécoms font aussi partie des déçus de ne pas voir les frontières complètement rouvertes. Pour eux, des déplacements limités signifient des revenus du roaming en baisse. Voire même en chute libre si on se fie à l’étude réalisée il y a quelques semaines par le consultant britannique Juniper Research. Selon ses estimations, à l’échelon mondial, la moitié des revenus du roaming devraient partir en fumée, soit plus de 25 milliards de dollars. Le bureau a fait ses estimations sur des pertes pour les neuf prochains mois, en avançant notamment que plus de 650 millions de voyageurs ont renoncé (ou renonceront) à leur projet de vacances à l’étranger. Les pertes seraient de 12 milliards rien que pour les trois mois d’été.

25
milliards de dollars
Selon les estimations du consultant britannique Juniper Research, la moitié des revenus du roaming devrait partir en fumée, soit plus de 25 milliards de dollars.

Le roaming déjà moins intéressant

Les chiffres sont costauds. Ils sont aussi à relativiser. Surtout à l’échelon européen. Les frais de roaming sont depuis 2017 bien moins intéressants pour les opérateurs européens qui n’en profitent plus lors des déplacements intracontinentaux. Encore plus que dans le passé, la source de revenus est aujourd’hui plutôt anecdotique. Selon l’étude, elle représenterait en moyenne 6% des rentrées. "Nous ne donnons pas de chiffres exacts, mais c’est effectivement en dessous des 10%", confirme Orange Belgique. Du côté de l’IBPT, le régulateur du marché, on avance également des chiffres comparables. "Les informations recueillies auprès des trois grands opérateurs belges indiquent qu’en 2019, les revenus roaming constituaient 7,7% du revenu mobile", précise Jimmy Smedts, le porte-parole du régulateur.

"Les revenus de roaming constituaient 7,7% du revenu mobile des trois grands opérateurs belges."

Il n’empêche, ce sont probablement quelques millions d’euros, obtenus sans trop d’efforts, dont il faudra se passer. "Les mesures prises par les États membres sont susceptibles d’affecter la circulation de leurs citoyens. Une baisse du trafic roaming et donc une baisse des revenus engendrés par les services roaming sont dès lors attendues", confirme le régulateur. Mais lorsqu’il s’agit de parler pertes, ce n’est pas vraiment cette source qui inquiète le plus le secteur. "Nous nous attendons à des répercussions financières attribuées au trafic en roaming, mais également à d’autres éléments comme nos offres spéciales, mais aussi les installations limitées pour les clients, les shops fermés, les retards ou annulations de projets ICT pour les entreprises", énumère le porte-parole de Proximus.

La France plus touchée

Aujourd’hui, aucun acteur du secteur ni même le régulateur ne se lance dans un chiffrage des conséquences concrètes sur les revenus du roaming. "L'impact sera plus visible pendant la saison des vacances de juillet/août et dépendra fortement des restrictions de voyage et du comportement des clients", explique-t-on chez Proximus. Pas de chiffre précis donc, mais une situation moins compliquée qu’ailleurs. "La Belgique n’est pas la plus à plaindre. La mauvaise nouvelle concerne surtout les pays touristiques. La Grèce, l’Italie et la France vont plus le ressentir que les opérateurs belges", confie une source du secteur. "De toute façon, un opérateur ne s'appuie pas sur les revenus qu’il pourrait obtenir du roaming pour établir sa stratégie. La priorité est le client belge en Belgique".

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