Chez Proximus, des "congés préalables à la pension"...

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Face à un besoin impératif de réduire ses coûts, Proximus a imaginé un mécanisme de retraite anticipée. "Ce n'est pas une prépension. C'est entièrement financé par Proximus. Il n'y a aucun coût à charge de l'Etat." Le groupe télécom termine une année 2015 axée sur la croissance. Il atteint ainsi ses objectifs avec un an d'avance.

La direction de Proximus a trouvé un accord de principe avec les syndicats sur des "congés préalables à la pension" à partir de 60 ans ainsi que sur une convention collective de travail, a indiqué la CEO de l'entreprise de télécoms, Dominique Leroy, en marge de la publication des résultats annuels du groupe.

"Le contexte est connu. Nous devons réduire nos coûts pour investir dans nos réseaux et rendre la Belgique digitale, c'est nécessaire pour nos clients et pour les entreprises", a situé Dominique Leroy.

• L'accord trouvé avec les syndicats prévoit un "congé préalable à la pension" ouvert, sur base volontaire, aux employés âgés de minimum 60 ans, Proximus continuant à payer 75% de leur rémunération. Les travailleurs ne prendront leur pension qu'une fois atteint l'âge légal.

Financé par Proximus

"Ce n'est pas une prépension. C'est entièrement financé par Proximus. Il n'y a aucun coût à charge de l'Etat. Et nous payons la sécurité sociale sur base de 100% du salaire", de sorte que les travailleurs concernés conserveront de pleins droits à la pension, a détaillé la CEO de Proximus, tout en précisant avoir tenu compte "des préoccupations et désidératas" du gouvernement fédéral.

Le gouvernement attend de recevoir une notification officielle de l'accord avant de se prononcer, a indiqué le Premier ministre, Charles Michel, à l'issue du conseil des ministres hebdomadaire. Le gouvernement examinera ce document selon deux critères: l'âge et l'impact sur les finances publiques. "Je confirme que la démarche du gouvernement est d'allonger la durée des carrières", a-t-il ajouté. 

Pourquoi ce plan?

Proximus estime que l'accès au congé préalable pourrait concerner 1.300 personnes au cours des trois prochaines années. Il devrait permettre de faire baisser les coûts salariaux de l'opérateur de 31% de son chiffre d'affaires à 28% en 2018. Une telle réduction offrira des marges supplémentaires qui aideront Proximus à faire des investissements et de l'innovation mais aussi à engager de nouveaux collaborateurs aux profils pointus, selon Dominique Leroy.

En outre, à peu près 200 travailleurs "en reconversion" et qui n'ont plus de fonction officielle au sein de l'entreprise pourront également bénéficier de ce système, mais cette fois à partir de 58 ans. Il s'agit en majorité de statutaires et souvent de personnes qui occupent des fonctions spécifiques qui n'ont plus vraiment de raison d'être à la suite des évolutions technologiques. Il est également prévu que ces personnes aient la possibilité de postuler dans des administrations publiques.

Dominique Leroy s'est dit "totalement confiante" que le plan sur la table pourra être mis en œuvre. "C'est un plan équilibré, socialement responsable et important pour le futur de l'entreprise et dont la totalité des coûts est entièrement payée par Proximus", a résumé Dominique Leroy.

Cet accord doit encore faire l'objet de consultations dans les rangs syndicaux et devrait en principe être signé pour la fin mars. L'ACV a déjà annoncé que l'approbation de l'accord n'allait pas de soi! "La base décidera mais cela ne sera pas évident", avertit Ben Coremans, du syndicat chrétien ACV.

"2015, une année couronnée de succès". L'enthousiasme est de mise au sein de Proximus, qui selon la CEO Dominique Leroy, atteint avec un an d'avance ses objectifs de croissance.

Des parts de marché gagnées, des nouveaux clients séduits. "Nous avons transformé Proximus en une entreprise qui croît, grâce à notre orientation client et à l’engagement fort de nos collaborateurs", dit Dominique Leroy.

L'entreprise télécom clôture donc son exercice annuel sur un chiffre d'affaires (sous-jacent) en légère progression (2,2%) à 5,99 milliards d'euros. Un résultat qui s'inscrit toutefois en deçà des attentes des analystes qui tablaient sur une moyenne de 6,014 milliards d'euros.

L'Ebitda ressort en augmentation de 4,9% à 1,73 milliard d'euros, en ligne avec le consensus moyen des analystes.  Proximus enregistre également un Capex de 926 millions d'euros, abstraction fait d'un investissement de 75 millions pour le renouvellement du spectre 900MhZ/1800 Mhz.

Fort de ces résultats, Proximus confirme son intention de proposer le versement d'un dividende brut de 1,50 euro au titre de 2015.

La croissance poursuivie

L'exercice 2016 devrait, lui, s'inscrire en croissance. "Notre objectif pour 2016 consiste à atteindre une croissance durable de notre chiffre d'affaires et de notre EBITDA grâce à l’exécution de notre stratégie Fit for Growth. Pour la fin de l'année 2016, nous nous attendons à une légère croissance du chiffre d'affaires sous-jacent de l’activité de base et de l'EBITDA du Groupe, malgré la base comparable élevée de BICS, le règlement européen ‘Roam-Likeat- Home’ et le nouveau paysage encore plus concurrentiel en Belgique. Pour soutenir notre croissance à long terme", indique encore Dominique Leroy.

L'entreprise entend également intensifier ses investissements dans le réseau fixe en mettant tout spécialement l'accent sur le raccordement des entreprises à la fibre optique (Fiber to the Business).

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