Conserver ou vendre ses actions Proximus?

Après avoir gagné 40% en un an, la baisse de Proximus en Bourse peut-être considérée comme des prises de bénéfice. ©Proximus

Des analystes du secteur bancaire suggèrent de se débarrasser des actions Proximus. Mais l'investisseur particulier a-t-il vraiment intérêt à faire de même?

Il aura fallu la publication ce matin d’une note financière chez Goldman Sachs consacrée à l’action Proximus  , pour inciter  les investisseurs à prendre des bénéfices. Depuis son plus bas de 19,8 euros touché il y a tout juste un an, cette valeur est remontée de 38%. Une belle performance que n’a pas réussi à réaliser le titre de son principal concurrent  Telenet  (+21% sur un an). Ni même l’indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles (-7,8% sur un an). Il n’y a que Orange Belgium  qui sortait d’une période difficile pour ses affaires, à avoir faitmieux. Son titre a rebondi de 50%.

Au pire moment de la journée, l’action a touché un plus bas de 25,77 euros à mi-séance. Malgré des vélléités de reprise, elle clôturé sur un bilan négatif de 6,17% à 25,81 euros.  

Les arguments pour

Ces prises de bénéfices sont-elles appelées à se prolonger ? A suivre  les avis émis par la plupart des analystes ces dernières semaines, et surtout leurs objectifs de cours, on pourrait le penser. Le plus pessimiste d’entre eux, David Wagman de la banque ING a réitère ce mardi son cours cible de 18 euros qu’il avait émis pour la première fois le 2 février dernier.

Il existe pourtant des arguments  qui justifieraient le maintien de cette valeur dans le portefeuille des investisseurs, particuliers en tous les cas. C’est connu, les professionnels du courtage ont intérêt à ce que les actions changent de mains le plus souvent. Il y va de leur gagne-pain.

Ce n’est en revanche pas le cas de l’investisseur particulier dont la finalité de son investissement est, outre bien entendu de réaliser des plus-values, d’assurer du rendement à son épargne. Au moment où les rendements obligataires sont de plus en plus négatifs, à l’heure où le ministère belge des Finances fait l’impasse de son émission trimestrielle de bons d’Etat, faire la fine bouche devant des actions qui offrent un rendement net de 4,20%, peut ne pas être la meilleure idée.

Pour celui qui peut récupérer le précompte mobilier lors de la déclaration fiscale des revenus, le rendement net de 4% de l'action Proximus passe à 5,7%!

Pour ceux qui ont le droit de récupérer le précompte mobilier de 30% lors de la déclaration de leur revenus, ce rendement peut en outre monter jusqu’à 6%. Enfin, rappelons encore que Proximus a confirmé lors de la publication des résultats pour le 2e trimestre il y a quelques semaines, que le montant du dividende s’élèvera à 1,50 euro par action pour l’exercice 2019.

En regard de tous ces points, l’action Proximus semble disposer de suffisamment d’atouts pour convaincre l’investisseur particulier d’au moins conserver cette action. Comme l’ont récemment recommandé les analystes de Crédit Suisse, Société Générale, HSBC ou encore Deutsche Bank. Ces analystes tablent sur des cours compris entre 24 et 26 euros.    

Les arguments contre

Que reproche Goldman Sachs à Proximus? L’analyste de la banque américaine, Michael Bishop estime que la proposition du régulateur -connue depuis plusieurs semaines- de réduire les prix de gros pour l’accès au câble et la récente offre réservée uniquement au haut débit d’Orange Belgium pourraient perturber le marché de la vente au détail. Telenet, ajoute cet analyste, devrait aussi subir un impact négatif sur le commerce de détail. En revanche, le câblo-opérateur devrait bénéficier  d’une hausse des revenus tirés du commerce de gros à partir de 2021.  

L’analyste suggère de " vendre " l’action Proximus, avec un objectif de cours de 21 euros. Même conseil pour Orange pour lequel il table sur un cours de 18 euros. En revanche, il suggère d'"acheter" Telenet et vise un cours de 59 euros. Pour mémoire, Goldman Sachs compte parmi les banques qui assurent l'émission de la dette obligataire de Telenet. 

Orange a achevé la séance boursière en repli de 0,74% à 20,10 euros et Telenet de 2,31% à 44,82 euros. 

Pour ce qui concerne la proposition du régulateur, elle devrait être discutée avec les opérateurs au cours du mois de septembre.

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