De Backer ne ferme pas la porte à Huawei pour les infrastructures 5G

©AFP

Le ministre de l'Agenda numérique et des télécommunications Philippe De Backer a laissé entendre que la Belgique ne bannira pas spécifiquement Huawei.

Selon le quotidien De Standaard, la Belgique n'a pas l'intention d'interdire le constructeur chinois Huawei des réseaux de télécommunications belges, à l'inverse de ce que s'apprête à faire le Royaume-Uni. "L'analyse des risques qui a été faite montre que nous sommes en sécurité. Il n'y a aucune raison de resserrer davantage", indique le cabinet du ministre des télécommunications Philippe De Backer (Open Vld).

Notre pays ne modifie donc pas sa politique en la matière, du moins pour le moment. Au contraire du Royaume-Uni qui prévoit d'interdire complètement les équipements du chinois des réseaux télécoms britanniques. Le pays avait précédemment annoncé offrir à Huawei un rôle dans le déploiement de la 5G sur son territoire, à hauteur de 35%. Mais le Quartier général des communications du gouvernement britannique (GCHQ) a indiqué le 6 juillet que la participation du groupe chinois à l’infrastructure 5G représente bien un risque pour le pays.

Interdiction partielle des vendeurs à haut risque

Cette annonce du ministre De Backer fait référence à une récente décision du Conseil national de sécurité. Il a été décidé que les fournisseurs "à haut risque" ne devaient pas faire partie du "cœur" des futurs réseaux de télécommunications 5G. Ailleurs, ils peuvent constituer au maximum 35 % du réseau. Ils ne sont pas non plus autorisés dans certaines zones sensibles, comme à proximité des sites militaires.

"Nous avons été énormément testés mais sans aucun résultat prouvant des problèmes"
Zhang Wentao
Country manager de Huawei

Si Huawei n'était pas explicitement mentionné parmi ces fournisseurs "à haut risque", le country manager du groupe chinois, Zhang Wentao, ne voit pas cette annonce comme une menace. Au contraire, il indiquait récemment dans nos colonnes que cette question de la sécurité était une bonne chose. "C’est forcément aussi un challenge chez Huawei. Nous n’avons jamais eu le moindre incident. Comme vous le savez, depuis deux ans, nous sommes particulièrement observés. Nous avons été énormément testés mais sans aucun résultat prouvant des problèmes."

Wentao se voulait d'ailleurs confiant quant à l'accès de Huawei en tant que fournisseur de réseau. "Je n’ai pas vu une seule déclaration de Philippe De Backer disant qu’il souhaitait bloquer les entreprises chinoises. Il n’a d’ailleurs jamais mentionné directement Huawei. Il s’agit d’une déclaration générale sur un sujet important qui est la cybersécurité."

Pression américaine

La Belgique, comme d'autres pays européens, subit une forte pression américaine pour interdire complètement Huawei. Les opérateurs belges espèrent, de leur côté, que la position du gouvernement ne deviendra pas encore plus stricte. C'est qu'ils coopèrent tous avec Huawei depuis longtemps maintenant, le constructeur chinois étant fortement implanté dans les réseaux mobiles belges.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés