De la 4G pour tous les Wallons… mais pas de 5G à Bruxelles

La taxe sur les mâts et les pylônes a été supprimée en décembre 2016. En échange, les opérateurs se sont engagés à investir 32 millions d'euros en Wallonie. ©BELGAIMAGE

L’accord entre la Wallonie et les opérateurs mobiles a porté ses fruits. Seules 12 communes sont encore en retard dans la 4G.

Le message est clair: l’accord noué entre la Wallonie et les opérateurs mobiles en vue de lutter contre les zones pauvres en 4G est un franc succès, ont fait savoir les différentes parties réunies pour l’occasion à Namur.

En supprimant en décembre 2016 la taxe sur les mâts et pylônes (dite "Tax on Pylons") en contrepartie d’engagements à investir dans l’infrastructure de la part de Proximus, Orange et Base, la Région a bénéficié de 32 millions d’euros d’investissements à destination de ses habitants en milieu rural, en plus de ceux déjà consentis par ailleurs par les opérateurs. Et ce, en un an et demi à peine, le deal s’étalant de 2017 à fin 2019.

32 millions €
Suite à la suppression fin 2016 de la "Tax on Pylons", Proximus, Orange et Base ont réinvesti à ce jour 32 millions d’euros pour améliorer la connexion mobile en zone rurale.

Concrètement, des communes comme Amblève (Liège), Honnelles (Hainaut), Rendeux (Luxembourg) ou encore Vresse-sur-Semois (Namur) ont ainsi vu la couverture 4G (en extérieur) moyenne bondir de plus de 15% depuis l’entrée en vigueur de l’accord, quand, de manière générale, 27 des 39 communes dites "en zone blanche", zone où moins de 85% de la population disposent d’une connectivité 4G en extérieur (selon la définition de la Région), sont désormais tirées d’affaire. Un bon point dont se sont félicités tous les acteurs en présence, à commencer par l’Agence du Numérique (AdN), qui a souligné une "coopération exemplaire" ayant "restauré la confiance" entre privé et public en matière d’amélioration des réseaux mobiles. Une position que n’ont pas manqué d’appuyer les différents CEO présents pour l’occasion, à savoir Dominique Leroy (Proximus), Michaël Trabbia (Orange) et John Porter (Telenet, maison-mère de Base).

Dans les rangs politiques, Pierre-Yves Jeholet, ministre wallon du Numérique, a déclaré sur cette base être partisan d’un nouveau deal pour après 2019, quand Alexander De Croo, ministre fédéral des Télécoms, a lui indiqué que cette tendance positive devrait aussi se faire sentir dans le fixe (internet et télé) en conséquence à une analyse de marché réalisée en ce moment par les régulateurs – le document doit permettre une dérégulation pour les opérateurs qui investissent dans l’infrastructure en zone blanche.

Chemin encore long

Du reste, si l’ambiance était aux congratulations dans les locaux de l’AdN, il n’empêche que les défis à affronter restent nombreux.

→ Pour ce qui est des villes restantes, toujours situées sous le seuil évoqué, l’accord privé-public de fin 2016 prévoyait un investissement total de 60 millions d’euros d’ici 2019, réparti entre les trois opérateurs. Il reste donc encore quelque 28 millions pour remédier à la situation. À voir quels seront les résultats.

→ En parallèle, le rôle des provinces devra aussi être examiné, certaines continuant à taxer les opérateurs (3,7 millions d’euros en 2017).

→ Enfin, se pose la question des normes d’émission, certains citoyens s’inquiétant de la pollution électromagnétique. Non négligeable quand on sait que Proximus n’a, par exemple, pas été en mesure de déployer un test grandeur nature en extérieur de 5G à Bruxelles pour cause de normes trop strictes. "Un vrai souci", selon Dominique Leroy. Alexander De Croo dit regretter le caractère "émotionnel" d’un dossier où la raison devrait primer. Une aubaine pour une ville wallonne que ce flou? "Pourquoi pas", a aussitôt embrayé Pierre-Yves Jeholet. "Je ne comprends pas, alors que l’Europe veut des villes pilotes dans la 5G, que Bruxelles ne saute pas sur l’occasion. Et je le dis en tant que Wallon", a-t-il conclu.

une connexion sur deux ultra-rapide

Le haut débit a le vent en poupe en Belgique. 52% des connexions internet du pays proposent une vitessesupérieureà 100 Mbps, ressort-il de la nouvelle édition des statistiques annuelles du régulateur des télécoms (IBPT), publiée mardi. Résultat, la Belgique se situe en tête du peloton européen, atteignant par la même occasion l’objectif fixé à 2025 de la Commission européenne, à savoir que 50% des foyers du Vieux Continent disposent d’ici là de connexions haut débit. En un an, le Belge aura opté pour un internet ultra-rapide 2,7% fois plus qu’en 2016, lit-on.

Un résultat en partie imputable à une politique d’investissement de la part du secteur des communications électroniques dont les investissements en capitaux (CapEx) ont bondi de 21,9% en un an pour atteindre un record à 23,2% des revenus, eux, en plus légère augmentation (+ 0,4%) pour atteindre 8,43 milliards d’euros.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content