"Demain, Proximus devra prendre la place de Facebook et de Google sur vos smartphones"

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Dominique Leroy a évoqué mercredi son prochain défi: la transformation numérique profonde de Proximus, après avoir œuvré au retour à la croissance en début de son mandat. L’idée? D’aller concurrencer les Gafa, ce qui n’aura rien d’une sinécure.

Si Charles Michel a son "jobs, jobs, jobs", Dominique Leroy préfère, elle, une autre formule: digital, digital, digital. Car, si "c’est bien de vouloir créer des emplois en Belgique, encore faut-il que, demain, l’on dispose des talents pour les remplir", évoquait mercredi midi la patronne de Proximus, dans l’ambiance feutrée du cercle de Lorraine. Avant de rappeler que, d’ici 2021, un déficit structurel (entre offre et demande) en matière d’emplois se fera sentir dans le pays, quand 584.000 jobs ne pourront être pourvus à l’horizon 2030, selon une récente étude de la fédération des entreprises technologiques Agoria, réalisée en partenariat avec le Forem, Actiris et le VDAB.

"C’est bien de vouloir créer des emplois, encore faut-il que, demain, l’on dispose des talents pour les remplir."
Dominique Leroy
CEO de Proximus

En ce sens, Dominique Leroy a dès lors levé un coin du voile sur sa vision quant à l’avenir de l’entreprise qu’elle dirige, du secteur dans lequel elle est active, mais aussi du pays qui est le sien, de même que de l’Europe qui l’englobe. Un discours résolument teinté de politique, même si la principale concernée a blagué sur le sujet, déclarant ne pas y être active car c’est "bien trop compliqué".

En substance, la CEO a souligné l’urgence de prendre la vague du digital sérieusement, alors que l’Europe est aujourd’hui "à la traîne" face aux géants américains hier, et chinois, de plus en plus, aujourd’hui.

Et à ce titre, Proximus en tête se doit d’évoluer, passant d’une activité d’opérateur classique, tirant des revenus à partir de son activité "voix", à un rôle de compagnon digital, fournissant, côté entreprises, des services de sécurité, de stockage dans le cloud, de télétravail, de visioconférence, ou encore d’intégration d’applications aux systèmes informatiques des clients. Ce qui implique assez logiquement "une transformation des talents qui, historiquement, étaient des électromécaniciens, travaillant sur du hardware, en ingénieurs orientés logiciels" – car le marché seul de la connectivité est relativement stable, voire en légère décroissance, alors que les coûts de Proximus augmentent dans le même temps, réalité qui demandera d’aller trouver de nouveaux relais de croissance dans le monde digital.

Une mue qui concernera aussi le côté résidentiel de l’activité, où l’opérateur est aujourd’hui un acteur riquiqui en comparaison à des Netflix ou des Spotify – proposés, autant que faire se peut, aux clients, de par ce manque de poids dans le rapport de force qui oppose les deux parties en matière de contenus. Mais pas une défaite pour autant. Car l’idée, à terme, est bien de les supplanter. "Nous voulons être pertinents dans l’écosystème digital des consommateurs. Ce qui veut dire que sur les 15 applications que vous avez sur le premier écran de votre smartphone, demain, il faut que vous ayez Proximus. En clair, nous voulons être une alternative à Google, Facebook ou autres, dans laquelle, via notre application maison, vous aurez accès à tous vos contenus, à toutes vos passions, bref, à tout ce qui vous est important pour vous."

En résumé, l’opérateur parle, à partir de cette année, d’un plan stratégique intitulé "Shift to Digital", second cheval de bataille de sa patronne, elle qui a d’abord œuvré au retour à la croissance de l’entreprise, en début de son mandat, dans le cadre de sa stratégie de "Fit for Growth". Une réussite, d’après elle, puisque "depuis 2015 (un an après son arrivée, NDLR), on a toujours fait de la croissance".

Côté politique, Dominique Leroy a enfin évoqué le pacte d’investissement stratégique du gouvernement Michel, "répondant à un véritable besoin" mais n’ayant "peut-être pas eu toute la visibilité qu’il méritait" et n’étant "aujourd’hui toujours pas là". De même que son désir de voir naître de véritables pôles de compétences, regroupant start-ups, entreprises, universités et pouvoirs publics, autour de la santé, de la logistique ou des fintechs, autant de secteurs où "il y a moyen de faire quelque chose". Avant d’ajouter, sur un thème particulièrement d’actualité, qu’"à un moment donné aussi, peut-être sera-t-on content d’avoir de la migration économique dans ce pays", a lâché la patronne. "Contrôlée bien sûr".

Du reste,l’Europe y est aussi passée, avec un Parlement jugé "trop consumériste", et donc, ne défendant pas assez l’industrie du Vieux Continent.

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