Départs multiples chez Huawei Belgique, un signe dans le dossier 5G?

Les départs dans les équipes de Zhang Wentao, le country manager de Huawei, se sont visiblement multipliés depuis l'été. ©Kristof Vadino

Selon nos sources, une petite vingtaine de travailleurs sur 104 équivalents temps plein ont récemment quitté Huawei en Belgique. Des chiffres démentis par le fournisseur, qui parle d'un processus normal.

La fin des belles années de Huawei sur notre territoire serait-elle en train de se confirmer ? Les derniers mouvements au sein de l’entreprise semblent être un nouvel élément qui montre que la situation n’est pas simple. Selon plusieurs sources, le groupe chinois taille depuis l’été dans ses effectifs. Une petite dizaine de travailleurs auraient ainsi été mis à la porte depuis le mois d’août tandis qu’une autre dizaine seraient partis de l’entreprise, sentant visiblement le vent tourner.

Difficile de ne pas mettre en relation ces départs en cascade et les dernières évolutions dans le dossier brûlant de l’installation de la 5G. En attendant la mise aux enchères officielles des licences, les différents opérateurs finalisent déjà les négociations avec les fournisseurs capables d’installer la future technologie. Largement dominant sur le marché, Huawei est depuis des années le principal partenaire d’Orange et de Proximus.

Le ministre Philippe De Backer (dans le gouvernement précédent) a néanmoins très probablement mis fin à l’hégémonie de Huawei en annonçant que la Belgique écarterait partiellement de son marché les opérateurs à haut risque. Ces derniers n’auront accès qu’à 35% du marché où le risque est le plus bas et ne pourront pas travailler dans les zones sensibles. Autrement dit, cela ne laisse pas grand-chose à se mettre sous la dent. Sans jamais avoir cité le nom des opérateurs chinois, ce sont bien eux qui sont dans la ligne de mire.

Méfiance chinoise

Une bonne partie des départs ont, selon nos sources, eu lieu dans le département "équipementier et opérateur" de Huawei, où travaillaient jusqu’il y a peu une quarantaine de personnes sur les 104 équivalents temps plein. Une affirmation que réfute toutefois le fournisseur.

La nouvelle est visiblement une demi-surprise pour l’une de nos sources, qui a vu la situation se détériorer depuis bien plus longtemps. "Depuis le début de l’opposition avec les Etats-Unis, nous avons progressivement vu arriver des travailleurs directement de Chine. Une méfiance s’est progressivement installée au sein du groupe. Dans tous les départs, il n’y a d’ailleurs, à ma connaissance, que des Occidentaux."

Selon nos différents contacts, les départs pourraient même se poursuivre. Une partie des travailleurs pourraient également être amenés à travailler pour Huawei Pays-Bas, où le fournisseur dispose d’une situation plus confortable.

Huawei conteste les chiffres

L’activité "opérateur" en Belgique semble bien plus menacée que chez nos voisins néerlandais. "Huawei pourrait perdre jusqu’à 80% de son activité en Belgique", assure même une source qui indique que les négociations avec Orange et Proximus ne semblent pas se diriger vers la meilleure issue.  Si les deux opérateurs décident de se passer du fournisseur, le manque à gagner pourrait atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros par an.

Selon les comptes publiés par Huawei l’année dernière, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 215 millions d’euros pour un bénéfice de plus de 4 millions d’euros. Invité à donner son point de vue sur les différents chiffres de départs annoncés, Huawei minimise la situation. L’entreprise confirme effectivement des départs mais parle de "fluctuations normales dans une entreprise, d’autant plus fréquentes dans ce secteur".

Huawei conteste d’ailleurs les chiffres évoqués et annonce pour le deuxième trimestre 10 départs et 15 engagements (pour tout le groupe, sans préciser dans quels départements). Quant au possible lien entre la diminution des effectifs et la finalisation des négociations avec les opérateurs, Huawei se refuse à tout commentaire, expliquant ne pas souhaiter s’exprimer avant la fin des négociations.

Huawei, hors course?

Pour l’heure, aucun des différents opérateurs du pays n’a encore officialisé le choix de son fournisseur. Quatre grands acteurs sont donc encore officiellement en course (les chinois ZTE et Huawei et les européens Ericsson et Nokia). Huawei semble de plus en plus poussé vers la sortie ou du moins limité à une partie très mince du marché. Orange et Proximus feront leur choix ensemble, les deux opérateurs ayant annoncé un déploiement commun de leur réseau. "Pour l’heure, rien n’est encore signé, nous ne ferons donc pas de communication", bottent en touche les porte-paroles de Proximus et Orange. "Tous les éléments sont pris en compte dans la décision du choix du partenaire, y compris forcément celles concernant les fournisseurs à haut risque", précise le responsable communication de Proximus.

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