portrait

Dominique Leroy, le souci de l'image

Rien ne prédestinait la femme d’affaires à une telle carrière dans le secteur des télécoms.

Sportive, marketeuse, dynamique et déterminée, Dominique Leroy, 54 ans, aura indéniablement imprimé sa vision sur celle de Proximus depuis son arrivée à la tête de l’entreprise en 2014. De Belgacom à Pickx en passant par le plan "shift to digital", la CEO belge aura appliqué sa passion pour les produits et sa maîtrise de la communication à un secteur des télécoms hautement concurrentiel, dans une entreprise aux intérêts entremêlés avec ceux des pouvoirs publics et confrontée à un climat social sensible.

Pourtant, rien ne prédestinait la femme d’affaires à une carrière dans les télécoms. Après avoir hésité à entrer au conservatoire et poursuivre une carrière musicale, Dominique Leroy a finalement opté pour des études d’ingénieur commercial à Solvay, dont elle sortira diplômée en 1987. Mariée et mère de deux enfants, c’est auprès d’Unilever qu’elle récitera une première fois ses gammes de marketeuse. Fidèle, elle y restera 24 ans, terminant son parcours à la tête de la filiale belge avant de rejoindre Belgacom en 2011, puis de succéder à Didier Bellens à la tête de l’entreprise en 2014.

Un bilan plébiscité

1.900
Actuellement en phase de négociation, le plan de restructuration proposé par la direction menace 1.900 emplois sur les 13.000 que compte Proximus.

Ayant au fil du temps appris à se faire discrète dans la presse, la désormais ex-CEO de Proximus laisse son riche héritage parler pour elle. Femme dans un monde d’hommes, elle ne s’est jamais laissé impressionner (ni dépasser). Favorite à la succession de Didier Bellens seulement deux ans après son arrivée dans l’entreprise en tant que "responsable consommateur résidentiel", elle en deviendra immédiatement l’architecte du changement.

Comme premier fait d’armes à la tête de la société, la patronne a piloté le changement de nom – de Belgacom à Proximus – et le repositionnement de la société, de simple opérateur téléphonique à un telcos moderne, présent sur tous les fronts, et prêt à faire sa révolution digitale. Cette transformation, la CEO l’a poursuivie avec le "shift to digital", ce plan de restructuration annoncé en janvier dernier, menaçant près de 1.900 emplois au sein de la société. Actuellement en phase de négociation entre la direction et les représentants syndicaux, ce plan a depuis fait couler beaucoup d’encre, et son issue sera déterminante.

Stratégies orientées "produits"

Outre son travail d’équilibriste entre les exigences de l’État, celles des actionnaires et les revendications syndicales, Dominique Leroy a dû lutter contre la rétraction des marges bénéficiaires, dans un secteur des télécoms toujours plus concurrentiel. Longtemps opposée à la venue d’un quatrième opérateur dans le territoire belge, elle a permis à Proximus de diversifier ses revenus à coup de stratégies orientées "produits" et d’accords stratégiques.

Plus récemment, elle a pu faire valoir ses talents de marketeuse en lançant Pickx, la nouvelle plateforme multi-écrans de Proximus, confrontant la linéarité de la programmation télévisuelle et se calquant sur le modèle Netflix. Dernier coup stratégique en date, la coentreprise entre Proximus et Orange autour de la 5G. En juillet dernier, les deux concurrents ont en effet signé un accord censé permettre un déploiement plus rapide de la 5G en Belgique en partageant leurs réseaux d’accès mobile.

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

La patronne de Proximus a créé la surprise en annonçant sa démission. Qui est réellement cette femme d'affaires qui avait repris les rênes de l'opérateur télécom en 2014? Qui pour lui succéder? Pourquoi un tel choix? L'Echo décortique les tenants et aboutissants de son départ.

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