Dominique Leroy quitte Proximus pour KPN

Dominique Leroy ©Photo News

Dominique Leroy, CEO de Proximus, a décidé de donner une orientation internationale à sa carrière à partir du 1er décembre 2019. Elle quitte donc ses fonctions chez Proximus.

On la pensait partie pour rempiler pour un 2e mandat.  Mais une opportunité "internationale" en a décidé autrement. Dominique Leroy va quitter la tête de l'opérateur historique pour rejoindre KPN, au 1er décembre prochain. "C'est avec regret que le Conseil d'Administration de Proximus a pris note de la décision de Mme Dominique Leroy de quitter Proximus suite à une nouvelle opportunité à l'étranger, en dépit de la volonté unanime du Conseil de reconduire son mandat comme CEO de l'entreprise", indique Proximus ce jeudi peu après 18h.

Le timing de ce départ a néanmoins de quoi surprendre, Proximus est actuellement aux prises avec une restructuration difficile qui prévoyait le départ de 1900 personnes. "Elle a l'intention de terminer les négociations avec les partenaires sociaux dans ce cadre avant son départ", assure un porte-parole.

Dominique Leroy rejoindra donc KPN, l'homologue néerlandais de Proximus où elle occupera le même poste. Elle y remplacera Maximo Ibarra, qui était sur le départ. Pour rappel, le président de la société néerlandaise n'est autre que Duco Sickinghe, ancien patron de Telenet, entré au Conseil d'Administration de KPN en février 2014.

Une clause de concurrence,... mais pas pour KPN

Son package salarial sera en ligne avec la politique de rémunération chez KPN, explique l'opérateur, soit un salaire de base de 935.000 euros plus un plan d’"incentives" à court et long terme. Chez Proximus, en 2018, Dominique Leroy avait touché un salaire de base de 522.810 euros (940.546 euros, compte tenu des divers avantages et autres incentives). Elle quittera Proximus sans indemnités de départ.

935.000
euros
Son package salarial sera en ligne avec la politique de rémunération chez KPN, soit un salaire de base de 935.000 euros plus un plan d’"incentives" à court et long terme.

C'est relativement peu par rapport à d'autres entreprises de télécommunications, car le gouvernement, en tant qu'actionnaire principal, a imposé un plafond salarial. Son prédécesseur chez KPN, Maximo Ibarra, a gagné, lui, près de 1,5 million d'euros l'an dernier, bonus compris. "On sait que c'était un point de divergence, mais je n'oserais pas dire que c'est la cause (de son départ, NDLR)", affirme Stefaan De Clerck, président du conseil d'administration de l'opérateur.

Le contrat de Leroy comporte une clause lui interdisant de travailler pour un concurrent de Proximus en Belgique et dans les pays où la société réalise au moins 5% de son chiffre d'affaires, durant les douze mois suivant son départ du groupe. Le départ vers KPN n'est toutefois pas couvert par cette clause.

"Une bouffée d'air frais chez Proximus"

Ministre démissionnaire des Télécommunications, Philippe De Backer (Open Vld) a félicité Dominique Leroy pour le "nouveau dynamisme commercial" qu'elle a créé chez Proximus et pour avoir mis l'entreprise sur la voie du numérique. "C'est maintenant au Conseil d'Administration, en toute indépendance, de trouver la bonne personne pour préparer Proximus pour l'avenir", a-t-il déclaré.

"Dominique Leroy a apporté une bouffée d’air frais chez Proximus ces dernières années."
Alexander De Croo
Ex-ministre des Télécoms

"Dominique Leroy a apporté une bouffée d’air frais chez Proximus ces dernières années. Nos intérêts respectifs, en tant que CEO et ministre, n’ont pas toujours été convergents. Elle a défendu son entreprise, alors qu’en tant que ministre des Télécoms, j’ai explicitement choisi le camp du consommateur. Mais j’ai toujours particulièrement apprécié son professionnalisme et son engagement. En tant que femme CEO, elle a acquis ces dernières années un rôle d’exemple", a déclaré à L'Echo Alexander De Croo (Open Vld), ministre des Télécoms jusqu’à ce que Philippe De Backer lui succède en décembre 2018, après la chute du gouvernement Michel.

Un nouveau CEO recherché "immédiatement"

Le conseil d'administration va "immédiatement" entamer la procédure de sélection d'un nouvel administrateur délégué. C'est le comité de nomination et de rémunération qui sera chargé de cette tâche et qui devra proposer des candidats au conseil d'administration. Ce dernier pourra ensuite décider de manière autonome, sans approbation préalable du gouvernement, qui sera le successeur de Dominique Leroy. Plusieurs administrateurs y siégeant représentent toutefois l'État belge. Il est de coutume d'avoir un équilibre linguistique entre le président du CA et le CEO chez Proximus. Mais le mandat de Stefaan De Clerck arrive également à échéance.

"Elle a toujours dit qu'elle souhaitait encore travailler à l'étranger."
Stefaan De Clerck
Président du conseil d'administration de Proximus

Ce dernier n'a pas tardé à réagir à ce départ, déclarant que le conseil d'administration aurait préféré que Dominique Leroy reste plus longtemps à son poste et qu'il espérait personnellement qu'elle pourra, d'ici son départ, encore boucler la restructuration en cours. Bien que Stefaan De Clerck reconnaisse que Dominique Leroy avait encore fait savoir en juillet au conseil d'administration qu'elle réfléchissait à son avenir, "tout est allé très vite cette semaine". "Elle a toujours dit qu'elle souhaitait encore travailler à l'étranger", ajoute-t-il.

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

La patronne de Proximus a créé la surprise en annonçant sa démission. Qui est réellement cette femme d'affaires qui avait repris les rênes de l'opérateur télécom en 2014? Qui pour lui succéder? Pourquoi un tel choix? L'Echo décortique les tenants et aboutissants de son départ.

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