Et si les enchères sur la 5G rapportaient bien plus que prévu?

©EPA

Les quatre opérateurs actuellement à la lutte pour les fréquences de demain en Italie ont déjà mis sur la table quelque 6 milliards d'euros, contre 2,5 prévus avant les enchères. Un signe avant-coureur pour la Belgique qui attend 700 millions d'euros d'une ressource visiblement très demandée?

Six milliards d'euros contre 2,5 initialement prévus, les enchères italiennes autour de la 5G ont déjà largement dépassé les attentes dans le pays, trois semaines seulement depuis l'ouverture des hostilités.

6
milliards d'euros
Les quatre opérateurs en lice ont déjà misé 6 milliards d'euros pour accéder aux précieuses fréquences 5G, contre environ 2,5 milliards d'euros initialement prévus.

Et pour cause, sur la bande de fréquence des 3,7 GHz, la plus demandée pour le déploiement de l'internet mobile ultrarapide, les offres faites pour l'heure sont déjà dix fois supérieures au prix de réserve. En coût par MHz et par habitant, les acteurs en présence que sont Iliad, Telecom Italia, Vodafone et Wind Tre ont dépassé les 20 centimes, soit quatre fois plus que les enchères espagnoles de juillet dernier ou celles qui s'achevaient lundi en Finlande sur la même bande de fréquence, mais aussi deux fois plus qu'au Royaume-Uni par exemple.

Ce qui a de quoi ouvrir la porte aux plus folles prédictions, alors que le processus se poursuit? Après tout, les enchères allemandes de 2000 autour de la 3G étaient bien montées jusqu'à 50,52 milliards d'euros à l'époque. Difficile à dire.

Par contre, "il en va là d'un message particulièrement positif pour le pays", selon le commissaire de l’Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (Agcom), Antonio Martusciello. "Les opérateurs ont décidé de mettre en jeu d'importantes ressources dans une perspective de long terme, démontrant ainsi leur volonté et leur capacité à investir en Italie dans une technologie capable de créer du développement et des emplois."

"Les opérateurs ont décidé de mettre en jeu d'importantes ressources dans une perspective de long terme."
Antonio Martusciello
Commissaire à l'Agcom, le régulateur télécoms italien

Signal avant-coureur pour la Belgique?

Une situation de bon augure pour la Belgique? Le cas italien est en tout cas intéressant afin d'analyser la situation du plat pays qui s'apprête à lancer, lui aussi, une vaste mise aux enchères de ses fréquences au courant de l'année prochaine, exercice particulièrement important suite à l'ouverture des portes du marché mobile à un quatrième acteur contre trois précédemment (Proximus, Telenet et Orange Belgique), mais aussi du fait que ses résultats vaudront pour une période de 20 ans.

700
millions d'euros
La vente aux enchères du spectre de fréquences réservé à la 5G pourrait rapporter quelque 700 millions d’euros en Belgique.

Plus de clarté ne devrait être apportée que plus tard dans l'année quant à la suite des événements, notamment au sujet de la valorisation des fréquences qui doit encore être approuvée au Parlement. Du reste, dans un récent document, le régulateur des télécoms (IBPT) parle d'une procédure d’attribution "ouverte et transparente" qui "devra être organisée à l’automne 2019", alors que la mi-année avait un temps été évoquée pour l'exercice.

Initialement, le Trésor tablait chez nous sur quelque 700 millions d’euros de recettes minimum tirées de ces enchères sur la 5G, argent qui pourrait être affecté à la réduction de la dette et aux Communautés, par exemple, soulignait à la mi-juin Alexander De Croo, ministre des Télécoms.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect