Fin de l’OPA sur Orange Belgium: et maintenant?

Des actionnaires minoritaires ruent dans les brancards en raison du prix jugé "dérisoire". ©Bloomberg

L'offre d'Orange sur sa filiale belge se clôture ce vendredi. On connaîtra le 27 avril l'ampleur de la fronde. Voici les positions des différents minoritaires et le calendrier à venir.

Ce vendredi à 16 heures s’achèvera le premier acte de l’offre publique d’achat (OPA) d’Orange sur sa filiale belge dont il détient 52,91% du capital. On le sait, le prix proposé de 22 euros par action a suscité pas mal de grincements de dents parmi des actionnaires petits ou moins petits.

En cause, les divergences de vue sur la valorisation de l’ancien Mobistar. Si Orange a affirmé que son prix était "définitif" soutenu en cela pour une analyse de Degroof Petercam agissant en tant qu’expert indépendant, Polygon Global Partners estime pour sa part, qu’il est dérisoire. Pour lui, l’action vaut 40 euros au moins. Sans entrer dans les détails techniques rappelons qu’une partie de cet écart dans la valorisation provient des mâts de GSM que Polygon compare à un "Picasso perdu".

Ampleur de la mobilisation

Réprésentée par Deminor, cette société d’investissement qui détient 5,29% du capital n’a pas l’intention d’apporter ses titres à l’offre ce qui empêchera Orange de lancer une offre de reprise (squeeze out) pour laquelle un seuil de 95% est obligatoire. Dans ce cas,  Orange Belgium restera cotée.

"Nous attendons le 27 avril, date des résultats de l’offre pour connaître l’ampleur de la mobilisation."
Pierre-Alexis Léonard
Deminor

"Nous attendons le 27 avril, date des résultats de l’offre pour connaître l’ampleur de la mobilisation", nous a précisé Pierre-Alexis Léonard de Deminor. Quelque 150 actionnaires particuliers se sont manifestés auprès du cabinet de conseil.

D’autres ont fait appel à Laurent Arnauts (WATT Legal). L’avocat estime, qu’à ce stade, il est encore trop tôt pour lancer une action en justice. Mais des pistes se dessinent.

Prospectus

Pour ceux qui ont déjà apporté leurs titres, un recours pourrait être envisagé en se basant sur le contenu du prospectus. Il signale que si finalement une offre de reprise est mise en place, un nouvel expert indépendant devra préciser si celle-ci sauvegarde les droits des minoritaires qui seront expropriés.

"Il n’y a pas encore de consensus au niveau du prix, car nous devons encore mener des devoirs complémentaires au niveau du prospectus."
Laurent Arnauts
Avocat chez WATT Legal

Laurent Arnauts ne se prononce pas encore sur la question de la valorisation. "Il n’y a pas encore de consensus au niveau du prix, car nous devons encore mener des devoirs complémentaires au niveau du prospectus." Mais il ajoute qu’il est déjà clair que "le prix est très largement inférieur à la valeur réelle et n’a été obtenu qu’au moyen d’écarts méthodologiques".

Offre ferme et définitive

Notons enfin que le gestionnaire français d’actifs Boussard & Gavaudan qui détient un bloc de 3,02% du capital d’Orange Belgium n’a pas souhaité nous éclairer sur ses intentions dans le cadre de cette OPA.

Mardi prochain, on connaîtra donc les résultats détaillés de cette première bataille rangée et donc l’ampleur de la fronde. Si à l’issue de l’OPA, Orange détient entre 90% et 94,99%, il sera obligé de rouvrir l’offre. Elle se tiendra alors du 28 avril au 4 mai. Si sa participation est inférieure à 90%, il pourra le faire, mais n’y sera pas contraint. Si le seuil de 95% est atteint, une offre de reprise débutera le 18 mai.

Et si l’envie lui prenait de renoncer à son offre, Orange ne le pourra pas, car celle-ci est "ferme et définitive" nous a-t-on assuré chez Deminor.

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