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"J'aurais préféré que Dominique Leroy reste" (Stefaan De Clerck)

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Stefaan De Clerck, le président du conseil d’administration de Proximus, n’en fait pas un grand mystère, il aurait nettement préféré que Dominique Leroy reste à son poste. Prévenu il y a une dizaine de jours de la décision de la CEO de Proximus, il n’a pas réussi à la garder.

Quand et comment avez-vous appris le départ de Dominique Leroy?

Il y a une dizaine de jours. Les vacances sont souvent un moment plus calme, propice à la réflexion. Elle a dû en parler avec son mari et ses enfants. Elle vient de boucler un mandat de six ans, elle aurait pu continuer pour six ans. Mais, elle a eu une opportunité fantastique. Pour moi, c’est clair, j’aurais préféré qu’elle reste. C’est dommage pour le pays, pour Proximus et pour le conseil d’administration. Dominique a fait un excellent boulot, les chiffres sont bons, la transformation de Proximus est engagée et son équipe est forte. "You never change a winning team". Mais, c’est son choix, elle a sa liberté, on doit prendre acte, avec regret.

La rémunération fixe est bonne, mais peut-être faudrait-il penser à prévoir un incitant à long terme.
Stefaan De Clerck

On connaît la limitation des salaires des top managers dans les entreprises publiques. N’est-ce pas un échec de ne pas avoir réussi à garder Dominique Leroy à la tête de Proximus?

Ce problème de la limitation des salaires est connu, mais ce n’est pas la raison du départ de Dominique Leroy. La situation peut se révéler problématique pour dénicher le bon candidat pour lui succéder à la tête de Proximus. Je pense que la rémunération fixe est bonne, mais peut-être faudrait-il penser à prévoir un incitant à long terme. C’est un souci, mais il ne sera pas impossible de trouver un bon candidat.

Le conseil a toujours été unanime, nous voulions continuer avec Dominique Leroy.
Stefaan De Clerck

Avez-vous tout de même essayé de la retenir?

Bien entendu, mais quand elle prend ses décisions, elle change rarement d’avis. Ce qui fut un avantage quand elle était à la tête de Proximus est devenu un désavantage. Le conseil a toujours été unanime, nous voulions continuer avec Dominique Leroy.

Que retiendrez-vous d’elle?

Je pense que les femmes ont leur rôle à jouer dans les entreprises, elle en est la preuve vivante. J’espère qu’elle aura été un modèle pour les jeunes, pour les femmes et pour les hommes qui pensent qu’ils sont plus forts que les femmes.

Proximus doit remplacer plus de la moitié du conseil d'administration

Dans les mois à venir, Proximus devra non seulement chercher un nouveau CEO, mais devra également pourvoir... huit sièges au conseil d'administration.

Le conseil d'administration de l'opérateur télécom est composé de quatorze administrateurs. La moitié d'entre eux ont été nommés par le gouvernement, car l'État détient encore plus de la moitié des actions de la société. Les sept autres administrateurs sont indépendants.

Le mandat de Stefaan De Clerck arrive à son terme ce mois-ci. En outre, le mandat de quatre autres administrateurs nommés par le gouvernement expire en octobre.

En même temps, les mandats de deux administrateurs indépendants arrivent également à échéance. Ce qui signifie que les mandats de sept administrateurs au total doivent être renouvelés ou un remplaçant doit être trouvé.

Pour rappel, les membres du conseil d'administration sont - outre le président Stefaan De Clerck et la CEO Dominique Leroy - Karel De Gucht, Martine Durez, Laurent Levaux, Isabelle Santens, Paul Van de Perre, Pierre Demeulenaere, Guido J.M. Demuynck, Martin De Prycker, Tanuja Randery, Agnès Touraine, Catherine Vandenborre et Luc Van den Hove.

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

La patronne de Proximus a créé la surprise en annonçant sa démission. Qui est réellement cette femme d'affaires qui avait repris les rênes de l'opérateur télécom en 2014? Qui pour lui succéder? Pourquoi un tel choix? L'Echo décortique les tenants et aboutissants de son départ.

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