interview

Jim Casteele (Proximus): "On est trop petit pour faire tout nous-même"

D'après Jim Casteele, responsable du département consommation de Proximus, l'opérateur télécom n'a rien contre l'arrivée d'un nouvel acteur sur le marché "tant que les règles sont les mêmes pour tout le monde". ©s

Jim Casteele, le Monsieur consumer de Proximus, tire le bilan de sa première année à la tête de la division sous le nouveau CEO, Guilllaume Boutin. L’année écoulée fut charnière pour Proximus, et pas seulement en raison du Covid.

Cela semble remonter à un autre temps. Il y a tout juste un an, la vie du côté des deux tours de Proximus était bien différente. À l’époque, Guillaume Boutin faisait ses premiers pas dans le costume de CEO. Quelques semaines après sa prise de fonction, il nomma Jim Casteele pour le remplacer au département consommation. Plutôt discret dans les médias, le Flamand est toutefois à la tête du département le plus important pour la marque. "Ou du moins le plus visible pour beaucoup de Belges", préfère-t-il. 

Après une année inattendue, Jim Casteele tire un premier bilan sur ces débuts un peu fous. "Même hors Covid, cette année devait déjà être charnière pour Proximus", explique le responsable. L’arrivée du virus l’a rendue encore un peu plus cruciale. "Le coronavirus a tendance à faire oublier le début de 2020. Mais il y a un an, nous avons perdu une partie de nos collègues suite au plan de départ. Deux semaines après, nous mettions tout le monde au télétravail et, encore deux semaines après, on annonçait notre stratégie globale", rappelle le responsable conso, qui estime que le groupe s’est finalement plutôt bien sorti de cette série de défis majeurs. "Quand on voit la difficulté de faire un tel déploiement en plein confinement et quand on sait qu’on a négocié des milliards avec nos partenaires à un moment où personne ne pouvait être dans la même salle, on se dit que ce sont quand même de belles réussites."

Pas contre un 4e opérateur

Du côté des autres bonnes nouvelles, 2020 fut également marquée par l’arrivée d’un gouvernement et donc d’une nouvelle ministre, Petra De Sutter. Dans ses premières sorties, la ministre Groen s’est montrée plutôt favorable au déploiement de la 5G. Une position forcément appréciable pour le groupe mauve. "Le fait qu’elle ait un background scientifique (Petra De Sutter est gynécologue, NDLR) aide dans les discussions. Elle a un esprit ouvert et une approche qui n’est pas dogmatique", assure Jim Casteele.

Elle ne serait en revanche pas contre l’ouverture du marché à un nouvel opérateur, ce qui n'est a priori pas spécialement une bonne nouvelle pour Proximus. "Au niveau d’un quatrième entrant, nous sommes assez ouverts. Nous n’avons rien contre, tant que les règles sont les mêmes pour tous les acteurs du marché. Cela a toujours été notre position", répond le responsable.

"Une marque ne peut pas avoir plusieurs identités. C’est pourquoi Mobile Vikings est si intéressant pour nous."
Jim Casteele
Responsable du département Consumer de Proximus

L’œil est vissé sur la concurrence. Proximus l’a encore démontré en fin d’année avec l’annonce du rachat de Mobile Vikings pour 130 millions d’euros. L’autorité de la concurrence doit encore valider le rachat, mais Jim Casteele espère bien profiter de la petite emplette pour compléter son offre. "Mobile Vikings est très attractif sur un marché précis et est très fort en Flandre. Cette offre sera très complémentaire à celle de Proximus et Scarlet. On peut toujours créer un nouveau produit, mais le challenge est alors de trouver l’ADN, le ton exact et le bon esprit. Une marque ne peut pas avoir plusieurs identités. C’est pourquoi Mobile Vikings est si intéressant pour nous."

Chatouiller les géants de la tech

Si tout se passe bien, donc, le Viking rejoindra cette année le navire mauve. En parallèle, la collaboration avec Belfius devrait également se concrétiser dans les mois à venir. Le nouveau goût prononcé pour les collaborations devrait d’ailleurs se confirmer en 2021. "Les partenariats font partie du système que l’on veut mettre en place. On est trop petit pour faire tout nous-même. Les expériences clients sont de plus en plus intégrées. Si on souhaite rester légitime comme marque consommateur, on doit rester dans la vie quotidienne des gens."

"Les géants comme Google et Facebook proposent des offres de bout en bout. Face à ça, on doit pouvoir proposer une réponse locale."
Jim Casteele

Reste à savoir si cela peut suffire pour aller chatouiller les géants de la tech. Il y a quelques mois, dans un podcast de l’Echo, Guillaume Boutin indiquait qu’il verrait bien son groupe devenir un Gafa belge dans dix ans. "On doit avoir cette ambition", abonde Jim Casteele. "Sinon, on perd le contact avec le client et on devient un opérateur réseau plutôt qu’un opérateur de services. Les géants comme Google et Facebook proposent ces offres de bout en bout. Face à ça, on doit pouvoir proposer une réponse locale."

Podcast | Guillaume Boutin est dans Hors pistes

Dans ce podcast, le CEO de Proximus expose sa vision à 10 ans et plaide pour une revanche des acteurs numériques locaux sur les géants américains de la tech.

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