Jos Donvil s’en va, VOO s’en souviendra

En quatre ans, le désormais ex-patron de VOO aura amené une succession de changements au sein de l'opérateur wallon. ©Anthony Dehez

Jos Donvil aura dirigé l’opérateur durant quatre ans. Même si les défis sont encore nombreux, il aura accompli une série de chantiers importants.

C’est un cycle important qui a pris fin ce mercredi. Jos Donvil, à la tête de VOO depuis 2016, n’est plus le patron de l’opérateur wallon. Le moment est donc propice au bilan, quatre ans après avoir repris les rênes.

A l’époque, les dirigeants de Nethys sont à la recherche d’un nouvel élan. Si la situation financière s’améliore, VOO, comme ses concurrents, se trouve face au défi de la transformation d’un secteur à la recherche de nouvelles sources de revenus.

Cela commence par un renforcement de l’offre. Donvil s’attaque à la plus faible de son catalogue en revoyant complètement la stratégie mobile. A son arrivée, l’offre de VOO sur ce segment est encore timide et l’opérateur se contente d’une alliance légère avec Mobistar. A la fin de cette collaboration, la première  grande décision du Louvaniste sera de nouer un partenariat avec Telenet et de prendre le statut de 'full MVNO', comme on dit dans le jargon. Fini de laisser l’essentiel du travail à un sous-traitant qui est par ailleurs concurrent. Désormais, à l’exception des antennes relais, VOO Mobile est entièrement géré par l’opérateur wallon avec un certain succès. L’entreprise compte aujourd’hui plus de 260.000 abonnés, un sacré bond en avant, le nombre de clients se situant bien en-dessous des 100.000 avant le choix stratégique.

Miser sur la vitesse

En parallèle, l’entreprise a également poursuivi son travail sur l’offre fixe. Comme Telenet au nord du pays, VOO profite du réseau câblé, sa véritable richesse. Mais durant des années, le fameux réseau qui suscite tant d’intérêt a été mal exploité. Il suffit de voir les différences entre le nord et le sud du pays pour s’en rendre compte. Alors que Telenet est le leader indiscutable au nord du pays, côté wallon VOO est à la traîne face au concurrent Proximus.

Devenir leader en Wallonie? Le patron tablait sur dix ans pour y parvenir.

En quelques années, Jos Donvil est néanmoins parvenu à rendre attractive la société au logo rose. Convaincu (à juste titre) que la vitesse de connexion est un élément essentiel pour de nombreux clients, VOO se focalise désormais largement sur ce point. L’entreprise a donné un joli coup de boost à sa vitesse de connexion pour assurer, depuis décembre, des vitesses allant jusqu'à 400 Mbps, "soit le réseau le plus rapide de Wallonie", comme aime le rappeler l’opérateur.  

Devenir leader en Wallonie

Jos Donvil comptait encore largement exploiter le créneau et souhaitait atteindre la vitesse symbolique d’1 Gbps (1.000 Mbps), comme le fait déjà Telenet dans certains secteurs. Le chantier a été lancé officiellement mais sans date de fin annoncée.  Certain de son offre, le patron s’attendait d’ailleurs à voir le succès se traduire dans les chiffres. Devenir le numéro 1 du marché en Wallonie était son ambition. Avec aujourd’hui environ 35% de part du marché en Wallonie, le retard est encore conséquent sur Proximus. Mais ce qui aurait pu passer il y a quelques années pour un doux rêve inatteignable ne semble plus si farfelu que ça. 15% de part de marché à récupérer  sur Proximus? Le patron tablait sur dix ans pour y parvenir. 

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GBps
Depuis la fin de l'année 2019, VOO a lancé son chantier afin d'aboutir progressivement à une vitesse de connexion de 1 Gbps (1.000 Mbps) sur son réseau.

Jos Donvil avait encore dans ses cartons quelques idées de croissance. Très peu présent sur le marché BtoB, le patron comptait sur ce segment pour continuer à faire grimper les chiffres de l’entreprise. Afin de casser une image pas très vendeuse d’intercommunale, VOO travaille désormais aussi dans le domaine de l’innovation. Dernier exemple en date, son partenariat avec la société américaine tech Plume, qui développe des relais wifi intelligents, adaptant la connexion en fonction de l’utilisation au sein du ménage. Son successeur serait fort bien inspiré de suivre la même voie. Reste à savoir le temps dont il disposera et si son rôle ne sera pas cantonné à celui de tenancier de boutique, en attendant la vente de l’opérateur.

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