KPN, Mobistar... des problèmes téléphonés

©REUTERS

Les suppressions d'emplois chez KPN et Mobistar évoquées ce mardi n'ont rien de surprenant. Malgré cette impression de secteur en ébullition façonnée par les rapprochements entre opérateurs, les sociétés verront leurs revenus encore mis à mal cette année. Et ce, pour trois raisons principales.

200 emplois menacés chez Mobistar, 2.000 chez KPN, ces économies de coûts colportées ou assumées rappellent la réalité du secteur européen. Ces derniers mois, les fusions et acquisitions (M&A) avaient fait diversion. Pour peu, on en aurait oublié les risques planant sur les activités de téléphonie.

L'idée de voir Vodafone et AT&T investir dans un même réseau convenait aux régulateurs. Car, malgré ces dépenses, la pression sur les prix resterait forte. Ce qui sous-entend que les consommateurs ont le choix. Mais les perspectives financières des telcos européens ne s'en sont pas pour autant améliorées...

Les estimations à 12 mois des analystes n'ont pas foncièrement changé, indiquait récemment le broker Macquarie. Surprenant constat au regard des mouvements sur le marché des changes et la prudence dans le discours des directions.

Les groupes télécoms rencontrent encore des obstacles à la croissance de leurs revenus: la réglementation, la concurrence et le progrès.

 

1. Kroes control

Le premier fardeau pesant sur les chiffres d'affaires des opérateurs, c'est la réglementation. "Moins sensible à la crise, le secteur des télécoms est le plus malmené d'un point de vue réglementation", nous affirme Bart Jooris, analyste chez Degroof.

Un exemple avec la proposition de marché unique de la commissaire européenne de la société numérique, Neelie Kroes, censée mettre fin notamment au roaming. "Le package télécom de Kroes va faire disparaître une source de haute marge de l'EBITDA", précise Bart Jooris.

Le marché belge est exposé de façon disproportionnée à cette réglementation. Mobistar perçoit environ 10% de son chiffre d'affaires via le roaming.

 

2. Price War

La baisse substantielle des tarifs, communément appelée guerre des prix, a ensuite intensifié la concurrence dans la téléphonie mobile. Chez nous, Telenet avait lancé les hostilités avec ses abonnements King et Kong en juillet 2012. Belgacom a tenté d'encaisser le choc, tandis que Mobistar a accusé une dégradation marquée de ses revenus mobiles.

Les réductions de prix menées ces 12 derniers mois continueront d'influencer négativement le bilan des opérateurs, estimaient encore la semaine dernière les analystes de Credit Suisse.

 

3. Work in progress

Dernière pierre d'achoppement, les dépenses, en particulier dans l'amélioration technologique. "Les groupes doivent investir davantage dans leur réseau, pour offrir la 4G par exemple. Mais ces dépenses présentent aussi des opportunités. Avec une meilleure offre, on s'attend à une augmentation de l'utilisation et des utilisateurs", souligne l'analyste de Degroof.

Autrement dit, les opérateurs tenteront d'obtenir une prime de leurs clients en leur permettant de surfer à très haut débit.

 

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