KPN ne veut plus de Dominique Leroy comme CEO

©BELGA

L'opérateur néerlandais annonce, dans un communiqué, retirer la nomination de Dominique Leroy, ex-patronne de Proximus. De son côté, Stefaan De Clerck, président du conseil d'administration de Proximus, affirme que son retour à la tête de l'opérateur belge n'est pas à l'ordre du jour.

"KPN a le regret d'annoncer que Madame Dominique Leroy n'est plus candidate à la procédure de nomination d'un nouveau CEO et de président du comité de direction de KPN." C'est en ces mots que KPN annonce ce lundi matin sa sentence.

Dominique Leroy avait été choisie pour prendre la direction de l'opérateur KPN en décembre. Sous la pression des syndicats belges, elle avait accepté de quitter ses fonctions chez Proximus  le 20 septembre. Mais, c'était sans compter le lancement d'une enquête à son égard pour soupçon de délit d'initié.

En août dernier, elle avait procédé à une vente d'actions Proximus. La FSMA s'était emparée du dossier et avait entamé une analyse du dossier. Peu après, le parquet avait lancé, de sa propre initiative, une enquête avec, à la clef, des perquisitions.

Aujourd'hui, il indique qu’il s’agit d’une bonne décision. "KPN envoie un message clair au marché, ce qui était nécessaire", a-t-il notamment expliqué à nos confrères du Standaard. "L’intérêt de la justice belge sur cette transaction a donné une dimension supplémentaire au dossier et rendu son éventuelle nomination encore plus complexe". Il ajoute toutefois que le "cas Leroy" doit être un véritable case-tête compte tenu que les résultats de l'enquête pour délit d'initié ne sera pas connus avant des mois.

KPN refroidi par les incertitudes

Pourquoi un tel revirement de situation de la part de la direction de KPN? Dans le communiqué, le conseil indique que la durée de la procédure d'enquête est "peu claire" et "imprévisible".

Duco Sickinghe, président de KPN. ©Dieter Telemans

"Le conseil d'administration de KPN considère que ces incertitudes concernant le timing ne sont pas dans l'intérêt de KPN et de toutes les parties prenantes."

Le président de KPN, Duco Sickinghe, évoque une décision difficile à prendre. Il relatait encore la semaine dernière dans nos colonnes les raisons pour lesquelles il avait jeté son dévolu sur Dominique Leroy. Un choix auquel il a donc finalement dû renoncer. 

Conséquence de cette annonce, l'assemblée générale de KPN, prévue le 28 octobre prochain, a été annulée. Celle-ci devait être l’occasion de présenter aux actionnaires la nouvelle dirigeante de la société. Il y a deux semaines, au lendemain de l’annonce des perquisitions, KPN confirmait encore le maintien de cette assemblée générale, précisant même qu’il ne s’agissait pas d’un vote.

Dans l'intervalle, le responsable opérationnel, Joost Farwerck, assume la direction intérimaire du groupe.

De retour chez Proximus?

Interrogé sur la question, le cabinet du ministre en charge des Télécoms Philippe De Backer est peu bavard. "Le départ de Dominique Leroy est sa décision. La non-nomination est la décision de KPN", explique Lotte Van Der Stockt, porte-parole. Quant à la désignation d'un successeur à la direction de Proximus, la tâche relève, insiste-t-elle, de la compétence du conseil d'administration, pas du ministre.     

Il n’est donc techniquement pas impossible pour Dominique Leroy de se porter candidate à sa propre succession.

Stefaan De Clerck, président du conseil d'administration de Proximus, affirme, de son côté, que, bien qu'il ait le plus grand respect pour le travail effectué par Dominique Leroy à la tête de Proximus, son retour n'est pas à l'ordre du jour. "Sa démission a été validée par le conseil d'administration le 20 septembre, son retour n'est donc pas à l'ordre du jour. Nous devons désormais prendre notre temps pour laisser redescendre les tensions. Entre-temps, nous avons lancé la procédure avec des chasseurs de têtes. 

La procédure étant ouverte, il n’est donc techniquement pas impossible pour Dominique Leroy de se porter candidate à sa propre succession. "J’ignore si elle y pense. Tout le monde a le droit de postuler, mais sa dernière position était de mettre fin à sa collaboration avec Proximus."

La procédure de recrutement n’en est toutefois qu’à ses débuts. "Nous espérons obtenir pour fin octobre les premiers résultats avec de premiers candidats", explique encore le président du conseil.

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