KPN sous l’œil intéressé d’EQT

L'opérateur néerlandais aurait entamé des discussions avec le fonds EQT. ©REUTERS

Selon Bloomberg, le fonds suédois et l’opérateur néerlandais auraient entamé des discussions concernant un possible rachat. Les négociations n’en seraient qu’à leur début mais l’annonce fait frétiller le marché.

KPN suscitait particulièrement l’intérêt des analystes ce lundi. Pas question cette fois d’annonces retentissantes ou de résultats trimestriels mais juste de sérieuses rumeurs. Selon Bloomberg, qui avance avoir reçu l’information par des sources anonymes, l’opérateur néerlandais serait actuellement en négociations avec le fonds suédois EQT. Les deux parties en seraient aux premières étapes de discussions concernant un possible rachat de l’opérateur néerlandais. L’annonce a été plutôt bien accueillie par le marché. Si la transaction devait effectivement avoir lieu, elle serait la plus importante jamais réalisée pour le fonds suédois.

Pour l’heure, KPN mène toujours la danse, mais doit toutefois faire face à de très solides concurrents.

À l’origine seule sur le marché néerlandais, KPN a vu sa domination de plus en plus mise à mal par une concurrence exacerbée. Pour l’heure, l’entreprise mène toujours la danse avec encore une grosse trentaine de pour-cent du marché. Il doit toutefois faire face à de très solides concurrents, dont T-Mobile et Vodafone Ziggo, et un joli paquet d’acteurs MVNO, ces entreprises ne disposant pas de leur réseau propre. KPN, qui avait recruté l’ex-patronne de Proximus, Dominique Leroy, avant finalement de se rétracter suite aux suspicions de délits d’initié, est confrontée à une série de défis comparables à ceux auxquels est confronté l’opérateur semi-public belge. L’entreprise s’est notamment lancée il y a quelques années dans un large plan de généralisation de la fibre optique sur son réseau.

28%
En 2012, le milliardaire Carlos Slim avait racheté 28% des parts de KPN.

Aujourd’hui, l’actionnariat du groupe se répartit en une dizaine d’investisseurs. Son principal détenteur est America Movil, le groupe de télécoms mexicain du milliardaire Carlos Slim. Le groupe détient aujourd’hui un peu plus de 16% des parts de l’entreprise. Épargnée par les gros changements d'actionnariat depuis 7 ans,  l’entreprise a toutefois difficilement dirigé l’arrivée du patron mexicain parmi ses propriétaires. En 2012, l’investisseur avait acquis 28% de l’entreprise à 8 euros l’action. Ses différentes tentatives pour continuer à prendre plus de place dans l’entreprise furent considérées comme hostiles et combattues par le CA du groupe avec le soutien du gouvernement. Depuis, Carlos Slim a fait plusieurs pas en arrière en revendant peu à peu une partie de ses parts.

Télécom maltais et fibre néerlandaise

Aujourd’hui encore, le gouvernement a son mot à dire lorsqu’il s’agit de revoir l’actionnariat. L’investisseur potentiel devra donc montrer patte blanche et être des plus convaincants. EQT n’est toutefois pas vraiment un novice au niveau des investissements de taille. Le fonds, détenu majoritairement par la famille suédoise Wallenberg, est l’un des fonds scandinaves les plus importants. Son site internet renseigne une centaine d’investissements allant de quelques millions d’euros à plus de 500 millions d’euros pour une valeur totale dépassant les 40 milliards d’euros. Les investissements du groupe sont assez variés, avec un goût certain pour les entreprises technologiques. EQT a également quelques billes dans le secteur des télécoms. La société a notamment racheté en mai 2019 Melita, l’un des principaux opérateurs de Malte. EQT a également de belles positions dans plusieurs entreprises spécialisées dans le déploiement de la fibre optique, dont l’américain Segra.  Le fonds suédois est aussi le propriétaire du néerlandais Delta Fiber, qui sera notamment en charge du déploiement de la fibre pour Proximus en Flandre.

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