L'acquisition de VOO serait bienvenue pour Orange Belgium

©Photo News

Après Orange Belgium, Telenet a marqué son intérêt pour VOO. Pour le premier, dont les perspectives sont mitigées, un tel rachat serait le bienvenu.

La course pour l’acquisition de VOO n’est visiblement pas terminée. Le groupe Telenet a affirmé ce week-end qu’il était prêt à mettre sur la table entre 1 et 1,3 milliard pour racheter le câblo-opérateur wallon. Le conseil d’administration de Nethys avait pourtant indiqué le 4 avril dernier que VOO n’était pas à vendre. "Nous le respectons, mais nous espérons aussi, bien sûr, que cette position ne sera pas éternelle, notamment à notre égard", a déclaré le CEO de Telenet, dans une interview publiée dans notre édition du 14 avril. Il a d’ailleurs reconnu que des contacts ont eu lieu récemment entre les deux parties.

Pour Ruben Devos, analyste chez KBC Securities, le raisonnement stratégique derrière ce possible rachat est "assez simple". "Avec les acquisitions de Base en 2016 et de SFR Belux en 2017, Telenet deviendrait un opérateur télécoms national disposant à la fois de réseaux fixes et mobiles. Il y a des synergies de coûts intracâbles claires avec une hausse probable du chiffre d’affaires", explique-t-il. L’analyste estime après une première évaluation que les synergies peuvent atteindre 15% des dépenses d’exploitation (opex) totales de VOO.

Mais les autorités de la concurrence pourraient mettre des bâtons dans les roues de Telenet. Selon Ruben Devos, un tel rapprochement pourrait conduire à une position dominante conjointe dans les deux parties du pays. Un problème déjà relevé par d’autres analystes auparavant. Dans une note publiée le 3 avril dernier, le broker américain Raymond James pense que du point de vue de la réglementation, Orange Belgium est le mieux positionné pour gagner la course. Il évalue à 16% les parts de marché Orange Belgium-VOO contre 51%.

Tout cela illustre une nouvelle fois la forte concurrence dans le secteur des télécoms en Belgique. Si Orange Belgium franchit la ligne en premier, Raymond James a calculé que Telenet pourrait perdre environ 10 millions d’euros en termes d’ebitda à partir de 2023 (soit 1% de l’ebitda du groupe). "Un tel partenariat [entre Orange Belgium et VOO] créerait un opérateur convergent pleinement capable de concurrencer Telenet et Proximus", souligne le courtier.

Un premier trimestre plus faible pour Orange

L’acquisition de VOO serait donc la bienvenue pour Orange Belgium, qui connaît un ralentissement de ses activités. Il doit d’ailleurs publier ses résultats pour le premier trimestre 2018 ce vendredi matin. Et pour la première fois sous le standard comptable IFRS15. Les analystes tablent en moyenne sur un recul de 1,3% des revenus, à 300,2 millions d’euros contre 307,2 millions au premier trimestre 2017. Le résultat net consolidé pourrait, lui, tomber à 5,7 millions d’euros, en chute de 60,6% par rapport à la même période.

Chez Bloomberg Intelligence, les analystes pensent qu’Orange Belgium pourrait réaliser des ventes nettes meilleures que prévu dans le segment mobile pour particuliers, car le lancement de tarifs avec data illimitées en février devrait limiter la perte de dynamique dans un premier trimestre traditionnellement faible. Le chiffre d’affaires moyen par utilisateur (ARPU) devrait continuer de croître. Mais "cela ne suffira pas à compenser la perte d’environ 30 millions d’euros de chiffre d’affaires provenant des MVNO (opérateurs de réseau mobile virtuel, NDLR) attendue pour l’ensemble de l’exercice", reconnaissent-ils.

Telenet en meilleure santé

De son côté, Telenet devrait bien mieux se porter. Le consensus s’attend à une hausse des revenus trimestriels à 631 millions d’euros (soit 0,74 euro par action), contre 616 millions (0,58 euro) un an auparavant. La banque britannique Barclays rappelle que le régulateur belge doit déposer prochainement auprès de la Commission européenne ses propositions pour le câble, ce qui offrira une visibilité sur la trajectoire probable des coûts. "Nous prévoyons actuellement une réduction de 2 euros par mois du prix de gros, un résultat qui, selon nous, serait bien géré dans la guidance de Telenet. Néanmoins, nous voyons l’événement comme une pression à court terme pour la société." Telenet dévoilera ses chiffres le jeudi 26 avril, avant l’ouverture des marchés européens.

Quant aux résultats trimestriels de Proximus, il faudra attendre le vendredi 4 mai. Les analystes de Bloomberg Intelligence estiment que la faiblesse du segment mobile devrait se poursuivre. "Les performances opérationnelles de Proximus seront plus volatiles à l’avenir en raison de la concurrence croissante en matière de convergence, du rétrécissement de la différenciation des réseaux mobiles et du recours croissant à des revenus TIC fluctuants."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content