L’ado Mobile Vikings veut devenir grand

Bart De Groote, le CEO de Mobile Vikings s'intéresse désormais au sud du pays. ©Dieter Telemans

Avec une structure la plus légère possible, l’opérateur flamand passe la crise sanitaire sans le moindre problème. Pour poursuivre sa croissance, il mise désormais sur le sud du pays.

La pandémie fait mal économiquement. L’intensité de la douleur est toutefois très variable. Les résultats semestriels des trois grands opérateurs ont confirmé que le secteur des télécoms n’était pas le plus à plaindre. Dans le milieu, un acteur ne ressent même rien, ou presque. Peu connu dans la langue de Molière, Mobile Vikings navigue pourtant dans cette période sans vraiment d’accroc. "Au quatrième jour du confinement, nos 70 employés travaillaient de chez eux. Il y a eu une petite baisse sur la productivité lors des premières semaines mais par la suite, nous avons même eu de meilleurs résultats", assure Bart De Groote, le CEO de la marque mobile qui profite de son business model pour passer entre les gouttes. "Nos produits sont uniquement disponibles en digital. La fermeture des shops n’a donc eu aucun impact sur nos ventes", assure-t-il. Au niveau technique, la marque ne dispose pas de son propre réseau et loue celui d’Orange.

2019 sous tension

En réalité pour Mobile Vikings, la période difficile n’était pas 2020 mais un an plus tôt. "Nous venons de réaliser trois grosses migrations techniques. Les deux dernières qui se sont déroulées en 2019 ont été compliquées", explique sans détour Bart De Groote. Début 2019, les bugs techniques sont tellement nombreux que la marque est obligée de fermer son service clientèle, submergé par les plaintes. "La période compliquée est désormais derrière nous. On a pu le constater commercialement et aussi lorsqu’on se penche sur notre NPS (une note marketing se basant sur les recommandations de clients, NDLR) qui est le plus élevé du secteur", assure le patron.

"Nos produits sont uniquement disponibles en digital. La fermeture des shops n’a donc eu aucun impact sur nos ventes."
Bart De Groote
CEO de Mobile Vikings

Comme le veut la tradition chez les opérateurs non cotés, on n’est pas trop fan des chiffres chez Mobile Vikings. "Nous avons plus de 300.000 clients et on continue à croitre", se contentera le patron. Le bilan de 2019 indique lui un chiffre d’affaires dépassant les 67 millions d’euros pour un bénéfice à reporter de 6,6 millions d’euros.

Croissance wallonne

Pour confirmer la bonne tendance, le groupe se focalise depuis quelques mois sur le sud du pays, encore largement sous-exploité par la marque.  "On y a beaucoup plus investi depuis la fin de l’année dernière et on constate déjà les résultats. Désormais, les francophones représentent plusieurs dizaines de pour-cent de notre base client. Ce n’est donc plus marginal comme ce l’était avant. La croissance est aussi plus forte au sud qu’au nord du pays", assure encore le patron. Afin de se faire remarquer, l’entreprise multiplie les initiatives avec notamment des offres largement en dessous de la moyenne et quelques premières. "Nous avons par exemple récemment lancé une offre permettant de tester un abonnement et d’être remboursé en cas d’insatisfaction. C’est une première sur le marché. C’est une offre nécessaire pour nous. On doit mettre en place des initiatives pour montrer à ceux qui ne nous connaissent pas que nous sommes un opérateur fiable."

"On doit mettre en place des initiatives pour montrer à ceux qui ne nous connaissent pas que nous sommes un opérateur fiable."
Bart De Groote

Reste désormais à la société à convaincre un public plus âgé. Fondée il y a 11 ans, la marque a toujours très largement mis le focus sur une clientèle jeune. "Nous attirons assez facilement les jeunes ce qui crée du coup une distance avec des clients de plus de trente ans. On souhaite donc davantage s’ouvrir mais en gardant notre ton et notre image drôle. L’émotionnel joue beaucoup dans notre image", explique Bart De Groote. L’attrait d’un public plus âgé commence toutefois à se généraliser. "Notamment parce que ceux qui nous suivent depuis le début ont aussi pris de l’âge", sourit le patron. "Disons que l’adolescent que nous sommes devient plus mature."

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