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L'argent, une des raisons du départ de Dominique Leroy de Proximus... mais pas la principale

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Pour les chasseurs de tête, le choix de changer de crémerie n’est pas (seulement) motivé par la perspective de gagner plus pour des CEO du niveau de Dominique Leroy.

Qu’est-ce qui fait courir les CEO du niveau de Dominique Leroy d’une entreprise à l’autre? Le salaire? L’intérêt de la fonction? Un nouveau challenge? La soif d’un pouvoir accru? Tout cela à la fois sans doute, estiment les chasseurs de tête spécialisés dans les fonctions de très haut niveau.

La rémunération en fait partie certainement, surtout compte tenu des plafonds imposés aux managers publics en Belgique, mais elle est accessoire. "Même à 650.000 euros de salaire de base, Dominique Leroy était sans doute deux à trois fois en dessous de la plupart de ses collègues du secteur", calcule un recruteur de haut niveau. "Si Dominique Leroy était ‘money driven’, elle serait partie dans un fonds de private equity, où elle aurait été bien mieux payée. Et en toute discrétion…", précise Olivier Knapp, responsable du bureau de Bruxelles du cabinet SpencerStuart.

De l’avis des analystes, le monde entier pouvait vouloir Dominique Leroy. "Elle a clairement fait ses preuves comme patronne. Elle a marqué Proximus de son empreinte, mais surtout, c’est une femme!" Elles ne sont que 2 dans les télécoms en Europe. Et l’on sait que toutes les entreprises s’efforcent de féminiser leur management.

L’attrait de l’international

Le fait de passer dans une entreprise d’envergure internationale a certainement dû peser dans la balance. "Proximus est le dernier acteur strictement local en Europe. L’international manquait à son arc", analyse encore un proche de la maison.

"Même à 650.000 euros de salaire de base, Dominique Leroy était sans doute deux à trois fois en dessous de la plupart de ses collègues du secteur."

Et puis il y a sans doute aussi une forme d’usure après 6 ans de maison. "C’est extrêmement long à ce niveau et dans ce secteur. Dominique Leroy a transformé Belgacom pour en faire Proximus. Aujourd’hui, plus personne ne se souvient de Didier Bellens…" Sans compter sans doute une certaine lassitude des jeux politiques belgo-belges.

Elle est donc certainement avide de nouveaux défis. "Et ce n’est pas qu’une phrase", poursuit ce spécialiste. "À ce niveau, les CEO fonctionnent beaucoup à l’adrénaline. Il y a une réelle soif de pouvoir et le changement ne fait pas peur. Chez Proximus, elle risque donc de tourner en rond alors que chez KPN, tout est à faire." À ce niveau, le patron veut avoir un impact sur une organisation: "Une société qui tourne ne l’intéressera pas ou plus, au contraire de la perspective de mener à bien une restructuration ou une fusion par exemple", explique Knapp.

Élevée dans les deux cultures francophone et néerlandophone, Dominique Leroy ne risque pas d’être décontenancée par la différence culturelle. Et elle a l’avantage de bien connaître Duco Sickinghe, le président de KPN. "Avec qui elle s’entendra sans doute mieux qu’avec Stefaan De Clerck", lâche un proche.

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

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