L'énergie a fait gonfler les chiffres de Tecteo

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Le groupe Tecteo enregistre un chiffre d’affaires consolidé de 616 millions d’euros en 2013, en hausse de 7,9% par rapport à 2012. Il va distribuer 42,75 millions de dividendes à ses actionnaires.

Critiqué de toutes parts pour sa stratégie de développement marquée par des acquisitions tous azimuts, le groupe Tecteo devrait présenter de bons chiffres pour l’exercice 2013. Selon différents rapports dont nous avons eu connaissance et qui seront présentés aux assemblées générales ordinaire et extraordinaire prévues le 20 juin prochain, l’opérateur multifacettes a réalisé, l’an dernier, un chiffre d’affaires consolidé d’environ 616 millions (615.974.216,25 euros), en progression de 7,9% par rapport à 2012 (570.858.881,34 euros). Les produits des ventes et participations s’élèvent à 808,6 millions (743,93 millions en 2012).

Le groupe dirigé par Stéphane Moreau affiche un bénéfice net consolidé de 88,3 millions d’euros, réparti à concurrence de 73,2 millions pour la part du groupe et 15,1 millions pour la part des tiers. Par rapport à 2012, ce résultat positif traduit une forte augmentation (+ 40%) dans la mesure où un an plus tôt, il affichait un bénéfice net consolidé d’environ 63,01 millions dont 58,78 millions pour la part du groupe et 4,23 millions pour les tiers. Les dirigeants de Tecteo Group, désormais baptisé Publifin, n’étaient pas disponibles hier pour nous commenter les résultats. Mais selon nos informations, à l’exception de l’activité de télécommunications (Voo, lire ci-contre), tous les secteurs seraient bénéficiaires. Le groupe payera environ 2,16 millions d’impôts sur son résultat.

Le secteur de l’énergie en pointe

Les différents secteurs d’activité de l’ex-Tecteo Group, dont les activités opérationnelles sont aujourd’hui logées dans une filiale de droit privé, Nethys, ont donc diversement contribué aux résultats. L’activité de Gestionnaire de réseau de distribution (GRD) d’électricité (secteur 1) réalise un bénéfice de 46,12 millions d’euros pour l’exercice 2013. Elle présentait un bas de laine reporté de l’exercice précédent de plus de 105 millions (107.703.533 euros). Grâce à cette bonne performance du secteur, les dirigeants vont proposer lors de l’assemblée générale ordinaire d’affecter 8,95 millions au titre de rémunération du capital.

42,75 millions de dividendes

L’activité de GRD pour le Gaz (ex-ALG, secteur 5) est également bénéficiaire, avec un résultat net positif de près de 42 millions (41.795.862,81 euros) pour 2013 et un profit net reporté de l’exercice précédent de près de 50 millions (49.777.106,94 euros). Il est proposé ici de distribuer un dividende de 22 millions d’euros aux actionnaires.

Le secteur 3, qui regroupe la branche d’activité du secteur du renouvelable (installation de parcs éoliens onshore), Tecteo Energy), a dégagé l’an dernier un profit net de 8,35 millions à côté d’un bénéfice reporté de 10,04 millions. Les actionnaires devraient se repartir une enveloppe de 8,1 millions.

Le secteur 4 (les participations financières) a clôturé 2013 avec un résultat net de quelque 17,5 millions et va distribuer 3,7 millions aux actionnaires. Publifin va donc distribuer aux actionnaires un total de 42,75 millions d’euros. Il a distribué en 2012 des dividendes pour un total de 30,8 millions et 41,8 millions en 2011. Publifin a près de 80 associés (Province de Liège, 76 communes, Brutélé, Région wallonne).

Voo en perte

Voo, la marque de télécommunications de Tecteo Group, ne renoue pas encore avec des résultats bénéficiaires. L’opérateur, qui a lancé une offre mobile à l’automne 2013, a clôturé son exercice l’an dernier sur une perte de plus de 59 millions d’euros (59.258.773,14 euros). Par rapport aux années précédentes, il s’agit d’une légère amélioration. "En terme de croissance, l’année 2013 s’est révélée être une excellente année pour Voo. Celle-ci se traduit par une augmentation importante du nombre de produits installés, ensuite par le lancement commercial de l’offre mobile qui permet désormais à la marque de se positionner comme un acteur quadruple play (offre mobile, TV, Internet, téléphone fixe)", indiquent les dirigeants dans le rapport de gestion.
Ils soulignent que depuis le lancement du décodeur télévisuel VOOcorder en octobre 2009, près de 60% des abonnés ont fait le choix de la télévision numérique.
Ils précisent que l’obligation d’ouverture du câble que leur a imposé la Conférence des régulateurs du secteur des communications électroniques/CRC (CSA, Medienrat, VRM, IBPT) est une mauvaise chose. D’après eux, cette décision va fragiliser la rentabilité de l’activité Télécom et freiner les investissements pour moderniser le réseau. Ils jugent le prix forfaitaire de mise à disposition des services (750.000 euros) insuffisant. Il ne permettrait pas de couvrir les coûts importants de développement des services à mettre à la disposition de l’opérateur demandeur, ni les prix mensuels des services. "On peut donc légitimement s’interroger sur les raisons qui ont poussé les régulateurs à favoriser les conditions de l’ouverture du câble, d’autant que ce marché a évolué vers le quadruple play et que d’autres acteurs du marché sont en position bien plus avantageuse que Tecteo pour offrir des services convergents fixes-mobiles et que le câble en Wallonie représente une part négligeable du chiffre d’affaires annuel du marché de Télécom belge", notent-ils.

Dette de 850 millions

Les comptes consolidés laissent entrevoir un niveau de dettes assez élevé. Elles s’élèvent à plus de 850 millions (859.833.426,37 euros) à fin décembre 2013 (701.433.081 en 2012). Selon des sources proches du dossier, elles s’expliqueraient par l’émission d’obligations pour financer notamment les acquisitions et par le fait que certaines cessions d’actifs n’auraient pas été réalisées en raison de la mauvaise conjoncture. Le groupe a des réserves disponibles évaluées à environ 1,6 milliard.

Dans le rapport de gestion, les dirigeants estiment que certains éléments pourraient influencer à la baisse ses résultats à l’avenir (risque de redevances de voiries à charge des impétrants, modalités de rémunération équitable des GRD, etc.).

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