L'enregistrement des cartes prépayées emporte Aldi Talk, Simyo... et puis?

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La loi sur l’enregistrement des utilisateurs de cartes prépayées aura eu raison des opérateurs virtuels Aldi Talk et Simyo.Un début avant que d’autres ne suivent le même chemin?à voir. Les grands opérateurs seraient eux avantagés…

Clap de fin pour Aldi Talk et Simyo. La législation post-attentats sur l'enregistrement des utilisateurs de cartes prépayées aura eu raison du business des deux opérateurs virtuels. Au total, ces deux arrêts de service représenteraient une perte sèche d'environ 50.000 clients mobiles pour Aldi, tient-on à bonne source, et de quelques milliers pour Simyo dont les utilisateurs se voient quand à eux proposer une alternative. En effet, leurs clients sont invités à migrer avant le 1er mai vers Base (Telenet), partenaire de Simyo, où ils continueront de bénéficier, moyennant quelques enregistrement, d’une carte prépayée et de leur numéro de GSM actuel.

«Nous n’étions pas en mesure d'enregistrer les cartes prépayées dans nos magasins.»
Aldi Talk
Opérateur virtuel d’ALDI

En guise de message d’adieu, Aldi annonçait lundi qu’"Aldi Tak Belgium cessera d'exister le 6 juin" quand Simyo indiquait qu'il "arrête ses activités en date du 7 juin" . Simple hasard de calendrier? Non. Depuis les attaques du 22 mars qui ont frappé la Belgique, les opérateurs se sont vu imposer l’obligation d’identifier et d’enregistrer tout utilisateur de carte prépayée sur le territoire, sans quoi leur service sera désactivé purement et simplement à terme.

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Ultimatum? Le 7 juin. Un délai serré, oui, mais surtout un processus lourd et fastidieux. Or, pour de petits acteurs comme l’opérateur virtuel Aldi Talk, sa structure n’était pas adaptée pour faire face à ce nouveau cadre légal. "Nous n’étions pas en mesure d'offrir l’enregistrement des cartes dans nos magasins", avoue volontiers la chaîne de supermarchés.

A cela, il convient d’ajouter que ces nouvelles obligations ont aussi occasionné des frais importants dans le secteur. "Or, certains acteurs étaient plus fragiles financièrement que d'autres", analyse un spécialiste. Une réalité qui s’accompagne d’"une pression certaine sur les prix" du marché du mobile en Belgique, d’après David Wiame, porte-parole chez Test-Achats. C’est cette situation complexe qui pousse aujourd’hui les opérateurs alternatifs à se poser la question de l’abandon de leurs activités mobiles pour se recentrer sur leur cœur de métier. Ce que certains ont fait, décidant ainsi de tourner la page.

62%
A la fin mars, 45% des utilisateurs de cartes prépayées étaient enregistrés, à la mi-mars ce pourcentage était de 40% et à la mi-février de 31%. À ce rythme, 62% seront enregistrés d’ici le mois de juin.

A qui le tour?

Vu ces circonstances, les grands opérateurs ne partiraient-ils pas avantagés dans la course à l’enregistrement? "Tout le monde a le droit et la possibilité de poser un choix. C'est une question de priorité", nous rétorque-t-on simplement chez un acteur important du secteur. Libre aux petits de décider d’investir pour continuer d’exister donc. Chacun jugera. Une chose est sure, à environ deux mois de la date butoir, de nombreuses questions restent en suspens: qui sera le prochain après Aldi Talk et Simyo? Quel avenir pour les opérateurs virtuels?

©Flickr: beve4 (Creative Commons)

Si tous les acteurs n’ont pas souhaité communiquer sur le sujet, du côté de Carrefour Belgique dont Carrefour Mobile n’est pas sans faire penser à Aldi Talk, Baptiste van Outryve, porte-parole de la chaîne, est affirmatif: "nous continuerons à vendre des cartes prépayées", même s'il ne souhaite pas communiquer de chiffres sur les performances de cette activité au sein du groupe. L’enregistrement se fera en ligne pour limiter les coûts. Chez Mobile Viking, il nous revient aussi que "les cartes prépayées auront toujours une place parce qu’il y aura toujours des clients qui y voient un avantage particulier". Même son de cloche chez d’autres acteurs interrogés. Wait and see donc... en l’attente d’autres noms d’opérateurs.

Concernant les grands opérateurs, les préparations vont bon train. Une réunion entre les poids lourds du secteur devrait se tenir vendredi. L'objectif? Déterminer les grandes lignes de la stratégie à adopter car, en l’état, un nombre significatif de cartes n’ont toujours pas été enregistrées. Pourtant, le 7 juin se rapproche à grands pas. De même que le risque de potentiellement perdre des clients à la fin du processus. Un risque à limiter à tout prix.

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