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L'iPhone 12 émettrait trop d'ondes, faut-il s'en inquiéter?

Ce mardi, alors qu'Apple présentait son iPhone 15 lors de son événement annuel, l'Agence nationale française des fréquences (ANFR) a également décidé de faire une sortie, mais bien moins festive. ©REUTERS

L'Agence nationale française des fréquences a décidé de retirer temporairement de la vente les iPhones 12. Ces derniers émettraient un niveau d'ondes trop important. Inquiétant?

L'annonce ne pouvait sans doute pas tomber plus mal pour le géant à la pomme. Ce mardi, alors qu'Apple présentait son iPhone 15 lors de son événement annuel, l'Agence nationale française des fréquences (ANFR) a également décidé de faire une sortie, mais bien moins festive.

Suite aux résultats d'une étude menée sur les appareils du groupe américain, l'ANFR a décidé de retirer temporairement de la vente l'iPhone 12. Une décision prise suite à des résultats indiquant des émissions d'ondes supérieures à la norme en vigueur en France (qui est la même qu'en Belgique).

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"En termes d’exposition, vous êtes des centaines de fois plus exposé par le rayonnement de votre téléphone que par celui de l’antenne."

Claude Oestges
Professeur à l'UCLouvain

Si on parle souvent des normes d'émission d'ondes des antennes, il en existe également une pour les téléphones, qui émettent aussi des ondes pour se connecter au réseau. "En termes d’exposition, vous êtes des centaines de fois plus exposé par le rayonnement de votre téléphone que par celui de l’antenne", nous expliquait d'ailleurs, il y a trois ans, Claude Oestges, professeur de physique et de systèmes de communication à l'UCLouvain.

Cette source d'émission est donc bien plus importante à surveiller. Alors que les ondes sont mesurées en volts par mètre pour les antennes, elles le sont en watts par kilogrammes pour les téléphones. Cela correspond à la part d'énergie absorbée directement par les tissus humains. Elle est de maximum deux watts par kilogramme lorsque le téléphone est en contact avec l'oreille et de quatre watts par kilogrammes pour les contacts avec le tronc du corps. L'étude menée par l'autorité française indique un dépassement de 1,74 watt sur cette deuxième précaution.

Problème facile à régler

Faut-il, dès lors, s'inquiéter? À priori, pas vraiment. D'abord parce que le problème est, très probablement, facilement réglable. Le fait qu'il apparaisse sur un téléphone qui était, jusqu'ici, conforme aux normes, indique que le problème vient probablement d'une mise à jour, ce qui est donc réglable de la même manière.

"Il est de mon devoir de réagir et de m'assurer que tous les citoyens du Royaume soient en sécurité et protégés de tout potentiel danger."

Mathieu Michel
Secrétaire d'État à la digitalisation

En attendant de trouver la solution, les risques sont, par ailleurs, très limités pour la santé, pour ne pas dire inexistants. Les différentes réglementations ont pour objectif d'éviter des échauffements éventuels de tissus, le seul effet prouvé actuellement suite à une forte exposition à des ondes de ce type. Ce phénomène intervient toutefois à des niveaux d'exposition bien plus importants, les autorités ayant pris une marge de sécurité très grande.

La Belgique analyse la dangerosité

En Belgique, le secrétaire d'État à la digitalisation, Mathieu Michel, a annoncé mercredi avoir demandé à l'Institut Belge des services Postaux et des Télécommunications (IBPT) d'analyser la "potentielle dangerosité" de l'appareil. "Il est de mon devoir de réagir et de m'assurer que tous les citoyens du Royaume soient en sécurité et protégés de tout potentiel danger. La santé est un enjeu à ne jamais négliger", a-t-il affirmé dans un communiqué.

"Pour appuyer ma requête que je juge urgente, j'ai demandé d'examiner tous les appareils du groupe Apple ainsi que les autres marques par la suite, d'analyser les ondes électromagnétiques émises par les appareils au regard de la réglementation européenne en vigueur et de proposer des mesures correctives en vue d'une conformité éventuelle", a ajouté M. Michel (MR).  

"Pour l'instant, il est préférable d'attendre la réaction de la société Apple", glissait plus tôt dans la journée Nathalie Dumont, du service communication de l'IBPT, le régulateur du marché des télécoms belges. "Si la société n'effectue pas le nécessaire pour se mettre en ordre comme demandé par ANFR, une procédure européenne de sauvegarde pourrait être lancée par la France. Dans ce cas, après un délai de trois mois sans réaction d'autres pays européen, la procédure serait applicable dans tous les pays européens et, par conséquent, également en Belgique. Pour l'instant, cette procédure n’est pas encore lancée, mais nous sommes en contact avec nos collègues français", détaille-t-elle.

Ce genre de décision est plutôt rare. Le régulateur confie, d'ailleurs, ne jamais avoir eu de problèmes comparables avec des téléphones en vente chez nous. "Il y a déjà eu des problèmes de conformité plus général, notamment des smartphones importés et qui n'étaient pas destinés au marché européen et pour lesquels une analyse approfondie n'a pas été effectuée, car pas nécessaire", précise encore Nathalie Dumont.

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