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La 5G a sa législation, mais est encore loin du déploiement

Après des mois de négociations, Petra De Sutter, la ministre des télécoms, a finalement pu faire voter le cadre légal de la 5G au codeco. ©Photo News

En trouvant enfin une réponse à la question du 4e opérateur, le codeco s'est enfin mis d'accord sur le cadre légal de la 5G en Belgique. Mais les étapes sont encore nombreuses avant le déploiement massif.

La 5G est officiellement sur les rails en Belgique. Après des mois de négociations, le comité de concertation de ce mercredi a finalement voté le cadre légal du dossier. Autrement dit, l'implantation du nouveau réseau est gravée dans le marbre. La décision est finalement tombée à la suite du déblocage de la question de l'arrivée, ou non, d'un quatrième acteur. Depuis des mois, le point empêchait concrètement d'avancer. Du côté du cabinet, on préfère toutefois se décharger de la responsabilité du retard en expliquant que la décision de se lancer avait été prise en conseil des ministres dès le mois de janvier. Mais avant d'arriver au résultat de ce 24 novembre, le Conseil d'État, les Régions, la Chambre et une consultation publique ont tous eu leur mot à dire. Avec leurs commentaires et interrogations à la pelle, la décision finale a tardé à tomber.

Petra De Sutter, la ministre des télécoms, s'en est finalement sortie en laissant la porte ouverte. Un quatrième acteur pourrait donc faire les démarches pour obtenir une licence 5G et venir titiller les parts de marché d'Orange, Proximus et Telenet. D'un point de vue pratique, une partie du spectre sera réservée à ce potentiel candidat. 30 MHz seront à sa disposition.  "Le nouvel entrant peut choisir de n'acheter qu'une partie de l'ensemble du paquet réservé. Et si finalement aucun candidat supplémentaire ne s'est présenté, le spectre sera dès lors transféré au deuxième tour de la mise aux enchères."

"Si finalement aucun candidat supplémentaire ne s'est présenté, le spectre sera dès lors transféré au deuxième tour de la mise aux enchères."
Le Cabinet de la ministre De Sutter

Rien ne garantit effectivement que la place proposée trouvera preneur. "On laisse l’option au marché. Il décidera si oui ou non il y a un intérêt, et si oui, s'il s’agit d’un intérêt pour le marché soit B2C, soit B2B", précise-t-on du côté du cabinet de la ministre.  Si on reste très prudent sur ce point, c'est parce que les intentions d'acteurs extérieurs d'attaquer sur le marché, surtout au niveau BtoC, sont plutôt très timides, pour ne pas dire inexistantes.

Le régulateur reprend la main

Si la décision d'enfin lancer la 5G est désormais approuvée, l'arrivée concrète du nouveau réseau n'est pas encore pour tout de suite. C'est désormais au tour de l'IBPT, le régulateur du marché, de reprendre la main. Ce dernier sera en charge, comme ce fut le cas pour le déploiement des précédents réseaux, d'organiser la mise aux enchères des fréquences qui seront exploitées par les opérateurs. Une nouvelle étape technique qui aboutira a priori au deuxième trimestre, moment auquel les opérateurs feront les premières offres afin d'obtenir les indispensables fréquences.

Une fois la distribution effectuée, les différents opérateurs devront encore se lancer dans l'installation des antennes et autres moyens techniques nécessaires pour proposer la 5G à leurs clients. "Afin de couvrir 90% de la Belgique, il faut compter sur l'installation de 4.000 antennes. Cela prendra du temps à mettre en place. Au final, la Belgique aura trois à quatre ans de retard par rapport à l'Europe", rappelait récemment dans nos colonnes Remi de Montgolfier, le country manager d'Ericsson, qui travaillera au déploiement des infrastructures des trois opérateurs.

Avancer à tout prix

"Il est maintenant important qu'aucun obstacle n'entrave le déploiement de cette nouvelle technologie."
Voka
L'organisation patronale flamande

Contactés, Telenet, Orange et Proximus préfèrent d'abord analyser en profondeur le texte de la ministre avant de se positionner.  De manière générale, ils saluent néanmoins enfin l'avancée dans ce dossier qui traîne depuis des mois. Alors que l'Europe est déjà à la traîne par rapport à l'Amérique du Nord et surtout l'Asie, la Belgique est aujourd'hui l'un des derniers pays du continent à n'avoir pas encore débuté le processus de vente aux enchères. La plupart de nos voisins, dont la France et l'Allemagne, ont déjà réalisé depuis de nombreux mois la vente aux enchères de leurs fréquences. Les pays les plus avancés  du continent comme le Royaume-Uni et la Suisse disposent, eux, déjà d'offres commerciales.  "Nous accusons déjà plus de deux ans de retard par rapport à nos pays voisins. Il est maintenant important qu'aucun obstacle n'entrave le déploiement de cette nouvelle technologie", explique le réseau d'entreprises flamand Voka, dans un communiqué.

Parmi les possibles entraves, Agoria et le Voka pensent notamment à la question des normes d'émission. Aujourd'hui chaque Région dispose de son propre niveau maximal d'émission d'ondes par antenne. La situation à Bruxelles est pour le moment la plus exigeante et pourrait compliquer le déploiement du nouveau réseau. Un problème qui, lorsqu'il se posera concrètement, ne sera toutefois plus du ressort du Fédéral.

Le résumé

  • Grâce au cadre légal adopté, le dossier de la 5G a connu une avancée importante ce mercredi.
  • Le régulateur du marché peut maintenant débuter la préparation de la mise aux enchères des fréquences.
  • La porte est toujours ouverte à l'arrivée d'un quatrième opérateur.
  • Les étapes sont encore nombreuses avant le déploiement du nouveau réseau.

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