La carte SIM virtuelle débarque en Belgique

©REUTERS

Truphone ouvre le bal des cartes SIM virtuelles sur l’iPhone, permettant, par exemple, d’activer un second forfait sur le pouce.

Le coup d’envoi de l’eSIM est donné en Belgique. En effet, la start-up britannique Truphone vient d’annoncer la première offre compatible avec la technologie de carte SIM virtuelle équipant les nouveaux iPhone d’Apple, commercialisés dans le pays depuis fin septembre.

Sont ici visés les voyageurs qui en ont marre de devoir jongler entre les cartes locales et étrangères, dans le cas où leur opérateur domestique ne proposait pas d’option avantageuse à activer en sus de leur forfait pour leur pays de destination.

Tout se fait via une simple application. Et en quelques clics seulement.

Ici, à la différence des systèmes de double carte SIM, c’en est fini du trombone ou tout autre outil pointu permettant d’ouvrir la fente prévue à l’accueil de la puce – elle est ici directement soudée au terminal. Résultat, tout se fait via une simple application. Et en quelques clics seulement. L’utilisateur sélectionne le forfait de son choix sur l’écran principal, connecte un mode de paiement et voilà. Après avoir scanné un QR-code reçu par e-mail, la solution est prête à l’emploi.

A priori anodin de par la simplicité de l’opération, c’est pourtant une ère nouvelle qu’ouvre la jeune pousse britannique aux côtés d’opérateurs plus classiques comme EE, T-Mobile et Vodafone, respectivement pour le Royaume-Uni, l’Autriche ou l’Allemagne par exemple. Et ce, même si pour l’heure seule la data est disponible à l’achat (compter 6 livres sterling pour 300 Mb quotidiens à l’étranger, dans le cadre du forfait le plus abordable) dans une bonne trentaine de pays (fonctionnant dans 80 autres), dont la Belgique, quand la voix et les SMS, eux, ne suivront que "dans les prochains mois", indique-t-on chez Truphone.

Avec ce genre de solution, les consommateurs disposent désormais (virtuellement) en poche d’autant de cartes SIM que de pays où l’opérateur de leur choix est actif.

En résumé, avec ce genre de solution, les consommateurs disposent désormais (virtuellement) en poche d’autant de cartes SIM que de pays où l’opérateur de leur choix est actif, souligne un spécialiste du monde des télécoms. Et ce, sans compter que l’eSIM leur permettra aussi à terme, pourquoi pas, d’activer un nouveau numéro de téléphone sur le pouce, par exemple limité dans le temps pour permettre les échanges dans le cadre de la vente d’un bien immobilier ou d’un objet sur eBay, voire d’ajouter son forfait pro sur son GSM personnel, sans devoir ouvrir physiquement quoi que ce soit.

Autant de possibles amenés à se généraliser rapidement, de par la popularisation de la technologie liée à son intégration à un appareil grand public tel que l’iPhone. Au total, la firme à la pomme compte d’ailleurs 17 partenaires sur le globe pour l’eSIM, dont dix déjà ont concrétisé leurs ambitions en lançant de premières offres.

Pas en projet chez un Belge

Une concurrence accrue, à terme, pour Proximus, Orange et Telenet? Interrogé, l’opérateur historique se veut rassurant, indiquant avoir eu à maîtriser la carte SIM virtuelle depuis plusieurs années déjà. Et pour cause, "on voit cette technologie comme l’évolution naturelle de la carte SIM actuelle", précise Vincent Vanderstraeten, directeur de la division devices & SIM chez Proximus.

"L’eSIM est l’évolution naturelle de la carte SIM."
Vincent Vanderstraeten
Directeur Devices & SIM chez Proximus

En ce sens, des rencontres ont d’ailleurs eu lieu avec les deux plus gros fournisseurs de cartes au monde, à savoir Gemalto et Giesecke & Devrient (G&D), pour discuter du futur. Pour l’expert, un constat se dégage: "La maturité du système eSIM n’est pas encore là. On en est aux prémices, ce qui implique qu’il reste encore quelques bugs à régler." Par conséquent, il ne prévoit pas un déploiement massif de la technologie avant "courant d’année prochaine ou après".

De son côté, la filiale du géant français des télécoms, dit ne pas savoir quand l’eSIM sera opérationnelle en Belgique. Pour ce qui est d’Orange Group, même son de cloche a priori, aucune annonce n’ayant été faite jusqu’à présent quant à un déploiement.

Enfin, du côté de la maison mère de Base, on nous confirme en interne que les équipes regardent activement au développement d’une solution d’eSIM, bien qu’il "reste des barrières techniques à surmonter", comme en matière de VoLTE notamment, soit la transmission de la voix via 4G.

Barrières à surmonter

La génération est donc loin pour l’instant. D’ailleurs, pour Frédéric Witmeur, CEO du spécialiste brabançon de l’optimisation financière des ressources corporate, CYC2, et ancien employé de la division business d’Orange, Orange Business Services, "il est important de souligner qu’il ne sera pas possible d’utiliser deux forfaits data en même temps", avec un combo SIM traditionnelle et eSIM comme sur l’iPhone. "Il faudra jongler entre deux solutions, ce qui pourrait engendrer des surprises au niveau des factures dans le cas de roaming dans des pays non concernés par la suppression des frais d’itinérance en Europe."

Du reste, autre barrière de taille, il ne faudrait pas oublier que, "dans de nombreux pays, Apple vend ses iPhone avec un abonnement fourni d’office". Les smartphones de la marque à la pomme sont donc verrouillés et ne peuvent fonctionner avec n’importe quel opérateur. Un problème certes moins grave en Belgique où les appareils sont bien moins liés à des abonnements, mais qui pourrait jouer sur le futur de l’eSIM.

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