La co-entreprise Orange-Proximus inquiète les syndicats

Rassemblement des syndicats au moment de l'annonce du plan de restructuration en janvier dernier. ©Photo News

Proximus assure qu'aucun emploi ne sera supprimé dans le cadre du partage de son réseau d'accès mobile avec celui d'Orange. Cependant, les syndicats craignent des conséquences à long terme d'une potentielle vague d'externalisations.

Suite à l'annonce de la signature d'un document prévoyant la création d'une co-entreprise en vue du partage du réseau d'accès mobile entre Proximus et Orange Belgique, il a été affirmé par les deux camps qu'aucun emploi ne serait supprimé du fait direct de cette opération. Un soulagement en demi-teinte dans le rang des syndicats de Proximus, qui craignaient la suppression de 108 postes ce jeudi matin. Finalement, ce ne sont pas 108 mais 82 postes qui seront transférés dans la structure nouvellement créée. Proximus assure que les salaires seront maintenus, comme le prévoit la législation européenne en la matière.  

On a peur d'un scénario "à la Sabena", où toutes les entités rentables sont externalisées. En externalisant la gestion des antennes, on se défait d'une des activités clés d'un opérateur télécom.
Laurent Malengreau
Secrétaire général CGSP Télécom

Si les syndicats grognent, c'est parce qu'il craignent pour la protection de ces emplois externalisés dans le long terme et la poursuite d'une politique favorisant les externalisations. "On a peur d'un scénario 'à la Sabena', où toutes les entités rentables sont externalisées. En externalisant la gestion des antennes, on se défait d'une des activités clés d'un opérateur télécom", a déploré Laurent Malengreau, le secrétaire général CGSP Télécom.

"Dans ce genre de situation, les garanties sur l'emploi ne sont qu'à court terme, généralement pas beaucoup plus longtemps que sur une année. On s'interroge donc sur l'évolution de leurs conditions de travail une fois qu'ils seront sortis du giron de Proximus", expliquait de son côté Paul-Henry Emmanuel de la CSC Transcom. 

Mis devant le fait accompli

Les syndicats regrettent la "mort du dialogue social".

Outre le fond, la forme de cette annonce a déçu les responsables syndicaux. "La commission paritaire nous avait été présentée comme une réunion informative. Mais dans les faits, ils nous ont simplement présenté une décision qui était déjà prise", explique encore Laurent Malengreau évoquant la disparition du dialogue social au profit d'un "monologue social". 

Côté libéral, Jean-Claude Philippon (SLFP) se dit surtout sceptique quant aux motivations de Proximus derrière la formation de cette co-entreprise. D'après lui: "Proximus a un meilleur réseau que celui d'Orange et Orange a beaucoup plus à y gagner dans cette affaire." Il dénonce aussi "une forme de privatisation qui n'est pas rassurante pour l'emploi à long terme." 

Suite du "shift to digital"

Ces inquiétudes s'inscrivent dans le contexte tendu englobant le dossier de restructuration de Proximus dont les débuts remontent à janvier dernier au moment de l’annonce du plan "shift to digital". Ce projet de réorganisation de l'opérateur télécom a pour ambition de digitaliser la structure semi-publique et faire, au passage, 240 millions d’euros d’économies.

La question la plus sensible concerne évidemment l’emploi. 1.900 postes sur les 13.000 que compte Proximus sont menacés. Le chiffre n’est toutefois toujours pas définitif. En parallèle, 1.250 embauches de profils spécialisés dans l’IT et le marketing digital sont prévues. Les négociations entre les syndicats et la direction ont débuté en juin.

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