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La guerre de la 5G est lancée, Orange en profite à la Bourse de Bruxelles

©AFP

Proximus et Orange unissent leurs forces pour le déploiement du mobile en mutualisant leurs infrastructures. Une opération d’envergure qui met hors-jeu l’opérateur flamand Telenet et qui profite à Orange sur les marchés où le titre gagne du terrain ce vendredi.

L’annonce a surpris à peu près tout le monde. Il faut dire qu’elle risque bien de sérieusement bousculer le secteur des télécoms. Convoqués pour une commission paritaire exceptionnelle jeudi en fin d’après-midi, les syndicats de Proximus craignaient une annonce de licenciement. L’objet de la rencontre, "transfert d’activités", avait effectivement de quoi les inquiéter, eux qui sont plutôt sur leurs gardes depuis le lancement du plan de restructuration de Proximus en janvier dernier. Il n’en fut finalement rien. À la place, les dirigeants de l’entreprise ont annoncé une collaboration inédite avec le concurrent Orange.

Le réseau partagé améliorera la couverture, le nombre consolidé de sites mobiles étant estimé supérieur d’environ 20% au réseau d’accès radio actuel de chaque opérateur pris séparément.
Proximus
dans un communiqué

Les deux opérateurs télécoms ont donc décidé d’unir leurs forces dans le déploiement du mobile. D’ici la fin de l’année, ils vont partager leur réseau d’accès mobile. La démarche vise à permettre aux deux entreprises de répondre à la demande croissante des clients en matière de qualité de réseau mobile et d’une meilleure couverture intérieure. Cela permettra également un déploiement plus rapide et plus complet de la 5G en Belgique, dossier ô combien essentiel pour les années à venir.

Un réseau mis en commun, c’est forcément l’assurance d’un déploiement plus important sur le territoire. "Le réseau partagé améliorera la couverture, le nombre consolidé de sites mobiles étant estimé supérieur d’environ 20% au réseau d’accès radio actuel de chaque opérateur pris séparément", annonce dans un communiqué Proximus.

A la Bourse de Bruxelles, les titres Orange  et, dans une moindre mesure, Proximus  profitaient de cette alliance alors que Telenet  reculait de près de 1% à l'ouverture de la séance ce vendredi. 

Concrètement, une co-entreprise (joint-venture) sera créée, détenue à 50% par chacune des deux entités dans laquelle les employés en charge de l’installation du réseau mobile d’Orange et Proximus travailleront ensemble. L’opération se fera donc sans casse sociale, comme le craignaient les syndicats, puisque les 82 travailleurs du service concerné chez Proximus seront tous transférés dans la nouvelle entité. Du côté d’Orange, aucun chiffre n’est encore annoncé. Une seule politique commune de déploiement sera alors mise en place, de quoi éviter les doublons d’antennes inutiles.

Économie et écologie

De quoi aussi et surtout réaliser de belles économies. Proximus a fait les comptes: la co-entreprise lui permettrait de réaliser des économies annuelles de 35 à 40 millions d’euros à partir de 2024, grâce notamment à "la baisse des frais de location, d’énergie, de réparation et de maintenance." Un tel partenariat permettra également de mieux faire face aux "besoins d’investissements pour le déploiement de la 5G, les nouveaux sites et les déménagements de sites", énumère l’opérateur. L’entreprise avance encore d’autres avantages, comme une réduction totale de consommation d’énergie d’environ 20%, "ce qui est comparable à la consommation de 10.000 ménages en Belgique."

40
millions d'euros
L’opération va permettre à Proximus de réaliser des économies annuelles de 35 à 40 millions d’euros à partir de 2024.

Mais, avant les économies, une série d’adaptations seront nécessaires. L’investissement initial pour le transfert vers un réseau commun est de l’ordre "de 140 millions d’euros au total sur une période de trois ans (2021-2023)", précise Proximus qui espère néanmoins déjà pouvoir faire quelques économies grâce aux avantages "initiaux du réseau partagé". "Par conséquent, en comparaison avec ses projections autonomes, Proximus estime que le coût additionnel (CAPEX et OPEX) devrait se limiter à environ 75 millions d’euros, répartis entre 2021-2023."

Si l’initiative est une première sur le réseau belge, ce genre de collaboration existe déjà dans d’autres pays. Tel au Royaume-Uni, entre Vodafone et O2. Et en Espagne, où Vodafone s’est associé avec un certain Orange.

Suite du "shift to digital"

Cette annonce est une nouvelle étape importante dans le dossier de restructuration de Proximus, dont les débuts remontent à janvier dernier au moment de l’annonce du plan "shift to digital". Ce projet de réorganisation du télécom a pour ambition de digitaliser la structure semi-publique et faire au passage 240 millions d’euros d’économies.

1.900 postes sur les 13.000 que compte Proximus sont menacés. Le chiffre n’est toutefois pas définitif.

La question la plus sensible concerne évidemment l’emploi. 1.900 postes sur les 13.000 que compte Proximus sont menacés. Le chiffre n’est toutefois pas définitif. En parallèle, 1.250 embauches de profils spécialisés dans l’IT et le marketing digital sont prévues.

Après des mois d’information, les négociations entre les syndicats et la direction ont débuté en juin dernier.

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