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La neutralité d'internet serait en péril

Des rumeurs font état d’un accord qui donnerait la priorité au contenu Google sur le réseau de Verizon.

La neutralité d’internet aurait-elle du plomb dans l’aile? C’est ce que l’on pourrait penser à la lecture d’un article du "New York Times". Le quotidien new-yorkais évoque un futur accord entre Verizon et Google. Selon l’article, Verizon, l’un des leaders des télécoms aux Etats-Unis, pourrait faire payer Google pour qu’il bénéficie d’un accès prioritaire sur son réseau. Concrètement, de tels accords mettraient en péril l’égalité des contenus sur la "toile", les entreprises ne signant pas avec les gestionnaires de réseaux devant se contenter des "restes" de bande passante. Une situation qui mettrait fin au sacro-saint concept de "neutralité du web" selon lequel aucun contenu n’est privilégié sur l’autre sur les réseaux.

Cette information a été directement démentie par Google. Le leader incontesté de la recherche sur le net s’est toujours affiché comme un fervent défenseur de cette neutralité. "Nous n'avons pas eu de conversation avec Verizon sur une rémunération pour le transit du trafic Google", a indiqué une porte-parole du groupe internet à l'AFP. "Le New York Times se trompe, tout simplement." Verizon estime pour sa part que le quotidien a fait une erreur d'interprétation.

En coulisses, néanmoins, beaucoup donnent du crédit à cette rumeur car elle tombe en plein débat sur les coûts liés à l’intensification du trafic internet. Les gestionnaires et prestataires de services réseaux estiment que le coût de l’augmentation des volumes de trafic sur la toile leur est directement facturé alors que les diffuseurs de contenu, comme Youtube (propriété de Google), ne paient pas grand-chose. Si chez nous, leur mécontentement n’est pas encore ouvertement exprimé, aux Etats-Unis, cela fait plusieurs mois que les discussions vont bon train. Dans ce contexte d’incertitudes, la rumeur a donc paru crédible à nombre d’observateurs et a été largement répercutée. L’accord a été qualifié de "coup de poignard dans le dos" par le site d'informations GigaOM avant même d'être confirmé.

Il menacerait en tout cas l'effort de l'autorité américaine des télécommunications (FCC) pour définir un cadre législatif. Sous l'égide du président Barack Obama, cet organisme a engagé des discussions pour défendre cette neutralité avec les différents acteurs du secteur. Des pourparlers à huis-clos et qui peinent à aboutir.

En juin, la FCC avait décidé de récolter des avis pour savoir si les questions de bande passante devraient tomber sous la législation des télécoms, une législation considérée comme très stricte aux USA. Cette initiative de la FCC était intervenue après qu’une cour d’appel eut statué que l’agence n’avait pas le pouvoir d’interdire à ComCast, la compagnie de télévision par câble, de bloquer les applications gourmandes en bande passante.

Enfin, certains argumentent aussi que l’accord est aujourd’hui possible suite au rapprochement entre Google et Verizon qui travaillent main dans la main dans les appareils sans fil. La croissance de Verizon Wireles dépendant quasi exclusivement du succès des téléphones basés sur le logiciel de Google, les smartphones Android... 

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