Le Belge consomme nettement moins de données mobiles que ses voisins

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Selon une étude de l'OCDE, le Belge arrive en queue d'un peloton emmené par le Finlandais. Les tarifs peu attractifs ne sont pas les seuls en cause.

Vidéo en ligne, streaming musical, réseaux sociaux, infos, apps en tous genres…: la consommation de données mobiles explose. C’est ce qui ressort d’une récente enquête de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économique).

En 2018, la demande croissante pour les données mobiles a entraîné une hausse de 8% des abonnements au haut débit mobile, soit un bond de 108 millions d’abonnements dans les 34 des 37 pays de l’organisation (ceux pour lesquels les chiffres sont disponibles). Cela représente un taux de pénétration de 110%. Autrement dit, sur une population de 1,342 milliard d’habitants, on comptait fin 2018 1,484 milliard d’abonnements haut débit mobile en circulation.

Croissance exponentielle

Ces deux dernières années, l’utilisation des données mobiles a plus que doublé dans la moitié des pays de l’OCDE. L’an dernier, les utilisateurs ont téléchargé en moyenne chaque mois 4,6 GB de données contre 2,4 GB en 2016.

1,484
milliard
Fin 2018, on comptait 1,484 milliard d’abonnements haut débit mobile en circulation dans les 27 pays de l'OCDE.

Arrivent en tête du classement la Finlande (19,4 GB) - plus de quatre fois plus que la moyenne des pays de l’OCDE ! - l’Autriche (16,4), et les trois pays baltes: la Lettonie (12,8), la Lituanie (9,9) et l’Estonie (9,82). En revanche, c’est au Japon que le taux de pénétration des abonnements haut débit mobile est le plus important (172%). Aux cinq dernières places, on trouve successivement le Mexique (2,11 GB), la… Belgique (2,01), la Colombie (1,62), la Grèce (1,53) et la Slovaquie (1,03).

Malgré un réseau réputé pour la qualité de sa couverture, la Belgique figure donc au fond de la classe. Le Belge consomme près de dix fois moins de data que le Finlandais et plus de deux fois moins que la moyenne des pays membres de l’organisation. Certes, suite aux efforts des opérateurs, cette consommation a plus que doublé en deux ans (0,93 GB en 2016, 1,36 en 2017), mais le plat pays reste très loin derrière.

Offres peu attractives

En cause: des offres peu compétitives. Dans sa dernière newsletter datant de mi-juin, Test Achats note ainsi que "la consommation moyenne de data par utilisateur dans notre pays progresse chaque année de manière exponentielle, mais elle ne s’élevait tout de même qu’à 1,9 GB fin 2018 (2,01 GB selon l’OCDE, NDLR). En comparaison avec la moyenne européenne, c’est très peu, alors que nos tarifs data sont particulièrement élevés par rapport à la moyenne européenne. Il est temps pour les challengers de la téléphonie mobile d’apporter du changement sur le marché belge." Une donne que l’ex-ministre des Télécoms, Alexander De Croo (Open VLD), a voulu changer en ouvrant la porte à une possible arrivée d’un quatrième opérateur mobile de réseau.

"A profil de consommation similaire, les tarifs pratiqués chez nos voisins - France, Pays-Bas, Allemagne et Royaume-Uni - sont systématiquement moins élevés que chez nous, avec des différences pouvant aller du simple au double, voire plus."
Test Achats

Un an plus tôt, dans une étude comparant les tarifs de téléphonie mobile, le lobby consumériste indiquait ainsi qu'"à profil de consommation similaire, les tarifs pratiqués chez nos voisins - France, Pays-Bas, Allemagne et Royaume- Uni - sont systématiquement moins élevés que chez nous, avec des différences pouvant aller du simple au double, voire plus."

Le rapport Mobile Broadband Prices in Europe 2018 commandé par la Commission européenne classe ainsi les pays en quatre "clusters tarifaires", des moins chers au plus chers. La Belgique apparaît dans le 3ème cluster, celui des pays relativement chers, les pays les plus chers étant Chypre, la République tchèque, la Slovaquie et la Grèce.

Tarifs élevés, oui mais...

Mais tout mettre sur le dos des tarifs élevés est réducteur. Si la consommation de données mobiles est plus faible en Belgique, c’est notamment parce que notre pays possède un bon maillage en bornes wifi que ce soit à domicile, dans les gares, stations de métro, aéroports, magasins etc. Ensuite, la Belgique a un train de retard en termes d’applications mobiles. Leur généralisation dans des domaines comme les services (santé, mobilité), l’e-commerce, les médias, etc. est relativement récente.

Par ailleurs, les offres conjointes (smartphones avec abonnement mobile et data) favorisant la consommation de données sont apparues bien plus tardivement en Belgique que dans d’autres pays comme, par exemple, la France. Enfin, les abonnements avec data illimités ne sont apparus que début 2018 en Belgique, sous l’impulsion d’Orange. Les autres opérateurs ont suivi mais tardivement. 

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