Le conseil de Proximus va-t-il déclarer "la guerre" aux syndicats?

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Journée décisive pour le plan social de Proximus. Le texte n'a pas été validé en commission paritaire par deux des trois représentations syndicales. Reste à savoir ce que le conseil d'administration fera de cette décision.

Le rouge et vert colorent ce matin le pied des tours du siège bruxellois de Proximus . Syndicats et direction se retrouvaient en effet vers 10 heures en commission paritaire. À l'agenda, le plan social et ses quelque 1.200 pertes d'emplois. 

La réunion s'est rapidement terminée sans surprise sur un refus de l'accord. Sans surprise, car tant la CGSP que la CSC Transcom avaient déjà fait savoir qu'elles n'approuveraient pas le plan social. Seuls les libéraux de la SLFP ont validé le plan. Au final donc, le résultat est de 11 voix "pour" et 7 "contre", ce qui ne permet pas d'obtenir le quorum des 2/3.

Et le conseil d'administration?

Reste toutefois une inconnue: quelle sera la position du conseil d'administration qui se réunira dans la foulée de la commission? Il pourrait passer outre l'avis de cette dernière tandis que les syndicats appellent à privilégier la voie de la négociation. Une réunion est prévue avec les syndicats dès demain pour revenir sur cette décision.

Si les administrateurs devaient passer en force et approuver tout de même le plan, cela mettrait le feu aux poudres, selon Dirk Callaert d'un syndicat chrétien flamand ACV. "Ce serait la guerre totale." Le sentiment était le même du côté de la CGSP, Laurent Malengreau parlant également d’une "déclaration de guerre" si le conseil d’administration en venait là. "Nous avons clairement présenté notre position à Monsieur De Clerck. J’espère que si on arrive à cette situation, le syndicat libéral se joindra à nous afin d’agir en front commun", précise le délégué syndical.

Présent discrètement en civil en attendant la réunion, Jean-Claude Philippon, le représentant du SLFP, le seul syndicat à voter pour le plan, était plus nuancé. "Nous rejoindrons les autres syndicats si le conseil d’administration fait marche arrière et en profite pour faire passer en force le plan initial, annoncé avant les négociations", explique-t-il. Une possibilité qui n’est pas à exclure selon lui. "Il y a une certaine violence ici, je crains que la réaction de la direction soit aussi violente dans les mesures qu’ils sont prêts à prendre. Mais s’il souhaite faire passer le plan négocié en force, nous ne nous y opposerons pas. Nos syndicats ont voté pour. Un plan social n’est jamais bon, mais nous avons obtenu des avancées lors de négociations."

Des jours de grogne

Sur le terrain, la grogne ne faiblit donc pas après les différentes actions spontanées observées ces derniers jours. Depuis 7 heures, des dizaines de syndicalistes sont aux pieds des tours. "Nous attendons plus de 100 personnes", indique Bart Neyens de la CGSP. L'objectif était de bloquer les entrées latérales des tours pour obliger la direction à passer devant le personnel.

La stratégie a ainsi donné l'occasion aux syndicalistes de réserver un accueil assez chahuté à Stefaan De Clerck, le président du conseil d'administration, bloqué durant plusieurs minutes devant les portes fermées.

Le rassemblement était toutefois un peu moins important qu’espéré. "Nous attendions un peu plus de monde ici", reconnait Laurent Malengreau, de la CGSP. ",Mais il y a d’autres actions ailleurs. Les bâtiments administratifs de Namur, Libramont, Liège et Verviers sont également bloqués."

En attendant un CEO

Avant le début de la réunion de la commission, le personnel devrait également se réunir sur la place devant l'entrée de la gare du Nord afin d'un former un coeur, "un coeur brisé"; un prolongement du soutien apporté en septembre dernier à l'ex-CEO Dominique Leroy.

Le conseil devrait par ailleurs se prononcer ce mercredi ou jeudi sur son successeur. Le nom de Guillaume Boutin est avancé.

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