Le marché boude le "deal" surprise de Proximus

Guillaume Boutin, CEO de Proximus, a opéré un virage à 180 degrés concernant l'avenir de BICS. ©Proximus

L'action Proximus a perdu des plumes ce mardi après l'annonce du rachat de BICS. Sur douze mois, le titre a chuté de 37%.

La nouvelle ne provoque pas l’euphorie sur le marché. C’est un euphémisme. Ce mardi, l’action Proximus reculait encore à 17 euros. "Encore" car, sur les douze derniers mois, le titre a été massacré, plus d’un tiers de sa valeur (37%) étant partie en fumée.

On peut comprendre la déception du marché. Il s’attendait à voir Proximus desserrer les liens avec BICS (Belgacom International Carrier Services), une filiale à 57,6% spécialisée dans le transport de données et de voix d’opérateur à opérateur à l’international.

Volte-face

Le scénario qui tenait la corde jusqu'ici reposait sur la vente des participations des minoritaires Swisscom (22,4%) et MTN (20%), Proximus ramenant la sienne à 49% empochant, au passage, une somme évaluée entre 65 et 92 millions d’euros.

217 millions
euros
Proximus a déboursé 271 millions d'euros pour monter à 100% dans BICS.

Un petit montant bienvenu alors que l’opérateur télécom a d’ambitieux projets en matière de fibre optique nécessitant des investissements de plus d’un milliard d’euros par an jusqu’en 2025.

Au lieu de cela, Proximus a opéré un virage à 180 degrés et a décidé de racheter les minoritaires de BICS en signant un chèque de 217 millions d’euros qui sera tiré à partir des facilités de crédit existantes de l’opérateur s’élevant à 700 millions d’euros.

"Cette volte-face n’est pas une surprise totale", souligne David Vagman, d’ING ("vendre"; 19 euros). "La presse avait déjà signalé que le processus (de vente) ne se déroulait pas très bien en raison de l’impact significatif du Covid sur les résultats de BICS et d'un large fossé de valorisation entre acheteurs et vendeurs."

Prix décent

Cette transaction valorise BICS à 569 millions d’euros, soit 4,4 fois l’ebitda, ce qui semble être une acquisition attractive note, pour sa part, Loïc De Smet, de Kepler Cheuvreux ("conserver"; 20 euros). Il souligne que - comme Proximus l’a mentionné dans son communiqué - elle ne modifie pas les intentions affichées par le groupe en matière de distribution du dividende.

"Nous pensons qu’il existe beaucoup de risques d’exécution dans le redressement des activités et dans la volonté de renouer avec la croissance en s’aventurant sur de nouveaux marchés."
Ruben Devos
Analyste chez KBC Securities

Chez KBC Securities ("conserver"; 20 euros), cette annonce suscite des sentiments partagés dans le chef de Ruben Devos qui a toujours considéré BICS comme une activité non-essentielle du groupe.

"Nous pensons qu’il existe beaucoup de risques d’exécution dans le redressement des activités et dans la volonté de renouer avec la croissance en s’aventurant sur de nouveaux marchés comme l’analyse des données, la prévention de la fraude,…", juge l'analyste. Toutefois, au vu du prix et du multiple d’ebitda, il estime que Proximus a payé un prix décent pour les parts des minoritaires.    

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