Le pari de Proximus avec TeleSign commence à payer

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L’acquisition du spécialiste de l’authentification et de l’identification mobile a permis à Bics, filiale internationale de Proximus, d’enregistrer un Ebitda en hausse de 5,1% au premier trimestre. Du côté des activités traditionnelles, les packs all-in gagnent du terrain.

Diversifier pour mieux régner, la stratégie enclenchée par Proximus commence à montrer ses effets. Le rachat l’an passé du spécialiste américain de l’authentification et de l’identification mobile TeleSign par Bics, filiale de l’opérateur télécoms active dans le transport de voix et données d’un pays à un autre, a permis au groupe de limiter la casse dans ses activités internationales dites de "carrier", en pleine mutation ces dernières années. En effet, il ressort des résultats du premier trimestre, publiés vendredi, que Bics a enregistré un recul de 3,9% de son chiffre d’affaires sur les 3 premiers mois, à 319 millions d’euros, contre 6,6% à la même période en 2017.

Dans le détail, si la traditionnelle activité voix a continué à peser sur les performances de la filiale, donnant lieu au repli constaté, les revenus non-voix ont, eux, augmenté de 32% au 1er trimestre, contre 0,6% à la même période en 2017, signe du changement qui s’opère actuellement. L’Ebitda de Bics a d’ailleurs terminé à 35 millions d’euros, en hausse de 5,1% par rapport à la même période l’an passé, alors en recul de 6,4% comparativement à 2016.

Une réalité qui a amené Dominique Leroy, CEO de Proximus, à parler vendredi, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers, de "solide soutien" aux résultats de la filiale internationale de la part de TeleSign, consolidé depuis novembre, ainsi que de synergies "qui délivrent des résultats, comme attendu". La tendance des derniers trimestres pourrait donc bientôt laisser place à une nouvelle dynamique.

L’all-in bondit de 9,5%

Du reste, la situation des activités plus classiques que sont la télé, l’internet et le mobile est globalement teintée de vert en ce 1er trimestre avec une hausse du nombre de clients (par abonnement). "Nous pouvons être fiers", a dès lors martelé la patronne de Proximus, dont le chiffre d’affaires domestique sous-jacent a augmenté de 0,9% en glissement annuel.

Surtout que du côté des packs, l’opérateur peut se féliciter d’avoir attiré plus de personnes vers ses offres all-in, dites "4-play" (internet, télé, mobile et téléphone fixe), que sont Tuttimus et Bizz All-In. En comparaison avec la même période en 2017, la formule a connu une croissance de 9,5% en nombre d’abonnés… permettant dans le même temps à Proximus d’engranger un revenu moyen par foyer en hausse de 1,3%.

Revers de la médaille, l’érosion des revenus générés par des activités moins en vogue, comme la ligne téléphonique fixe en solo par exemple, s’est, elle, poursuivie. Un phénomène observable aussi au niveau du wholesale ou des cartes prépayées qui ont essuyé un repli, en partie à cause de la nécessité d’identification de leur détenteur – mesure introduite dans la foulée des attentats de Paris et de Bruxelles –, menant in fine à une désactivation pure et simple pour le contrevenant. Au total, ces cartes ont reculé de 193.000 unités entre le premier trimestre 2017 et 2018.

Interrogée sur la suite des événements, Dominique Leroy estime à la lumière de ce premier trimestre que Proximus est "vraiment bien en route" pour atteindre ses objectifs de fin d’année, à savoir des revenus domestiques quasi stables, un Ebitda en légère hausse et un capex autour d’1 milliard d’euros.

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