Le régulateur télécom fait le point et invite les politiques à accélérer

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L’IBPT a fait hier le bilan sur le secteur en commission parlementaire. Le régulateur espère voir les prix de l’internet fixe enfin baisser. Il souhaite aussi un mouvement du politique pour faire avancer le dossier 5G.

C’était l’heure de l’examen oral pour l’IBPT ce mercredi. Comme chaque année, le régulateur du marché des télécoms est venu présenter son rapport annuel devant la commission parlementaire. L’occasion pour le gendarme du marché de faire le point et de se pencher sur les défis rencontrés par le secteur. Du côté du bilan, les chiffres sont assez stables pour l’année 2018. Le marché belge des télécoms pesait 8,5 milliards d’euros et est toujours dominé par Proximus, qui reste leader avec 49% des parts du marché. Le marché se partage ensuite entre Telenet (30%), Orange (14%) et tous les autres acteurs qui se disputent les sept derniers pourcent. "En 2018, les investissements étaient de 1,7 milliard d’euros. Cela représente 25% du chiffre d’affaires réinvestis, ce qui est une bonne chose", explique Luc Vanfleteren, l’un des membres du conseil de l’IBPT.

8,5 milliards €
Le marché belge des télécoms pesait en 2018 quelque 8,5 milliards d’euros.

Si les investissements sont en hausse, les prix pour le consommateur continuent, eux aussi, à grimper sur l’internet fixe. La tendance européenne est pourtant à la baisse. "En tant que régulateur, c’est une situation que nous regrettons, reconnaît Axel Desmedt, autre membre du conseil du régulateur. Mais nous avons constaté pour la première fois en 2018 que la hausse était minimale. Il est encore trop tôt pour dire s’il s’agit d’une tendance mais c’est assez positif."

Afin de tirer les prix vers le bas, le régulateur a décidé de revoir sa façon de calculer les montants à payer par les opérateurs "loueurs" d’infrastructures comme Orange. Le gendarme du marché espère voir la note finale pour le consommateur diminuer. Il faudra toutefois être un peu plus patient que prévu. "Notre ambition était de proposer les nouveaux tarifs pour la fin de cette année. Mais au vu du nombre de réponses que nous avons reçu des opérateurs suite à la consultation, nous ne pourrons pas tenir ce délai. Nous tablons désormais plutôt sur le premier trimestre de l’année", précise Axel Desmedt.

Accélérer les choses sur la 5G

"Nous n’avons pas à nous positionner sur les conséquences sur la santé. Nous ne sommes pas médecins."
Michel Van Bellinghen
Président de l’IBPT

Ce dossier n’est pas le seul à prendre du retard. L’épineuse question de la mise en place de la 5G ne semble pas près d’être résolue. En l’absence d’un gouvernement, le dossier est pour le moment au placard. Une mauvaise nouvelle pour Luc Vanfleteren. "Il s’agit d’un dossier essentiel. Suivant le temps que nous mettrons à prendre des décisions, la Belgique peut soit occuper une position avantageuse soit, à l’inverse, être devancée sur le marché. Nous appelons donc le politique à accélérer les choses."

Les débats sont toutefois encore nombreux autour de la technologie. Le plus complexe concerne les normes d’émissions. "Nous n’avons pas à nous positionner sur les conséquences sur la santé. Nous ne sommes pas médecins. Nous donnons notre avis sur la question technique", explique Michel Van Bellinghen, le président de l’IBPT. Son avis de ce côté est bien tranché. Si la capitale souhaite le meilleur réseau, il faudra revoir la régulation. "Sur ce point, il est clair que les normes actuelles sont trop strictes à Bruxelles et ne permettent pas techniquement d’implanter la 5G."

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