Le régulateur télécom officialise ses nouveaux tarifs de gros

Orange Belgique, l’un des plus agressifs du marché sur les prix, estime que cette dernière version lui est défavorable. ©AFP

Globalement inférieurs aux précédents, ces nouveaux tarifs sont néanmoins plus importants que ce qu’espérait Orange. Pour l’IBPT, la baisse devrait suffire à accentuer, à terme, la compétitivité du marché.

C’est la fin d’un dossier qui aura duré plus de deux ans. L’IBPT, le régulateur du marché des télécoms a publié ce mercredi les nouveaux tarifs de gros qui seront appliqués dès le 1er juillet prochain. Hormis une exception, ces derniers sont tous revus à la baisse, en tout cas pour 2020. Suivant les réseaux, les offres et la vitesse de connexion, les baisses vont jusqu’à une diminution d’une vingtaine de pourcent du prix. "Ces décisions permettent aux opérateurs alternatifs d’avoir un accès de gros aux réseaux câblés à un tarif équitable qui permet de développer la concurrence sur le marché de détail au profit des utilisateurs tout en rémunérant correctement les opérateurs réseau pour cet accès ", explique fièrement l’IBPT. Admettons-le, cela ne vous fera certainement pas sabrer le champagne. Mais si cette semble décision très loin de l’utilisateur final, elle pourrait jouer un rôle dans la note finale payée par le client. Du moins sur papier.

"Ces décisions permettent aux opérateurs alternatifs d’avoir un accès de gros aux réseaux câblés à un tarif équitable qui permet de développer la concurrence sur le marché."
IBPT
Le régulateur du secteur télécom

Changement de calcul

Pour resituer l’importance de la décision, un petit rappel historique est plus que nécessaire. Face à un marché peu concurrentiel, l’IBPT a décidé il y a quelques années de réglementer le secteur afin d’inciter les nouveaux acteurs à tenter leur chance dans notre petit pays. L’idée ? Fixer des tarifs maximums de location du réseau câblé (détenu par Telenet, BruTélé et VOO) pour permettre à des opérateurs sans infrastructure de se lancer. Le casse-tête est donc de trouver un compromis qui satisfait tout le monde. Jusqu’il y a peu, pour calculer ces fameux tarifs, le régulateur utilisait le principe de " retail minus ". En résumé, cela consiste à s’appuyer sur les tarifs BtoC auxquels une marge était retirée. "Ce système avait plusieurs points faibles dont le fait que ces tarifs étaient particulièrement instables et dépendants des politiques de prix des opérateurs", explique Axel Desmedt, membre du comité exécutif de l’IBPT.

"Nous estimons qu’il est possible d’accroître la compétitivité du marché."
Axel Desmedt
Membre de l'IBPT

Afin de rendre les tarifs plus transparents et équitables, le régulateur planchait depuis des mois sur une nouvelle façon de calculer ces tarifs en se basant désormais sur les coûts. Un premier projet de tarifs provisoires fut présenté l’été dernier, en l’attente de commentaires des différents acteurs du marché. Une fois cette période de consultation terminée, l’IBPT a revu sa copie pour au final présenter ces nouveaux tarifs, désormais validés. Mauvaise nouvelle pour les loueurs (autrement dit Orange, le seul opérateur à utiliser ce système): les nouveaux tarifs officiels sont  moins avantageux que le premier brouillon. "La plus grosse différence concerne la prise en compte de frais actualisés", confirme Axel Desmedt.  Ces nouveaux tarifs sont prévus pour les trois prochaines années avec une augmentation de quelques euros chaque année "car on s’attend à ce que le réseau soit plus utilisé et nécessite donc des investissements supplémentaires", assure le responsable du régulateur.

Recherche de compétitivité

Faut-il dès lors s’attendre à une baisse des prix ? Ce n’est pas certain. Orange Belgique, l’un des plus agressifs du marché sur les prix, estime que cette dernière version lui est défavorable et ne lui donne d’autre solution que de revoir sa politique de prix. "Nous ne nous exprimons pas sur le business model des opérateurs mais nous estimons qu’il est possible d’accroître la compétitivité du marché ", se contente de répondre le régulateur. L’ambition de ces nouveaux prix est également de favoriser l’arrivée de nouveaux acteurs. Une hypothèse probable mais qui ne sera toutefois pas pour demain. " Ce n’est pas un secret, certains acteurs y pensent. Medialaan (avec son offre Mobile Vikings, NDLR) et d’autres pourraient bien se lancer dans une offre fixe. Mais ce genre de décision ne se prend pas du jour au lendemain", explique Axel Desmedt.

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