"Leroy est la femme parfaite pour Proximus" (Stefaan De Clerck)

©Saskia Vanderstichele

Nous rencontrons Stefaan De Clerck, président du conseil d’administration de Proximus depuis cinq ans, un jeudi, dans les bureaux de l’opérateur, situés à deux pas de la gare du Nord.

À la hauteur de l’entrée du bâtiment de Proximus, une manifestation de quelques centaines de jeunes réunis pour le climat est sur le départ. "Ils démarrent d’ici en bas chaque jeudi", commente De Clerck, depuis le vingt-sixième étage où il a ses quartiers. Avant de lancer: "ils sont devenus notre socle."

On pensait qu’il s’agissait d’employés de Proximus, protestant contre l’annonce récente de licenciements. Pourquoi ce besoin de supprimer 2.000 postes?

Nous devons nous adapter. Par le passé, Proximus était une entreprise de télécoms. Aujourd’hui, nous devons vendre des services digitaux. Et pour cela, vous avez besoin d’autres gens, de nouveaux profils. C’est pourquoi nous voulons aussi engager 1.250 personnes. Vous ne pouvez attendre de tout le monde de vendre les tout nouveaux produits et technologies.

Licenciements secs à la clé?
Je ne peux encore rien dire là-dessus. Nous espérons pouvoir entamer les négociations aussi vite que possible et poursuivre les discussions dans la meilleure tradition sociale de la maison.

"Elle a fait du bon boulot."
Stefaan De Clerck

Les syndicats parlent d’une vulgaire réduction de coûts d’une boîte présentant pourtant de bons résultats…
Il faut garder à l’œil, en tant qu’entreprise, de rester "fit", ce qui signifie qu’il faut garder les coûts sous contrôle. D’ailleurs, si l’on compare notre structure de coûts à des firmes similaires en Belgique et à l’étranger, force est de constater que nos coûts sont pour partie supérieurs.

Rien à voir, donc, avec l’arrivée d’un quatrième opérateur, décidée par le gouvernement Michel?
La transformation digitale de Proximus doit de toute façon se produire. Du reste, il est clair que cette arrivée jouerait sur nos revenus.

Quid de la volte-face bruxelloise sur la 5G où la Région dit désormais "non"?
Nous la déplorons. La 5G, c’est l’avenir, ce sont les autoroutes de demain. Mais pas chez nous, sans modification des normes d’émission actuellement d’application.

Le mandat de Dominique Leroy arrive à son terme en fin d’année. Feu vert à un second?
Elle a fait du bon boulot, construit une équipe parfaite autour d’elle, lancé un appel au changement et s’est engagée dans une mutation de la boîte. Elle montre que les femmes peuvent être des top managers efficaces, attentives et humaines. De même qu’elle peut se vanter de bons chiffres. Proximus est le seul acteur télécoms d’Europe à croître depuis cinq ans d’affilée, aussi bien sur les revenus que sur le bénéfice. Les clients affluent.

Donc?
Pour moi, Dominique Leroy est la femme parfaite pour poursuivre le travail entamé. Son mandat prend fin en janvier. Nous voulons demander dès à présent aux actionnaires (lors de l’AG de mercredi, NDLR) de la confirmer. De là, nous négocierons son contrat de CEO, en concertation avec le futur gouvernement.

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