Les deux menaces après le deal Proximus-Orange

©REUTERS

Les deux opérateurs ont décidé de partager leur réseau d'accès mobile dans une société commune. Les analystes accueillent favorablement ce rapprochement, mais épinglent deux risques qui y sont liés.

L’accord conclu entre Proximus et Orange Belgium pour le partage, via une coentreprise, du réseau d’accès mobile, qui permettra des économies pour les deux partenaires et un déploiement plus efficace de la 5G en Belgique, n’a pas fait beaucoup de vagues sur les marchés. Au lendemain de l'annonce, Orange Belgium s’est adjugé 3,30% tandis que Proximus restait stable (+0,68%) et Telenet  prenait 0,22%.

Barclays estime que les étoiles s’alignent pour la filiale belge d’Orange après l’annonce de ce partenariat et des prix de gros proposés par les régulateurs. Il a revu ses estimations à la hausse et a adapté son conseil en conséquence. Le broker recommande désormais d’acheter la valeur. Son objectif de cours est passé de 20 à 25 euros, ce qui représente un potentiel de hausse de 33% par rapport à la clôture d’hier.

Risque réglementaire ou politique 

On s’emballe moins du côté des analystes belges où les recommandations ne bougent pas.

David Vagman d’ING a calculé que cet accord se traduit par une valeur actuelle nette, jusqu’en 2031, de 1,25 euro par action pour Orange Belgium ("acheter"; 22 euros) et de 0,27 euro pour Proximus ("vendre"; 18 euros).

Il souligne que cette annonce est également positive car elle apporte une réponse aux inquiétudes sur l’augmentation potentielle des investissements pour déployer la 5G.

L’analyste fait toutefois part d’une inquiétude. "Nous voyons une logique industrielle claire mais nous voyons aussi un risque accru de contrôle réglementaire ou de réaction politique, par crainte d’une possible diminution de la concurrence sur le marché de la téléphonie mobile."

Nouvel entrant

Stefaan Genoe, de Degroof Petercam, a identifié une autre menace potentielle. "L’impact négatif à long terme pourrait se matérialiser par la volonté du futur gouvernement de réserver un spectre pour un éventuel nouvel entrant sur le marché du mobile. Il rencontrerait moins d’obstacles pour développer un nouveau réseau."

Il relève, par ailleurs, que l’impact relatif de cet accord est plus prononcé pour Orange Belgium ("accumuler"; 22,5 euros) avec des économies de 300 millions d’euros sur 10 ans. De son côté, Proximus ("conserver "; 26 euros) anticipe un gain annuel récurrent de cash-flow estimé entre 35 à 40 millions d'euros à partir de 2024.

Enfin Ruben Devos, de KBC Securities, rappelle que l’accord bouclé entre Proximus ("conserver"; 28 euros) et Orange Belgium ("acheter"; 23 euros) suit la tendance constatée en Europe où plusieurs opérateurs ont signé des deals commerciaux pour partager leurs infrastructures.

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