Les syndicats de Proximus demandent la démission immédiate de Dominique Leroy

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Évoquant une "rupture de confiance totale", les syndicats de Proximus demandent la démission immédiate de la patronne de l'entreprise sur le départ, Dominique Leroy. La CEO doit quitter l'opérateur pour son concurrent KPN le 1er décembre prochain.

Les syndicats de Proximus demandent ce vendredi soir la démission immédiate de l'administratrice déléguée Dominique Leroy, qui a annoncé son départ jeudi vers l'opérateur télécom néerlandais KPN. A leurs yeux, la rupture de confiance est totale et la patronne de l'entreprise semi-publique va aller renforcer un concurrent direct. En front commun, la CSC-Transcom, la CGSP-Télécom et le SLFP Proximus remettront lundi matin à 9h une lettre ouverte en ce sens au président du conseil d'administration de l'entreprise Stefaan De Clerck.

"La rupture de confiance est totale. Mais encore aurait-il fallu qu'elle existe!"
Laurent Malengreau
CGSP

Les différents syndicats s'inquiètent du départ de Dominique Leroy vers KPN, perçu comme un concurrent direct ou potentiel. Tous rappellent que l'opérateur néerlandais a déjà eu des vues sur Proximus dans le passé et que l'opération ne s'était finalement pas faite. "A partir du moment où Mme Leroy a choisi de partir chez un concurrent potentiel, il est très difficile d'encore placer notre confiance en elle", confie ainsi Stéphane Daussaint, de la CSC-Transcom.

"La rupture de confiance est totale. Mais encore aurait-il fallu qu'elle existe!", fustige Laurent Malengreau, de la CGSP. Il se plaint de l'absence de la responsable lors des différentes réunions de dialogue social au sein de l'entreprise. "Nous avons peur de ce qui pourrait se passer dans le futur", abonde Jean-Claude Philippon, du SLFP. "La CEO connaît l'entreprise de A à Z et donc aussi sa stratégie pour le futur."

"Avec sa position, elle dispose d'informations confidentielles. Nous craignons qu'elle emporte des données sensibles", appuie encore Laurent Malengreau. Il affirme avoir de "réelles craintes qu'elle prépare quelque chose", soulignant l'opération de vente par Dominique Leroy début août, d'actions de l'opérateur télécom pour un montant de plus de 285.000 euros. Le gendarme boursier, la FSMA, va examiner s'il n'est pas question d'un éventuel délit d'initié.

"La CEO ne peut pas continuer à peser sur l'entreprise. Pourquoi a-t-elle absolument besoin de faire passer son plan de restructuration avant de partir?"
Jean-Claude Philippon
SLFP

Aux yeux du syndicaliste socialiste, le délit d'initié est avéré. "Je suis convaincu qu'elle savait alors déjà qu'elle allait partir chez KPN", dit-il. "La CEO ne peut pas continuer à peser sur l'entreprise. Pourquoi a-t-elle absolument besoin de faire passer son plan de restructuration avant de partir?", s'interroge Jean-Claude Philippon. Le représentant du syndicat libéral craint qu'elle n'impose ses vues en la matière avant son départ.

La CSC-Transcmom n'a, en tous les cas, plus confiance en elle pour mener ces négociations à bien. "Elle est la cheville ouvrière de ce plan de transformation et elle s'en va. Nous émettons donc des doutes sur la possibilité de continuer les discussions avec elle..."

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