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Les syndicats de Proximus plutôt satisfaits des premiers mois de Guillaume Boutin

Les syndicats ont apprécié certaines mesures de Guillaume Boutin, comme celle de baisser le dividende. ©saskia vanderstichele

Les trois syndicats de chez Proximus reviennent sur les premiers jours de leur nouveau CEO quelques jours après la présentation de sa vision stratégique. Même s’il est encore un peu tôt pour évaluer le travail du patron français, l’avis est globalement positif.

Analystes, experts du secteur, anti 5G, politiciens… A peu près tous ceux qui avaient leur mot à dire ont commenté la vision stratégique présentée la semaine dernière par Guillaume Boutin, le patron de Proximus. Seuls ou presque les syndicats ne s’étaient encore exprimés sur le projet porté par leur nouveau CEO, à la tête du paquebot depuis début décembre. Interrogés sur la question, les trois syndicats s’accordent au moins sur un point: pas de réelle déception à pointer jusqu’ici mais il est  encore un peu tôt pour donner un premier bulletin représentatif au patron français.

"Madame Leroy était beaucoup plus formelle. Guillaume Boutin donne un ton plus dynamique et jeune."
Laurent Malengreau
Délégué syndical CGSP

"Surtout en cette période de confinement, la priorité est ailleurs", lance Laurent Malengreau, le responsable du syndicat CGSP, qui préfère d’abord évoquer le manque de protections des techniciens encore en intervention sur le terrain. "La priorité a été donnée par le gouvernement ailleurs. Je comprends évidemment les choix qui ont été faits dans la distribution des masques mais on manque cruellement de protections pour nos travailleurs qui s’exposent lors des interventions en urgence chez certains clients", explique-t-il.

Vision à long terme

"Avoir une entreprise qui mise tout sur le dividende n’a pas de sens."
Stéphane Daussaint
Délégué syndical CSC

Si on ne se mouille pas trop donc, le sentiment global sur les premiers pas du jeune patron semble assez positif. Ce qui marque, c’est le changement de style entre le nouveau patron et sa prédécesseure, Dominique Leroy. "Il y a effectivement une différence claire dans les discussions. Madame Leroy était beaucoup plus formelle. Guillaume Boutin donne un ton plus dynamique et jeune", assure Laurent Malengreau.

Même sentiment du côté de Jean-Claude Philippon, du SLFP, qui apprécie aussi la plus grande facilité d’échange avec son nouveau patron, ainsi que l’élan mis en place. "Il y a désormais une vision à long terme qui est assez claire. C’est un bon point. Le manque de visibilité sur les grandes directions à prendre était une critique qui revenait souvent".

"Jusqu’ici, je ne vois pas de gros manquement qui pourrait être souligné."
Stéphane Daussaint
Délégué syndical CSC

Du côté des annonces du patron, la baisse du dividende fut l’une des plus commentées. Pour la première fois en cinq ans, Proximus a revu son coupon à la baisse, le faisant passer dès l’année prochaine de 1,5 à 1,2 euro par action. Plutôt bien accueillie par le marché, la nouvelle le fut aussi du côté des organisations syndicales. Pour la CGSP toutefois, cette décision aurait même pu (dû) arriver plus tôt. "Lors des négociations du plan social, l’une de nos principales demandes était un effort sur le dividende. Cela aurait permis de limiter les suppressions d’emplois. Cela a toujours été refusé. Mais lorsqu’il s’agit d’investissement pour l’infrastructure, on est prêt à faire une telle démarche", regrette Laurent Malengreau.

"Nous espérions une baisse d’au moins 10 cents", assure, lui, Jean-Claude Philippon, qui aura donc obtenu plus qu’espéré. Du côté de la CSC, le choix fait par le patron est logique, voire indispensable. "Avoir une entreprise qui mise tout sur le dividende n’a pas de sens. S’il n’avait pas pris une telle mesure, cela aurait pu poser des problèmes", assure Stéphane Daussaint.

Bonne gestion de crise

La position prise par Guillaume Boutin durant la crise actuelle est également appréciée. Si les syndicats rappellent le manque de protection, ils saluent aussi les engagements de l’entreprise. Actuellement, environ un millier de travailleurs, essentiellement des vendeurs, se retrouvent au chômage technique temporaire. Le groupe leur a assuré qu’il prendra à sa charge la différence entre le montant versé par l’Etat et leur salaire net afin de conserver le même montant en fin de mois.

Sur ce point, la SLFP est la plus enthousiaste: "C’est un geste appréciable qui est bon pour le climat social", assure Jean-Claude Philippon. Tout va bien dans le meilleur des mondes donc? "Jusqu’ici, je ne vois pas de gros manquement qui pourrait être souligné", préfère plutôt Stéphane Daussaint, de la CSC. "Mais la situation actuelle rend cette période très spéciale."

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