interview

Martine Tempels (Telenet): "Notre activité BtoB est le moteur de notre croissance"

©Siska Vandecasteele

La vice-présidente de Telenet revient sur la stratégie BtoB de son groupe. L’intégration de Nextel enfin terminée, Telenet veut s’attaquer en priorité aux PME. Les petites structures wallonnes intéressent aussi le groupe.

Avec près d’un quart de son chiffre d’affaires réalisé dans le segment business, l’activité de Telenet spécifiquement dédiée aux entreprises est très loin d’être anecdotique. L’une des dernières grandes manœuvres de l’entreprise fut d’ailleurs sur ce marché spécifique avec le rachat en 2017 de Nextel, un intégrateur ICT important du marché. "A l’époque, la société réalisait 54 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous avons repris une partie de l’activité pour l’équivalent de 28 millions car nous n’avons pas racheté leur implantation aux Pays-Bas", détaille Martine Tempels, senior vice president chez Telenet et en charge de l’activité BtoB.

"Nous n’avions pas imaginé que le travail digitalisation était s’y important. Une étude montre que seulement 54% des PME ont un site internet."
martine tempels
senior vice president telenet

Il aura fallu presque deux ans à l’entreprise pour finaliser le rachat. "Nous avons dû attendre un an la validation par l’autorité de concurrence. Nextel est donc actif pour nous depuis une grosse année. Nous avons au début du mois de novembre finalisé complètement le processus d’acquisition en fusionnant Nextel dans notre entité ‘Telenet Business’". Le rebranding n’avait rien d’anecdotique pour l’entreprise. "Nous avons réalisé plusieurs études qui ont montré que la majorité des entreprises souhaite travailler avec un seul partenaire qui assure le suivi de A à Z. La marque Telenet est également plus forte que celle de Nextel", ajoute encore la responsable.

Ambitions wallonnes inchangées

L’objectif est clair: continuer à faire croitre le segment business. "On ne donne pas des objectifs chiffrés par entité. Mais je peux simplement dire que le BtoB est le moteur de notre croissance", explique encore Martine Tempels. Forcément bien implanté au nord du pays, Telenet attaque également ce segment au sud. "Nous y sommes notamment présents via les grands groupes nationaux comme certaines banques", explique encore Martine Tempels. Le rachat de Nextel a ainsi permis à Telenet de s’installer chez des clients comme BNP mais aussi Colruyt, Deloitte…

Il y a un an également, l’entreprise a fait une percée remarquée dans le Hainaut où elle a décroché un contrat avec l’aéroport de Charleroi. Rien de surprenant si on se rapporte aux propos tenus par la vice-présidente dans nos colonnes il y a deux ans. Elle expliquait notamment sa volonté de faire en Wallonie ce que Telenet faisait déjà en Flandre. "L’ambition n’a pas changé", sourit-elle. Depuis toutefois, un certain Voo a clairement montré qu’un rachat par son concurrent flamand n’était pas dans ses plans. Pas de quoi faciliter les ambitions de Martine Tempels. "Nous sommes toujours intéressés mais nous devons réfléchir à comment nous développer. Partir de zéro sans Voo pour développer la même infrastructure n’aurait pas de sens".

Nous sommes toujours intéressés mais nous devons réfléchir à comment nous développer.

La Belgique recule

En attendant, le groupe Telenet loue les installations de ses concurrents lorsqu’il doit implanter ses solutions chez des clients dans les contrées du pays où il n’est pas actif. La démarche devrait vraisemblablement se poursuivre. Outre les grands groupes, Telenet veut aussi désormais atteindre davantage les PME dans tout le pays. Une stratégie que la société justifie par la digitalisation toujours à la peine des plus petites structures belges. "Elles sont pourtant le moteur de l’économie belge. Mais lorsque l’on regarde le dernier classement DESI (classement européen sur le niveau de digitalisation par pays NDLR) on constate que la Belgique perd des places. Nous étions encore dans le top 5 récemment. Nous sommes désormais à la 9e place. Nous ne reculons pas, c’est simplement que les autres pays avancent plus vite."

L’entreprise s’est donc mis en tête d’évangéliser le marché. Depuis deux ans, elle offre la possibilité aux PME de bénéficier gratuitement d’un premier service de consultance pour digitaliser leur business. "Nous l’avons déjà fait pour 5.000 entreprises. Les retours sont très bons. Nous n’avions pas imaginé que le travail était s’y important. Une étude montre que seulement 54% des PME ont un site internet", explique encore la responsable BtoB.

L’entreprise y trouve forcément un intérêt. "À l’origine, cette opération était faite pour établir notre marque et la faire connaître. Avec cette démarche, à chaque interrogation de l’entreprise, on sait qu’ils penseront à nous". Afin de poursuivre son opération séduction, Telenet a également lancé récemment une plateforme mettant en relation des entreprises en manque de connaissances digitales et des spécialistes du secteur.

En parallèle de ses initiatives, le télécom ne serait d’ailleurs pas contre un effort supplémentaire du monde politique. "Il faut notamment améliorer l’éducation et la formation. Il manque aussi d’un responsable politique digital qui aurait un agenda spécifique très précis. Nous avons déjà beaucoup fait pour les start-ups mais pour la digitalisation des entreprises de manière générale, nous n’avons souhaipas encore été assez loin."

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