interview

Mitch De Geest, CEO de Citymesh: "Nous sommes le meilleur candidat pour être le 4e opérateur"

Citymesh espère devenir le 4e opérateur national. Sa priorité sera toutefois sur le marché professionnel.

La décision n'est toujours pas tombée, mais elle ne devrait plus tarder. D'ici quelques semaines, les Belges sauront s'ils pourront bientôt payer leur facture de téléphone à un autre acteur. Oui, mais qui? Pour l'heure, le candidat le plus sérieux et le seul à s'être positionné se nomme Citymesh.

Pratiquement inconnu du grand public francophone, l'entreprise installée à quelques kilomètres de Bruges considère qu'elle aurait les épaules assez larges pour se lancer. Active depuis 15 ans dans le métier, l'entreprise compte une septantaine de travailleurs pour un chiffre d'affaires approchant les 10 millions d'euros. Essentiellement actif en Flandre, Citymesh est aujourd'hui l'un des spécialistes du déploiement de réseaux fixes et wifi, sur des sites spécifiques comme les gares et les centres commerciaux.

"Nous sommes aujourd'hui dans plus de 100 villes partout en Flandre et nous travaillons en collaboration avec beaucoup de gares", détaille Mitch De Geest, le CEO de Citymesh. À première vue, son entreprise a plus les caractéristiques d'une PME que celles d'un opérateur national. "Nous sommes aujourd'hui le meilleur candidat pour devenir le 4e opérateur", explique-t-il pourtant sans détour. La position pourrait paraître un poil prétentieuse. Elle ne l'est peut-être pas tant que ça.

Nez fin

Car Mitch De Geest est un patron qui a le nez fin.  Son entreprise a ainsi été la première à obtenir des fréquences 5G. C'était en 2015, avant même que l'on ne parle déploiement ou de mise aux enchères. À la recherche de nouvelles fréquences pour son activité à l'époque, Citymesh fait une demande pour obtenir une partie de la bande 42, alors inutilisée. Deux ans plus tard, l'Europe décide que cette dernière fera partie du lot de fréquences retenues pour déployer la fameuse 5G.

Joli coup de bol. Mais pas seulement. "Il y a effectivement une partie de chance, mais j'avais repéré que cette bande de fréquences n'était presque pas utilisée en Europe et qu'elle serait donc un bon candidat à la 5G", sourit le patron. Depuis des années déjà, il travaille donc sur la technologie avec des déploiements localisés sur certains sites, notamment à Zeebrugge.

"C'est bien simple, sans le principe de réservation, c'est impossible de devenir le 4e opérateur."

Mais si les bases sont là, elles ne seront clairement pas suffisantes pour devenir le géant national dont rêve Citymesh. L'entreprise aura besoin de beaucoup plus de fréquences. Pour cela, elle espère bien profiter du principe de réservation, actuellement à l'étude par le Conseil d'État. Ce dernier permettrait au nouvel entrant d'obtenir des fréquences sans passer par les enchères. Un potentiel coup de pouce qui fait grincer les dents du secteur, mais sans doute indispensable pour un nouvel acteur.

"C'est bien simple, sans ce principe, c'est impossible de devenir le 4e opérateur", assure Mitch De Geest. Le principe de réservation lui donnerait d'office accès à une partie du spectre, mais aussi et surtout pour un prix raisonnable. Il faudra toutefois aligner plusieurs centaines de millions d'euros. Une facture impayable pour une entreprise de cette taille. Mais là encore, Mitch De Geest a visiblement bien anticipé. Depuis décembre dernier, l'entreprise flamande peut compter sur Cegeka comme principal actionnaire. Avec ses 5.000 travailleurs et ses 560 millions d'euros de chiffres d'affaires, le spécialiste de l'IT est un solide partenaire financier et technique.

Offre BtoC en septembre

S'il rejoint effectivement le marché national, Citymesh ne sera pas un opérateur tout à fait comme les autres. La priorité sera mise sur son offre BtoB. "On souhaite devenir un opérateur classique sur la partie professionnelle, avec notre propre infrastructure. Nous considérons que c'est là que le potentiel est le plus important. Dans les années à venir, le nombre de cartes SIM dans les machines va augmenter de manière très importante."

"Nous espérons pouvoir proposer une offre pour les consommateurs d'ici septembre."

En tant que 4e opérateur, Citymesh aurait toutefois aussi des obligations sur le marché consommateur. "Pour ce réseau, on souhaite être un MVNO via Proximus (utiliser les infrastructures d'un autre opérateur, comme le fait Mobile Vikings, NDLR)." À l'heure actuelle, l'offre BtoC manque encore un peu de concret. "On souhaite être agressif au niveau des prix. Nous espérons pouvoir proposer une offre pour les consommateurs d'ici septembre. Si nous sommes finalement le quatrième opérateur, nous aurons néanmoins le défi de n'avoir que quelques mois pour nous lancer. Nous allons donc commencer progressivement. Nous n'aurons pas directement des centaines de milliers de clients, mais l'idée est d'y aller étape par étape. Et le sud du pays fera évidemment partie de notre plan de développement", assure Mitch De Geest.

Le résumé

  • Citymesh est aujourd'hui le seul candidat déclaré pour devenir le 4e opérateur.
  • L'entreprise peut miser sur ses fréquences et le soutien de Cegeka.
  • Selon le CEO, il serait impossible de se lancer sans le principe de réservation.
  • Citymesh compte s'appuyer sur les infrastructures de Proximus pour se déployer.

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