OPA sur Orange Belgium: le juste prix?

Orange va débourser 620 millions d'euros pour détenir 100% de sa filiale belge. ©REUTERS

Orange propose une prime de 36% pour racheter sa filiale Orange Belgium. Les analystes, qui évoquent une offre opportuniste, estiment qu'elle devrait être couronnée de succès. À moins que certains ne rechignent sur le prix...

C’est un des monstres du Loch Ness de la Bourse de Bruxelles qui sort enfin la tête de l'eau. Cela fait des lustres - déjà au temps où Orange Belgium s’appelait encore Mobistar - que revient régulièrement la rumeur d’un rachat de l’opérateur télécom belge par sa maison mère française.

C’est devenu une réalité aujourd’hui. Le groupe Orange a l'intention de lancer une OPA sur sa filiale au prix de 22 euros par action, ce qui représente une prime de 36% par rapport au dernier cours de clôture. Détenant 52,9% du capital d’Orange Belgium, le groupe devra débourser 620 millions d’euros pour racheter le solde. Si l’opération est un succès  – entendez s’il détient 95% à son terme – une offre de reprise sera lancée, avec pour conséquence la radiation sur Euronext Bruxelles.

En bourse, le titre d'Orange Belgium s'est sans surprise aligné sur le prix de cette offre, clôturant la séance à 21,95 euros, soit un bond de 35,33%.

Le rachat de VOO

Orange estime que cette OPA permettra ensuite à sa filiale de déployer plus efficacement sa stratégie de création de valeur à long terme et de réagir plus efficacement aux transformations majeures du marché belge, par une meilleure flexibilité financière. Une allusion, à peine voilée, à la vente prochaine de VOO.

"Cette offre a du sens vu la consolidation en cours dans le secteur des télécoms en Europe et les fonds disponibles."
Vivien Maquet
Analyste chez Degroof Petercam

Si l’offre annoncée est un succès, un scénario que Vivien Maquet, de Degroof Petercam, juge hautement réaliste, ce dernier pense qu’il existe une probabilité plus élevée qu’Orange Belgique mette la main sur VOO, ce qui lui permettra de devenir propriétaire d’un réseau alors qu’il vient d’atteindre les 300.000 clients convergents.

"Cette offre a du sens vu la consolidation en cours dans le secteur des télécoms en Europe et les fonds disponibles", explique encore l’analyste. Orange vient, en effet, de récupérer plus de 2,2 milliards d’euros à la suite d’un litige fiscal. Maquet a relevé son objectif de cours au niveau du prix offert, contre 19 euros avant.

Une bonne affaire

Chez ING, David Vagman juge également que l’OPA sera probablement couronnée de succès "même si nous valorisons Orange Belgium au dessus du prix, soit à 29 euros". Il estime qu’à 22 euros, cela reste une bonne affaire. L’offrant sera capable d’argumenter qu’il paie une prime alors qu’il détient déjà le contrôle. "Nous pensons que l’opposition à cette offre est entre les mains des investisseurs activistes et des actionnaires."

36%
Le prix de 22 euros proposé par Orange représente une prime de 36% par rapport au cours de clôture de mercredi.

Cela dit, l’analyste se demande pourquoi Orange a finalement franchi le pas. À ses yeux, cela correspond à une démarche opportuniste dans un contexte de valorisations sous pression pour les actions télécoms malgré leur forte résilience bénéficiaire.

D’un point de vue stratégique, ce rachat a également du sens dans le cadre d’investissements potentiellement très importants dans le chef du groupe belge pour acheter VOO ou investir dans le déploiement de la fibre optique sur le marché belge. "Orange Belgium a aujourd’hui une opportunité historique pour changer d’échelle", affirme David Vagman. Pour lui, c’est une mauvaise nouvelle pour Telenet et Proximus dans la mesure où leur concurrent devrait désormais bénéficier du soutien financier et stratégique plein et entier du groupe Orange.

Machine à cash

Pour Ruben Devos, de KBC Securities, qui vise un objectif de cours de 23 euros, l’action est significativement sous-évaluée au regard de l’amélioration de la visibilité des bénéfices, de leur croissance et de la capacité d’auto-financement. En outre, la société est une puissante machine à cash. Il estime qu’il s’agit d’une "offre opportuniste mais qu’elle ne constitue pas une surprise majeure étant donné les développements observés dans ce secteur, les relations historiques avec la filiale et les défis stratégiques à venir".

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