Orange échoue à radier sa filiale belge de la cote

La réouverture par Orange de son OPA sur sa filiale belge aura permis au groupe français de s'offrir une majorité qualifiée lors des assemblées générales. ©Bloomberg

Après avoir réitéré son offre sur Orange Belgium, l'entreprise française détient désormais assez pour avoir la majorité qualifiée lors d'assemblées générales extraordinaires.

C’est officiel, à défaut d’être une surprise, Orange Belgium ne sera pas radiée de la cote bruxelloise. À l’issue de la période de réouverture de l’offre publique d’achat (OPA) sur sa filiale belge, Orange a récolté 23,94% du capital social d’Orange Belgium, soit 50,97% du nombre total des actions visées. Cela porte sa participation à 76,97%.

76,97%
Orange renforce son contrôle
À l'issue de la période de réouverture de l'offre publique d'achat sur sa filiale belge, la participation d'Orange passe de 74,68% à 76,97%. Elle était d'environ 53% avant l'opération.

Orange est donc loin du seuil de 95%, qui lui aurait permis de déclencher une expropriation ("squeeze out") des derniers récalcitrants et de radier Orange Belgium de la bourse. En cause, le refus de la société d’investissement Polygon Global Partners, soutenue par d’autres "petits porteurs", d’apporter ses parts à l’offre, jugeant le prix de 22 euros par action insuffisant.

Qu’à cela ne tienne, le groupe français se dit satisfait de l’opération qui lui permet d’atteindre la majorité qualifiée lors des assemblées générales extraordinaires. "Nous avons atteint l’objectif que nous nous étions fixé: offrir un prix juste aux actionnaires qui souhaitaient monétiser leurs titres et nous renforcer au capital d’Orange Belgium", assure son directeur financier Ramon Fernandez dans un communiqué.

Un double échec

"Avec près de 77% du capital détenu par le groupe, nous disposons désormais de moyens pour améliorer la flexibilité financière d’Orange Belgium, déployer plus efficacement sa stratégie de création de valeur à long terme et lui permettre de mieux réagir aux transformations majeures du marché belge", explique-t-il. Avant d’ajouter à l’agence Belga: "Ce n’est pas un échec parce que l’opération n’avait pas nécessairement vocation à retirer Orange Belgium de la cote".

"Orange a toujours soutenu dans sa communication son intention de radier sa filiale belge. L’attitude d’Orange se résume à communiquer de manière positive sur une situation qui ne l’est pas."
Pierre-Alexis Léonard
Managing partner chez Deminor

Un argument balayé par Pierre-Alexis Léonard, managing partner chez Deminor. "Orange a toujours soutenu dans sa communication son intention de radier sa filiale belge. L’attitude d’Orange se résume à communiquer de manière positive sur une situation qui ne l’est pas."

Dans le prospectus publié fin mars, il est clairement indiqué que l'entreprise française a l’intention de radier de la cotation les actions d'Orange Belgium. Et "dans l’hypothèse où l’offrant n’est pas dans les conditions pour pouvoir effectuer une offre de reprise simplifiée, l’offrant cherchera néanmoins à obtenir la radiation de la cotation des actions de la société visée".

Selon M. Léonard, il s’agit en réalité d’un double échec pour Orange. Outre l’impossibilité de radier sa filiale belge de la cote, "l’entreprise a également montré qu’elle ne savait pas être à l’écoute des actionnaires minoritaires".

Une autre OPA reste "envisageable" dans le futur

Il estime également que l’argument de la majorité qualifiée n’en est pas un. "Même avec une participation de 50%, Orange l’avait déjà étant donné que tous les actionnaires ne sont pas toujours présents aux assemblées générales". Doit-on s'attendre à des AG plus tendues? "Cela dépendra de l'attitude d'Orange", indique Pierre-Alexis Léonard. Il rappelle au passage qu’il existe des mesures protectrices pour les actionnaires minoritaires.

Au final, on se dit satisfait chez Déminor. D’autant qu’avec 23% du capital d’Orange Belgium encore détenu par de petits porteurs, le titre ne sera pas aussi illiquide que l’on aurait pu le craindre.

"Ce n’est pas catastrophique", abonde David Vagman, analyste chez ING. Selon ses calculs, le flottant s’élève désormais à environ 300 millions d’euros. "Ce n’est pas ridicule. Il existe à la Bourse de Bruxelles des sociétés avec un plus petit flottant."

Quant à savoir si Orange va retenter sa chance dans un an ou plus, l’analyste pense qu'une future OPA reste envisageable. "Stratégiquement, cela continue à avoir du sens."

Le résumé

  • À l’issue de la période de réouverture de l’offre publique d’achat (OPA) sur sa filiale belge, Orange détient désormais 76,97% d'Orange Belgium.
  • L'entreprise française estime que ce n'est pas un échec "parce que l’opération n’avait pas nécessairement vocation à retirer Orange Belgium de la cote".
  • Un argument balayé du côté de Deminor, pour qui l'attitude d'Orange se résume à "communiquer de manière positive sur une situation qui ne l'est pas".
  • Avec un flottant de 300 millions d'euros, le titre ne sera pas aussi illiquide que certains auraient pu le craindre.

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