Orange mise sur la banque mobile, sans oublier la Belgique

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En lançant Orange Bank, l’opérateur français entend réinventer les usages des services bancaires. Si une arrivée en Belgique est prévue, il faudra attendre au moins 2018.

"Il manquait une banque à la banque", c’est par cette constatation que Stéphane Richard, PDG d’Orange, a introduit jeudi le nouveau service bancaire de l’opérateur: Orange Bank.

Désormais, un client Orange pourra disposer des services classiques d’une banque (compte à vue, compte épargne, crédit, assurance) directement chez son opérateur, sans frais supplémentaires, et de manière numérique.

Un pavé dans la marre qui pourrait éclabousser les banques traditionnelles car le service se veut innovant. Parmi les exemples cités, l’utilisateur pourra connaître l’état de son compte en temps réel, en ce compris les week-ends et les jours fériés, bloquer et débloquer via son smartphone sa carte de banque s’il venait à la perdre puis à la retrouver, ou encore envoyer de l’argent par SMS pour rembourser un ami. Tout cela, épaulé par les conseils d’un assistant virtuel issu de la collaboration entre l’opérateur et le géant américain de l’informatique IBM.

En fait, "nous réinventons les usages", s’est félicité le patron à l’occasion d’une présentation digne d’une keynote de Steve Jobs. "Dorénavant, on envoie avec son smartphone des mots, des photos, des vidéos… et des euros."

La France d’abord

Si les premiers développements de cette activité bancaire sont prévus pour juillet de cette année en France, qu’en est-il de la Belgique où Orange est actif via sa filiale Orange Belgium (encore dénommée Mobistar jusqu’il y a peu)? Le pays figure sur la liste des prochains marchés où le service doit débarquer, aux côtés de l’Espagne, nous confirme-t-on du côté d’Orange, mais aucune date précise de lancement n’a pour l’heure été communiquée. En effet, le produit pourrait d’abord "nécessiter des adaptations liées aux spécificités du marché", glisse Michaël Trabbia, CEO d’Orange Belgique. Il ne faudrait donc rien attendre en 2017, "et peut-être pas en 2018 non plus".

Une arrivée au ralenti qui pourrait laisser la liberté à Orange Belgique pour réaliser des acquisitions préalables dans le secteur bancaire? "Rien n’est exclu", répond le patron, avant de préciser par ailleurs que "le groupe Orange a déjà acquis une structure bancaire (en rachetant Groupama Banque l’an passé, NDLR) capable d’exercer partout en Europe", car possédant la licence adéquate. Il ne serait donc pas nécessaire pour Orange Belgium de réitérer l’initiative en vue de préparer une arrivée du service sur le marché belge.

Cavalier seul en Belgique

En attendant, cette situation laisse potentiellement la place à d’autres acteurs qui pourraient être tentés d’offrir leur propre solution avant que celle d’Orange ne débarque. Sur ce point, l’on pense immédiatement à Proximus qui multiplie les initiatives dans le micropaiement et qui a par le passé utilisé la licence bancaire d’un tiers pour un de ses services. Interrogé, l’opérateur explique être "plutôt dans une logique de partenariat avec les banques". "Nous n’avons pas l’intention de nous substituer à elles", souligne Haroun Fenaux, porte-parole de Proximus. Du côté de Telenet, concernant une possible arrivée dans le secteur bancaire, "il n’y a pas de projet qui va en ce sens", avance Coralie Miserque, porte-parole. Un bon point pour Orange qui pourrait ainsi faire cavalier seul.

Mais, quand bien même une concurrence viendrait à émerger, l’idée n’est pas de générer des revenus avec ce service, selon l’opérateur. Il s’agit plutôt de proposer à ses clients un écosystème complet qui engloberait l’entièreté des usages. Une stratégie qui colle en fait avec la réflexion à l’œuvre parmi les grands noms des télécoms, à savoir de parvenir à devenir de plus en plus un fournisseur de services numériques… et donc à devenir de plus en plus incontournables pour les consommateurs.

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