Orange ne relève pas son offre sur Orange Belgium

Le cours de bourse d'Orange Belgium est supérieur au prix de l'offre depuis de nombreuses semaines. ©Phanie

Soutenu par le rapport d'un expert indépendant, Orange maintient le prix de 22 euros par action pour son OPA qui débute ce jeudi.

Grosse déception pour les investisseurs qui misaient sur une hausse du prix de l’offre publique volontaire lancée par le groupe Orange sur sa filiale belge, Orange Belgium . Même le marché anticipait une majoration: depuis de nombreuses semaines, le titre se traite au-dessus du prix proposé de 22 euros par action. Ce prix sera même réduit à 21,5 euros si la distribution d’un dividende de 50 centimes par action est approuvée. L’OPA débute ce jeudi et se terminera en principe le 23 avril.

45
euros
Polygon qui détient 5,29% du capital de l’opérateur belge valorise les actions dans une fourchette comprise entre 32 à 36 euros, voire 45 euros dans l’hypothèse d’une vente de ses mâts de téléphonie.

On se souviendra que Polygon qui détient 5,29% du capital de l’opérateur belge valorisait les actions dans une fourchette comprise entre 32 à 36 euros, voire 45 euros dans l’hypothèse d’une vente de ses mâts de téléphonie.

Le groupe Orange qui détient 52,91% du capital campe donc sur ses positions. Il justifie le prix de 22 euros après utilisation de plusieurs critères: actualisation des flux de trésorerie futurs, évolution historique du cours et objectifs de cours des analystes.

Expert indépendant

Degroof Petercam qui a été désigné comme expert indépendant par les administrateurs indépendants de la société cible aboutit dans son rapport à des conclusions similaires en termes de valorisation.

Via la méthode de valorisation par actualisation des flux de trésorerie futurs, l’expert arrive à un prix fixé entre 15,60 euros et 22,30 euros, avec un point médian de 18,50 euros. Sur la base de l’analyse des multiples de sociétés cotées comparables, le prix se situe entre 15,60 euros et 22,90 euros avec un point médian de 19,20 euros.  

En conclusion, Degroof Petercam considère que "le prix de l’offre ne méconnaît pas l’intérêt des actionnaires minoritaires".

Le prospectus précise que la méthode de valorisation par l’analyse des multiples des transactions précédentes et l’analyse de la prime de l’offre publique basée sur les offres publiques d’acquisition dans le secteur européen des télécommunications n’ont pas été retenues comme références.

En conclusion, Degroof Petercam considère que "le prix de l’offre ne méconnaît pas l’intérêt des actionnaires minoritaires".

Les pylônes, le point d'achoppement

Un avis que ne partage pas du tout la banque ING. "Nous ne sommes pas convaincus par le rapport pour plusieurs raisons", écrit l'analyste David Vagman. Il note d'abord que l'expert indépendant - nom qu'il place entre guillemets - n'a pas non plus souhaité valoriser les mâts de téléphonie, Degroof Petercam concluant qu’"il n’existe aucune preuve de création de valeur en cas de vente d'Orange Belgium TowerCo".

"Compte tenu de notre propre valorisation à 29 euros (sans aucune vente de pylône) et du cours actuel de l'action, nous trouvons l'offre de 22 euros peu attractive."
David Vagman
Analyste chez ING

Ce à quoi lui rétorque David Vagman: "C'est un peu rapide [comme conclusion] étant donné l'importance du sujet; que le groupe Orange a lancé son propre Towerco, TOTEM; que Mwings, la joint-venture entre Proximus et Orange Belgium, va devenir la meilleure société de tour possible en Belgique; et que Proximus pourrait éventuellement être intéressé par une cession pour financer son plan FTTH, et Orange Belgium pourrait elle-même vouloir financer son éventuelle acquisition de VOO ou ses propres investissements dans la fibre."

L'analyste émet également quelques réserves sur les méthodes de valorisation présentées dans le rapport. "Sur base de notre propre valorisation à 29 euros (sans aucune vente de pylône) et du cours actuel de l'action, nous trouvons l'offre de 22 euros peu attractive."

Reste à voir maintenant quelle sera la position de Polygon qui détient 5% du capital et qui a fait appel aux services de Deminor, et celle de Boussard et Gavaudan qui en possède 3%. Tout blocage pourrait contrecarrer les plans d'Orange, qui prévoit de lancer une offre de reprise simplifiée s'il parvient à détenir 95% de son capital.

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