Dominique Leroy s'en va, une enquête pour délit d'initié sur le dos

©Isopix

Une perquisition a été menée chez la CEO de Proximus Dominique Leroy. Les enquêteurs ont également visité ses bureaux dans les tours Proximus. Le parquet de Bruxelles a confirmé qu'une enquête est en cours alors que la patronne de l'opérateur quittera ce vendredi l'entreprise pour le groupe néerlandais KPN.

Des enquêteurs bruxellois ont effectué sur ordre d'un juge d'instruction une perquisition jeudi matin au domicile de Dominique Leroy. Le Parquet bruxellois a confirmé l'information révélée par nos confrères du magazine Knack. Une enquête judiciaire est donc en cours, indique le Parquet. En fin de journée, l'opérateur Proximus a aussi indiqué qu'une autre perquisition s'était déroulée dans les bureaux de Dominique Leroy, jeudi matin également. Ces perquisitions ont lieu dans le cadre d'une instruction ouverte pour délit d'initié, selon une source judiciaire.

On apprend, par ailleurs, à bonnes sources, que l'enquête est réalisée à l'initiative du seul parquet et que ce n'est pas la FSMA qui a transmis le dossier aux enquêteurs. L'instruction va se poursuivre et pourrait être rapide. Cela pourrait ainsi se terminer par une transaction pénale. 

Dominique Leroy a confirmé les perquisitions tout en ajoutant qu'elles portaient sur "un ordre de vente d'un certain nombre d'actions Proximus (...) pour lequel la FSMA a déjà demandé des informations." 

Je confirme qu'aujourd'hui, à la demande de la justice bruxelloise, une perquisition a eu lieu à mon domicile et à mon bureau. Cela concerne un ordre de vente d'un certain nombre d'actions Proximus le 25 juillet 2019, effectué le 1er août, pour lequel la FSMA a déjà demandé des informations. Ces informations ont été transmises à la FSMA.
Dominique Leroy
CEO de Proximus

KPN "prend note"

Dominique Leroy avait annoncé il y a deux semaines son départ du groupe Proximus pour rejoindre l'opérateur néerlandais KPN. Un futur employeur qui a dit jeudi soir "prendre note des informations", sans faire davantage de commentaires.

Initialement, la CEO devait terminer son mandat et quitter ses fonctions le 1er décembre. Finalement, le conseil d'administration a décidé que Dominique Leroy quitterait ses fonctions ce vendredi 20 septembre. Après avoir annoncé son départ au début du mois, il est apparu que Dominique Leroy avait vendu un paquet d'actions Proximus un mois plus tôt.

Une question de principe

La transaction qui pose problème

Dominique Leroy s’est délestée de 10.840 actions Proximus le 1er août dernier, soit un mois avant l’annonce de son départ. À ce moment, le titre de l’opérateur se négociait à 26,32 euros. L’opération lui a donc rapporté 285.342,40 euros.

La FSMA examine, comme il est de coutume dans pareille situation, s’il n’est pas question d’un éventuel délit d’initié. C’est la première transaction communiquée par la CEO de Proximus en au moins trois ans.  

Le régulateur des marchés boursiers avait alors indiqué qu'il allait enquêter sur cette transaction réalisée le 1er août dernier. La CEO avait vendu 10.840 actions Proximus au prix de 26,32 euros l'action, pour un montant total de 285.342,40 euros. Ce qui représente pour la CEO une plus-value d'un peu moins de 6.000 euros par rapport au cours de l'action , un montant loin d'être astronomique. Mais d'aucuns soulignent qu'il s'agit plus d'une question de principe pour le Parquet que de l'affaire du siècle. 

Le rapport entre ces perquisitions et l’enquête actuellement menée par la FSMA sur la vente des actions de Dominique Leroy durant l’été n’a pas été confirmé par le gendarme des marchés qui ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet. La FSMA dispose des capacités pour ouvrir une enquête administrative sur un comportement qui nécessite, selon elle, plus d’informations. La justice est alors libre, sur base des informations qu'elle observe, de lancer sa propre enquête ou non.

 

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