Pour l'institut de référence mondiale, il n'est pas nécessaire de renforcer les normes sur les ondes télécoms

L'ICNIRP, l'insitut de référence, n'a pas changé ses recommandations concernant l'émission des antennes télécoms. ©BELGAIMAGE

22 ans après la publication de ses premières recommandations, l'institut de référence, dont les recommandations sont reprises par l’OMS, garde sa position inchangée sur les normes sur les ondes télécoms. À Bruxelles, les normes d’émissions sont toujours 50 fois plus sévères que celles recommandées par l'institut.

C’est le genre de rapport qui a de quoi donner le sourire aux opérateurs télécoms belges. La Commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP) a publié mercredi un nouveau rapport de recommandations sur les fréquences des antennes. Si l’info n’a pas fait beaucoup de bruit, elle n’en reste pas moins importante dans le débat toujours aussi musclé autour des normes d’émissions actuelles des infrastructures télécoms. Pas vraiment connu du grand public, l’ICNIRP est l’institut de référence lorsqu’il s’agit de parler de normes d’émissions. Ses recommandations sont aujourd’hui suivies par l’Organisation mondiale de la Santé et la majorité des pays européens. Datant de 1998, son dernier rapport de recommandations avait toutefois bien besoin d’une petite mise à jour.

41,2
volt/mètre
ICNIRP n'a pas modifié ses recommandations. L'institut conseille toujours de limiter l'émission des antennes à 41,2 volt/mètre.

Au final, l’ICNIRP confirme sa position datant déjà du siècle dernier en s’appuyant désormais "sur plus de vingt années d’études scientifiques supplémentaires". Pour toutes les fréquences actuellement utilisées, aucun changement majeur n’est indiqué. La recommandation est donc toujours la même: éviter de dépasser une émission de plus de 41,2 Volt/mètre.

L’ICNIRP précise toutefois qu’il n’y a pas suffisamment d’études pour établir un lien entre l’exposition à des ondes et le développement de cancer, d'hyperélectrosensibilité ou de problème d’infertilité. La principale conséquence possible au-delà des normes indiquées est un échauffement du corps. Aujourd’hui en Belgique, chaque Région dispose de sa propre réglementation sur la question. La Région bruxelloise est aujourd’hui la plus restrictive avec une norme maximale cinquante fois plus importante que l’ICNIRP, faisant d’elle l’une des plus restrictives d’Europe.

Agoria veut s’aligner sur l’ICNIRP

La situation actuelle ne permet techniquement pas l’installation de la 5G à Bruxelles. Le nouveau rapport est donc une excellente nouvelle pour les télécoms et Agoria qui militent depuis toujours pour une révision à la hausse des normes d’émission. "L’ICNIRP souligne qu’il n’y a aucune preuve que des mesures de précaution additionnelles à ces guidelines entraîneraient des effets bénéfiques pour la santé de la population", explique Agoria qui "réitère donc sa demande aux Régions de s’aligner sur la norme internationale recommandée. Sans quoi, la Belgique ne pourra pas offrir les services que promet la 5G dans des domaines tels que la mobilité, la santé, la sécurité, l’industrie, l’enseignement à distance".

"L’ICNIRP souligne qu’il n’y a aucune preuve que des mesures de précaution additionnelles à ces guidelines entraîneraient des effets bénéfiques pour la santé de la population."
Agoria

Quelques ajustements concernent toutefois les normes pour les fréquences situées au-dessus de 6 GHz, une bande utilisée dans certains pays pour le déploiement de la 5G. Ces recommandations ne concernent toutefois pas directement notre pays. Les bandes de fréquences qui seront mises aux enchères pour la nouvelle technologie étant la 700 MHz et la 3,5 GHz. Interrogé sur la question, l’IBPT, l’institut en charge de la régulation du secteur n’a pas souhaité s’exprimer sur la question, rappelant qu’il n’était pas compétent pour les questions de santé.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés