Pourquoi le sort de Bics (Proximus) s’écrit dans l'indifférence sur les marchés

Proximus pourrait réduire sa participation dans sa filiale Bics à 49% pour favoriser l'arrivée d'un actionnaire qui en prendrait le contrôle. ©BELGA

Tant du côté des investisseurs que de celui des analystes financiers l’annonce d’un remodelage éventuel du tour de table de Bics, la filiale internationale de Proximus, ne soulève pas les passions.

Rien n’est encore fait, bien sûr, mais le sort de Bics (Belgacom International Carrier Services), une filiale à 57,6% de Proximus qui se concentre, à l’international, sur le transport de données et de voix d’opérateur à opérateur, pourrait se jouer dans un avenir très proche.

Valorisation

Les deux actionnaires minoritaires Swisscom (22,4%) et le sud-africain MTN (20%) seraient prêts à vendre leur participation. L’acquéreur potentiel souhaitant devenir majoritaire, Proximus pourrait, de son côté, ramener la sienne à 49% et donc céder 8,6%.

L’opérateur cherche à conserver une participation de 49% dans l’entreprise car il s’engage à assurer son développement, précisait-il dans un communiqué publié vendredi. Proximus s’est aussi empressé de préciser qu’il n’était pas certain que ces discussions déboucheront sur un accord ou une transaction.

"Proximus perdrait une position de contrôle, mais resterait influent dans la stratégie."
Bart Jooris
Analyste chez Degroof Petercam

Fin de l’année dernière, les participations combinées de Swisscom et de MTN étaient évaluées entre 320 millions et 450 millions d’euros. Cela valorisait la participation de Proximus entre 435 et 610 millions d’euros et le bloc de 8,6% entre 65 et 92 millions d’euros. Un montant qui reste toutefois marginal par rapport à l’investissement de 1,3 milliard d’euros par an nécessaire pour développer le réseau de fibre optique de Proximus.

Impact réduit

S’il aboutit, ce "deal" aura seulement un petit impact sur le bénéfice de la société, estime Bart Jooris, de Degroof Petercam, qui reste à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 23 euros. "Proximus, perdrait une position de contrôle mais resterait influente dans la stratégie, constate l’analyste.  Les prix mentionnés valorisent Bics entre 5 et 7 fois l’ebitda, contre 5 en moyenne en Europe. Une cession dans le haut de la fourchette constituerait donc une bonne opération."

-30%
Depuis le début de l'année, l'action Proximus a perdu près de 30% de sa valeur.

Chez KBC Securities, Ruben Devos ("conserver"; 20 euros) reconnaît être curieux de découvrir ce que vaut aujourd’hui Bics sur le marché. Mais, comme son collègue, il souligne que l’impact pour Proximus sera réduit. "D’un côté, Bics est petite comparée au groupe (moins de 10% de l’ebitda) et de l’autre, Proximus ne réduira sa participation que de 57,6% à 49%. Cela aura un impact sur la façon dont ce business est consolidé." Même en cas de succès, cette transaction n’affectera pas sa vision globale sur l’entreprise.

Le marché, aussi, est resté de marbre vendredi après l’annonce de cette cession éventuelle. Rappelons que depuis le début de l’année, l’action Proximus a chuté de près de 30% tandis que l’indice sectoriel européen limitait son repli à -11,5%.

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