analyse

Pourquoi Proximus décourage les analystes financiers

©AFP

En moins d'un mois, quatre brokers - et non des moindres - sont passés à la vente sur l'action Proximus qui totalise désormais 15 recommandations négatives contre une seule positive. Pourquoi une telle méfiance?

On ne peut pas dire que l’optimisme règne dans le marché vis-vis des perspectives de Proximus . En moins d’un mois, quatre brokers, et non des moindres (Credit Suisse, Jefferies, JP Morgan et Deutsche Bank), ont abaissé leur recommandation à "vendre" sur la valeur. Ils sont aujourd’hui 15 à adopter cette position.

Face à ce bloc compact, un seul se risque encore à conseiller un achat (AlphaValue/Baader) tandis que huit suggèrent de conserver la valeur en portefeuille. L’objectif de cours moyen atteint 23,5 euros, soit un niveau inférieur à celui observé aujourd’hui en bourse (25 euros).

À titre de comparaison, son concurrent Telenet compte 6 "recos" d’achat, 11 à conserver et 2 à la vente avec un "target" moyen de 46,1 euros, soit un potentiel de hausse de 14% par rapport au cours de bourse.

Une première tuile en 2020

Pourtant, le bilan boursier de Proximus s’est révélé correct en 2019 avec un gain de 8% sur l'année. C’est vrai que, sur le même temps, le Bel 20 grimpait de près de 22%, mais l’indice européen du secteur des télécoms a fait, lui, du surplace.

Par contre, depuis le début de l’année, ces conseils de se tenir à l’écart de l’action pèsent sur le cours (-2,2%). Il faut dire que 2020 a commencé avec une tuile: l’autorité belge de la concurrence a demandé à Proximus et à Orange Belgium de suspendre, jusqu’à la mi-mars, leur accord portant sur le partage de leur réseau d’accès mobile via la constitution d’une coentreprise.

Craintes sur le dividende

Il y a quelques jours à peine, le nouveau patron de Proximus Guillaume Boutin a donné des indications assez vagues sur ses ambitions pour le groupe. Il dévoilera le contenu précis de sa stratégie lors d’une présentation officielle le 31 mars prochain, un bon mois après la publication des résultats annuels planifiée pour le 21 février.

Pourquoi des brokers ont-ils revu dernièrement leur copie sur le titre Proximus rejoignant ainsi le clan des sceptiques? Jefferies, par exemple, estime que le groupe va devoir augmenter ses investissements dans la fibre optique ce qui, selon l’analyste spécialisé, réduit de 12 à 16% les prévisions de trésorerie disponible pour 2020-2021. De son côté, Deutsche Bank pointe le "retard injustifiable" de Proximus dans le déploiement de l’internet à très haut débit (FTTH).

On le voit, les inquiétudes portent sur les investissements à venir et, par ricochet, sur leur impact sur le niveau du dividende.

On verra le 21 février si ces craintes sont fondées.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect