Proximus a fait disparaître sa banque interne

Dominique Leroy, CEO de Proximus ©EPA

L’opérateur télécoms a absorbé la filiale qu’il utilisait pour effectuer des prêts en interne. La mesure s’inscrit dans un mouvement plus global de désaffection touchant les filiales "notionnelles" des groupes en Belgique.

La déduction pour investissement, alias les fameux intérêts notionnels, ne rapporte plus grand chose depuis que les derniers gouvernements ont raboté ses avantages. Les grandes entreprises qui avaient installé leurs "banques internes" en Belgique pour pouvoir bénéficier au maximum de ce système de déduction fiscale ont donc commencé à les supprimer.

La direction veut "simplifier les structures du groupe, notamment en réduisant le nombre de ses filiales".
haroun fenaux
porte-parole, proximus

D’un groupe à l’autre, la formule diffère; certains groupes ont tout bonnement fermé leur filiale belge pour ouvrir une nouvelle banque interne dans un autre pays d’Europe jugé désormais plus généreux en déductions ou moins gourmands en taux d’imposition, comme l’Irlande par exemple. D’autres ont simplement absorbé leur filiale fiscalo-financière, sans nécessairement enclencher une mesure compensatoire sous d’autres cieux. C’est, pour autant qu’on puisse en juger d’après les documents consultés, ce que vient de faire l’opérateur télécoms historique Proximus.

Celui-ci avait en effet déployé une filiale financière, qui répondait au nom de Proximus Group Services. Celle-ci octroyait des prêts aux autres filiales du groupe, et disposait d’un généreux montant de capitaux propres qui lui permettaient, naguère, de faire un usage intensif des intérêts notionnels. Ces dernières années, en revanche, elle n’avait plus utilisé la déduction pour investissement.

Une filiale à 8 milliards

Proximus a décidé, à la date du 2 mai dernier, la fusion par absorption de Proximus Group Services. Autrement dit, le patrimoine de cette dernière a été aspiré par la maison mère, après quoi la filiale a cessé d’exister. Cela n’a l’air de rien, sauf qu’on parle ici de très gros montants. Proximus Group Services avait pour 8,4 milliards d’euros de capitaux propres, selon ses comptes 2018, dont 4,4 milliards de capital social et l’essentiel du reste en bénéfice reporté.

Interrogé à ce sujet, Haroun Fenaux, porte-parole du groupe, rappelle que lors de l’assemblée générale du 17 avril dernier, la direction a expliqué qu’elle entendait "simplifier les structures du groupe, notamment en réduisant le nombre de ses filiales". On en prend bonne note, tout en n’oubliant pas le contexte dans lequel s’inscrit l’opération: la fonte de l’attrait des intérêts notionnels et la disparition d’une série de banques internes de grands groupes.

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