analyse

Proximus diminue son dividende et installe la 5G en Belgique

Le CEO de Proximus, Guillaume Boutin, a décidé de réduire à 1,2 euro le dividende qui sera versé l'année prochaine au titre de l'exercice 2020.

Guillaume Boutin, le nouveau patron de Proximus, présentait ce mardi sa vision stratégique pour le groupe. Le dividende sera revu à la baisse dès l’année prochaine. Le CEO a également annoncé des investissements massifs et un début (embryonnaire) de 5G chez nous.

Depuis des mois, le 31 mars était entouré en rouge dans l’agenda de Guillaume Boutin, le nouveau CEO de Proximus. Ce premier grand rendez-vous depuis sa prise de fonction avait pour but de présenter la nouvelle vision stratégique de l’entreprise. Covid-19 ou pas, impossible de reporter l'événement tant la présentation était attendue par le secteur, notamment sur la question du dividende.

La décision de baisser le dividende n’est pas liée à l’épidémie et était déjà prévue dans notre stratégie."
Guillaume Boutin
CEO de Proximus

Sans réelle surprise, le coupon offert par action sera revu à la baisse, dès l’année prochaine et pour au moins trois ans. Ainsi, au titre de 2020, le dividende distribué en 2021 ne sera plus que de 1,2 euro, contre 1,5 euro au titre de 2019 (il sera distribué en ce mois d'avril). La baisse du dividende est une première depuis celle réalisée par Dominique Leroy, à son arrivée à la tête de Proximus. À l’époque, la patronne avait baissé le dividende à 0,68 euro. Mais à l’inverse de la plupart des décisions comparables prises ailleurs dans le Bel 20, rien à voir ici avec la situation actuelle. "Cette décision n’est absolument pas liée à l’épidémie et était déjà prévue dans notre stratégie", rappelle Guillaume Boutin. Principal actionnaire du groupe avec 53,51% des parts, l’État perdra, avec cette nouvelle mesure, quelque 54,3 millions d’euros.

Des milliards pour la fibre

Proximus a besoin d’argent frais pour financer les investissements à venir, l’autre grande annonce de ce mardi. Comme attendu, le déploiement de la fibre sera accéléré. L’ambition est désormais d’atteindre les 2,4 millions de foyers connectés pour 2025. "Quand nous aurons atteint notre rythme de croisière, 400.000 foyers de plus seront connectés par an", assure le patron. L’opération aura un coût non négligeable de 1,3 milliard d’euros. La technologie, forcément plus efficace que la transmission par cuivre, permet d’atteindre des vitesses de connexion bien plus importantes. Depuis ce mardi, une vitesse de 1 gigabit est disponible sur le réseau déjà en place. Une première pour Proximus, mais pas sur le réseau belge. Telenet propose déjà cette offre depuis plusieurs mois.

Pour financer ce chantier, Proximus, en plus de ses économies sur les dividendes versés, vendra pour 700 millions d’euros d’actifs, dont des biens immobiliers. La dette sera également creusée d’environ 600 millions d’euros. "Mais la situation est encore saine. Notre niveau d’endettement, comparé à notre Ebitda, restera très raisonnable", a précisé Sandrine Dufour, la CFO en partance de Proximus.

Lancement de la 5G, oui mais…

Qui dit réseau du futur, dit forcément aussi 5G. Proximus a profité du rendez-vous pour annoncer fièrement le premier lancement commercial de la fameuse technologie en Belgique. L’annonce est fracassante. Elle est aussi à relativiser. Cette offre ne concernera pour le moment que 30 communes en Belgique. Pourquoi? Tout simplement parce que l’entreprise peut aujourd’hui difficilement faire plus. La 5G, comme toute nouvelle technologie de réseau, a besoin de sa propre bande de fréquences hertziennes pour absorber toute la demande du pays.

"Pour pouvoir proposer la 5G, la solution est donc de faire appel à une partie d’une autre bande déjà utilisée."
Geert Standaert
Chief Technology Officer chez Proximus

Or, pour l’heure, le processus de vente aux enchères de ces fameuses bandes n’a même pas encore débuté, faute de gouvernement pour l’organiser. "Pour quand même pouvoir proposer la 5G, la solution est donc faire appel à une partie d’une autre bande déjà utilisée. Nous nous appuyons sur celle de la 3G dont l’exploitation est en baisse", précise Geert Standaert, le monsieur réseau chez Proximus. "Il s’agit d’un procédé qui n’est pas neuf. D’autres opérateurs en Europe comme Vodafone y ont déjà recours". Les vitesses proposées via ce mécanisme sont toutefois encore bien inférieures à ce que permettra la 5G pleinement déployée.

Les communes concernées sont réparties de manière assez homogène en Flandre et en Wallonie. À noter que Bruxelles fait partie des grands absents. Les normes d’émission par antenne y sont bien plus exigeantes que dans le reste du pays, empêchant pour le moment un déploiement. Le manque pour le consommateur de la capitale reste néanmoins assez relatif. Les produits adaptés à la 5G sont encore quasiment inexistants sur le marché. "C’est le premier pas d’un grand voyage", précise Guillaume Boutin. "La suite se fera avec le déploiement, via les fréquences temporaires puis les définitives", précise le patron. Pour l’heure, il n’est d’ailleurs pas question de rajouter des communes supplémentaires via cette solution. Pour les intéressés, comptez 50 euros pour un abonnement 5G totalement illimité. Il vous faudra toutefois également y ajouter le prix d’un nouvel appareil pour pouvoir surfer sur le nouveau réseau.

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